Theresa May conduit la Grande-Bretagne vers un Brexit dur

Le 18.01.2017 par VINCENT COLLEN

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La Première ministre confirme la sortie du marché unique tout en plaidant pour des accords commerciaux avec l'UE.

« Préparez-vous pour un Brexit dur », ont écrit les économistes de HSBC après le discours de Theresa May mardi. La Première ministre britannique a enfin clarifié ce qu'elle laissait entendre depuis des mois. Le Brexit va se traduire par un changement radical pour les relations commerciales entre la Grande-Bretagne et les Vingt-Sept.

Devant un parterre de diplomates et de journalistes réunis à Lancaster House, la dirigeante a mis en avant ses « priorités ». Londres ne veut plus dépendre de la Cour européenne de justice et entend limiter l'immigration européenne vers le Royaume-Uni. « Theresa May reprend là les deux principales préoccupations des électeurs qui ont voté pour la sortie de l'Union, l'immigration et la souveraineté », décrypte John Curtice, spécialiste de l'opinion publique à l'université de Strathclyde.

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La liberté de circulation et l'autorité de la CEJ faisant partie des piliers de l'Union, la Grande-Bretagne sera forcée de quitter les différents « clubs » européens auxquels elle appartient. « Le Royaume-Uni ne peut pas continuer à faire partie du marché unique », a reconnu Theresa May pour la première fois. Cela signifie, par exemple, que les banques de la City ne pourront plus automatiquement commercialiser leurs services financiers en Europe depuis Londres comme elles le peuvent aujourd'hui grâce à leur « passeport ». La Grande-Bretagne est également prête à quitter l'union douanière qui réunit les 28 ainsi que la Turquie. C'est une condition nécessaire si Londres veut pouvoir négocier ses propres accords commerciaux avec le reste du monde. Le Royaume-Uni ne sera donc plus régi par le tarif extérieur commun de cette zone, a-t-elle expliqué.

Préserver les chaînes d'approvisionnement complexes

Mais Theresa May a tout de suite précisé qu'elle chercherait à négocier des accords de libre-échange avec l'Union. « Je veux que nous ayons un accord douanier avec l'UE », a-t-elle dit. « La Première ministre espère qu'un accès sans barrières douanières au marché européen pourrait être maintenu pour certains secteurs, comme l'automobile », explique HSBC. Les exportations britanniques vers le continent resteraient libres de droits de douane, ainsi que les importations européennes dans l'autre sens.

Theresa May espère préserver les chaînes d'approvisionnement complexes qui caractérisent des industries comme l'aéronautique ou l'automobile, a-t-elle dit mardi. Une pièce détachée de voiture peut traverser plusieurs fois la Manche pour être enrichie par divers équipementiers avant d'être intégrée dans un véhicule assemblé en Angleterre.

« Il vaut mieux pas d'accord qu'un mauvais accord »

Les Européens accepteront-ils de nouer de tels accords sectoriels ? Aucun autre pays ne bénéficie de tels arrangements aujourd'hui. Et les dirigeants du continent, Angela Merkel en tête, rejettent l'idée d'une Europe « à la carte » où la Grande-Bretagne choisirait ce dont elle fait partie et ce qu'elle rejette. « Ce sera très difficile et il n'est pas certain que de tels accords soient entièrement compatibles avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce », commente Philip Rogers, avocat chez Brown Rudnick.

Theresa May espère que les Européens, conscients de leurs intérêts économiques, seront favorables à de tels accords. En cherchant à « punir » la Grande-Bretagne, les Vingt-Sept commettraient un acte d' "auto-mutilation calamiteux », a-t-elle estimé. Avant de menacer de ne rien signer du tout si ce que lui proposent les Vingt-Sept n'est pas jugé suffisant : « Il vaut mieux pas d'accord qu'un mauvais accord ». La Première ministre a également réitéré l'avertissement lancé le week-end dernier par le ministre des Finances, Philip Hammond. Si aucun accord n'était conclu, le Royaume-Uni pourrait « changer son modèle économique » et instaurer « des taux d'imposition compétitifs » pour attirer les entreprises.

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