Retraites : vers des besoins de financement supplémentaires

Le 09.02.2017 par SOLVEIG GODELUCK

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Retraites : vers des besoins de financement supplémentaires

Le ratio entre personnes âgées et actifs devrait se dégrader, selon les nouvelles prévisions démographiques, souligne le Conseil d'orientation des retraites. Ce qui alourdira le besoin de financement des pensions à l'horizon 2040.

Voilà de nouvelles prévisions qui devraient bouleverser les prévisions financières des régimes de retraite. L'Insee a livré la semaine dernière de nouvelles projections démographiques et le Conseil d'orientation des retraites (COR) souligne dans un document de travail que se sont procuré « Les Echos » que le « rapport de dépendance démographique » pour la période 2013-2070 s'est dégradé. Autrement dit, la proportion de personnes âgées par rapport à celles en âge de travailler va s'accroître au-delà de ce que l'on imaginait en 2010, lorsque l'Insee avait publié sa précédente prévision pour la période 2007-2060.

De quoi accréditer la thèse que les récentes réformes des retraites ne suffiront pas à équilibrer les comptes de l'assurance-vieillesse à long terme, comme le dit le candidat de la droite à l'élection présidentielle, François Fillon, qui veut relever l'âge légal de départ à 65 ans.

Avec les nouvelles projections, le ratio démographique entre les plus de 60 ans et les 20-59 ans n'est pas révisé entre 2010 et 2030 : il passe toujours de 0,43 à 0,62. En inversant la perspective, il y déclinera de 2,33 actifs pour un senior à 1,61 actif pour un senior. C'est ensuite que la nouvelle prévision s'écarte de l'ancienne. En 2060, il n'y aurait plus que 1,35 jeune pour un senior, au lieu de 1,43. Cela n'a l'air de rien, mais cette hypothèse située entre le scénario central et le scénario « population âgée » de l'ancienne prévision pourrait coûter très cher. « Pour mémoire, selon les variantes démographiques des projections du COR réalisées en 2012, l'hypothèse de "population âgée" conduisait à des besoins de financement du système de retraite plus élevés de 1,2 point de PIB en 2040 et de 2,1 points en 2060 », souligne le COR. Soit 24 milliards d'euros en 2040, puis 42 milliards en 2060. Avec le nouveau scénario central, cela ferait plutôt près de 10 milliards, puis 15 milliards. En juin, le COR projetait un système de retraite à peu près à l'équilibre à partir de 2036-2037 (scénario central).

La trajectoire s'est principalement modifiée du fait de la hausse attendue de l'espérance de vie à 60 ans. A partir de 2040, la nouvelle courbe diverge par rapport à l'ancienne, elle grimpe d'abord de +0,2 an, puis de +1 an en 2060. Les personnes nées en 1950 et ayant atteint l'âge de 60 ans peuvent encore espérer vivre 27 ans en moyenne. Pour la génération née en 1990, l'espérance de vie après 60 ans dépasserait 32 ans dans le scénario central, contre 31 ans dans l'ancienne prévision. Au passage, l'écart entre les deux sexes, à l'avantage des femmes, se réduirait beaucoup plus que prévu.

Impact du solde migratoire

La nouvelle trajectoire révise en hausse de 3 % le nombre de personnes âgées et en baisse de 3 % la population en âge de travailler, à horizon 2060. Ce déclin serait principalement dû à un solde migratoire revu en baisse, +70.000 par an au lieu de +100.000, bien plus qu'aux hypothèses de fécondité, sans impact avant 2040. Ces nouvelles projections ne vont pas manquer d'attiser le débat sur la nécessité d'une nouvelle réforme des retraites, alors que le gouvernement se félicite du retour à l'équilibre de l'assurance-vieillesse en 2016. Elles doivent être intégrées au rapport annuel du COR, en juin, puis au rapport thématique de septembre, un exercice complet de projections qui ne revient que tous les deux ans. Le Conseil d'orientation des retraites dira si le besoin de financement du système de retraite s'est accru, en tenant compte également de prévisions macroéconomiques actualisées.

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