Mobilité bancaire : ce que la loi Macron va vraiment changer

Le 03.02.2017 par SHARON WAJSBROT

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A partir de lundi, la procédure pour changer de banque sera simplifiée et à la charge du nouvel établissement. Seul le compte courant sera néanmoins concerné par cette procédure, qui doit encore être rodée.

Top départ pour la loi sur la mobilité bancaire. A compter de ce lundi 6 février, les banques françaises devront prendre à leur charge les formalités administratives nécessaires au changement de banque en lieu et place de leurs nouveaux clients. Appelée de leurs voeux par les associations de consommateurs, cette disposition prévue par la loi Macron doit favoriser la concurrence au sein du secteur bancaire, concentré historiquement entre les mains de six grands groupes. Selon le rapport d'Inès Mercereau, sur la « portabilité du compte bancaire », remis fin 2014 au ministre des Finances, seuls 4,5 % des Français changent de banque chaque année. Un chiffre très en deçà de la norme dans les banques européennes, qui affichent un taux d'attrition de 11 %.

En effervescence depuis plusieurs mois, les banques ne veulent pas laisser de place à l'erreur car beaucoup de clients songent à profiter de l'entrée en vigueur de la loi pour changer d'établissement. A en croire une enquête menée par OpinionWay pour la banque en ligne Boursorama, la loi Macron multiplierait par quatre la proportion des clients susceptibles d'engager un transfert de compte : « 12 % des Français déclarent qu'ils changeraient certainement de banque si cela se faisait de manière automatique, transparente, gratuite et sécurisée par la banque de destination », estime le sondage.

Période de rodage

Dans un communiqué publié la semaine dernière par la Fédération bancaire française, la profession a fait savoir qu'elle était prête à lancer ce nouveau service gratuit. L'exercice pourrait pourtant se révéler délicat. Chargées d'assurer le transfert des domiciliations des virements et prélèvements de leurs clients en un maximum de 22 jours, les banques devront s'assurer que les opérateurs télécoms et autres énergéticiens disposent des nouvelles coordonnées bancaires de leurs clients. En la matière, une période de rodage pourrait s'avérer nécessaire prévient Christophe Lesobre, président de la commission monétique et moyens de paiements à l'Association française des trésoriers d'entreprise (Afte). « Les délais de mise en application des décrets étaient courts, nous avons réalisé des tests avec les banques mais toutes n'étaient pas prêtes. »

Bonne nouvelle pour les banques, tous les clients ne devraient pas se précipiter. « La loi Macron ne concerne que la mobilité des comptes courants, les clients qui ont des contrats d'assurance-vie, des comptes titres, des livrets d'épargne réglementés devront prendre en charge leur transfert ou fermeture », rappelle Luis Calleja, directeur associé du cabinet Oresys.

Cible privilégiée : les jeunes

Il estime que « les cibles privilégiées seront les jeunes, qui n'ont souvent que des produits simples et pas d'attachement particulier à leur conseiller, ou les clients multibancarisés, qui pourraient être tentés de changer de banque principale ». Autre obstacle à la mobilité bancaire pointé par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir : les contraintes de domiciliation des revenus lors de l'octroi d'un crédit immobilier qui subsistent en dépit de la loi Macron.

Le « big bang » de la loi Macron devrait donc mettre du temps à se matérialiser. A moins que les offres particulièrement attractives des fintech, des banques en ligne et bientôt d'Orange Bank n'accélèrent le mouvement.

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