Retraite : le nouveau système en huit questions

Le 12.12.2019 par Solveig Godeluck

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Réforme retraite

Qui va toucher sa pension dans le nouveau régime de retraite par points, quid de ceux qui n'ont encore jamais travaillé, les cotisations vont-elles augmenter et les pensions baisser ? Le tour des questions essentielles après les annonces d'Edouard Philippe ce mercredi matin.

Quels sont les assurés qui toucheront une pension dans le régime universel ?

La première génération concernée sera celle des personnes nées en 1975, c'est-à-dire actuellement âgées de 44 ans, à l'exception des régimes spéciaux qui obtiennent un sursis. Pour les cheminots SNCF et les agents de la RATP, la génération 1985 sera la première concernée pour les roulants, celle de 1980 pour les autres agents au statut. Ces assurés et les générations suivantes vont partir en retraite à partir de 2037. Ils toucheront tout ou partie de leur pension dans le régime universel, en fonction de la durée cotisée dans chaque système. Les annuités ou les points cumulés dans les anciens régimes seront comptabilisés en appliquant les règles des anciens régimes. S'y ajouteront des points du nouveau système. Le gouvernement n'a pas encore décidé si la conversion des droits anciens se fera à partir de 2025, plus tard, ou bien en fin de carrière.

Que se passe-t-il pour un jeune qui n'a encore jamais travaillé ?

Si l'assuré n'a encore jamais cotisé à un régime de retraite, il cotisera intégralement dans le système universel, au taux de 28,12 % jusqu'à 120.000 euros de revenus annuels. Les nouveaux entrants de la génération 2004 inaugureront le système dès 2022, alors que ceux qui ont déjà un pied dans un ancien régime ne basculeront qu'à partir de 2025.

Que se passe-t-il pour les personnes nées avant 1975 ?

Les personnes nées avant 1975, qui ont déjà effectué près de la moitié de leur carrière dans l'ancien régime, assisteront à la mise en place d'un établissement public universel des retraites qui va chapeauter tous les anciens régimes, et progressivement absorber les diverses caisses professionnelles. Mais ils vont également entrer dans le nouveau système de cotisation à 28,12 % : immédiatement s'ils ont un taux de droit commun à l'Agirc-Arrco, et progressivement si l'employeur surcotise ou bien s'ils appartiennent à un régime dont le taux de cotisation est éloigné de la cible du régime universel. De même, ils se verront appliquer le nouvel « âge d'équilibre » (voir ci-dessous).

Les cotisations vont-elles augmenter ?

A l'échelle du système, non, mais au niveau des individus, les cotisations vont légèrement augmenter pour certains, et baisser pour d'autres. Le niveau de contribution actuel des salariés du privé sera stable, sauf pour les assurés qui gagnent plus de 120.000 euros par an. Comme ils ne pourront plus s'ouvrir de droits sur la partie la plus élevée de leur salaire, ils devront chercher des solutions dans l'épargne supplémentaire.Pour les autres catégories professionnelles, des transitions longues sont prévues afin d'éviter une brusque variation du niveau de cotisation. Chez les fonctionnaires, ceux qui ont beaucoup de primes vont devoir cotiser dessus alors qu'ils ne le faisaient pas. Comme cela fera baisser leur rémunération nette, le mouvement va être étalé dans le temps. Ceux qui n'ont pas ou peu de primes, comme les enseignants, vont avoir droit à des revalorisations salariales programmées dans la durée pour compenser leur manque à gagner à la retraite. Chez les libéraux, le nouveau mode de calcul des cotisations permettra d'amortir le choc de l'uniformisation, là aussi sur plusieurs années.

A quel âge pourra-t-on partir à la retraite ?

En théorie, rien ne change : les assurés pourront partir à 62 ans, avec des dérogations liées aux carrières longues, à la pénibilité, ou à certains métiers (militaires, policiers). Dans les faits, pour ne pas avoir une pension trop basse par rapport à celle que l'on aurait obtenue dans l'ancien régime, il faudra partir à l'âge du taux plein. Aujourd'hui, cet âge est atteint lorsque l'on a cotisé pendant 41,5 ans (43 ans en 2035), ou bien lorsque l'on atteint 67 ans. Demain, il serait déterminé par un « âge d'équilibre » qui serait de 64 ans à l'horizon de 2027.Concrètement, cela veut dire que les Français vont devoir travailler un peu plus longtemps qu'aujourd'hui - sachant que les salariés du privé travaillent déjà jusqu'à l'âge de 63 ans et demi hors carrières longues. En revanche, les personnes aux carrières heurtées (dont beaucoup de femmes) et les cadres ayant commencé à travailler tard, qui doivent aujourd'hui attendre l'âge d'annulation de la décote pour liquider leurs droits, pourront partir à 64 ans au lieu de 67 ans.

Les pensions vont-elles baisser ?

Cela dépendra d'abord des rééquilibrages salariaux à effectuer dans chaque profession. Cela dépendra aussi du pilotage du système de retraite, équilibré par une règle d'or budgétaire. Le gouvernement s'est engagé à ne pas diminuer le poids des retraites dans le PIB - un peu moins de 14 %. Et il a promis que les pensions seraient indexées sur les salaires plutôt que sur l'inflation, sans quoi ce poids continuerait de baisser au rythme actuel. Pour qu'en cas de récession, le point ne baisse pas, l'équilibre financier sera recherché sur cinq ans, et non chaque année.

Les familles nombreuses vont-elles conserver leurs avantages ?

Pas complètement. Le système de retraite n'avantagera plus les familles nombreuses uniquement, mais les familles en général. C'est un changement philosophique profond. Cependant, cela passe par une redistribution des familles de trois enfants vers les familles d'un ou deux enfants. L'un des deux parents bénéficiera dès le premier enfant d'un bonus de 5 % (la femme, sauf contrordre). Le bonus de 10 % sur la pension pour chaque parent dans les familles de trois enfants sera remplacé par 17 %, partageable entre les parents. Pour les personnes qui sont concernées par la réforme mais qui ont eu leurs enfants avant 2025, l'ancienne règle s'appliquera au prorata de leur carrière dans l'ancien régime.

Faudra-t-il compléter sa retraite avec de la capitalisation ?

Pour l'immense majorité des Français, rien ne change : le régime universel par points par répartition permet d'obtenir un bon niveau de pension. Mais pour les 300.000 personnes qui touchent une rémunération supérieure à 120.000 euros annuels, qui sont généralement déjà adeptes de la capitalisation, il faudra investir plus dans l'épargne-retraite pour maintenir son niveau de vie futur. Enfin, certaines branches professionnelles ou régimes spéciaux devraient développer l'épargne-retraite.

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