Zone euro : Bruxelles propose des pistes pour relancer la convergence des économies

Le 31.05.2017 par CATHERINE CHATIGNOUX

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L'objectif est d'achever l'Union économique et monétaire d'ici 2025. Parmi les propositions les plus fortes, la création d'un nouvel instrument de dette commune et une capacité budgétaire propre à la zone euro.

Des différentes options débattues au sein du collège des commissaires lors des discussions sur l'avenir de la zone euro, une seule n'a pas eu droit au chapitre, a assuré mercredi Pierre Moscovici, en charge des questions économiques monétaires et fiscales : « le statu quo ! Il est clair que l'Union économique et monétaire doit aller de l'avant ».

La marge de progression est grande cependant au vu de toutes les critiques dont la monnaie unique européenne a été affublée depuis l'éclatement de la crise financière de 2008 qui a révélé ses manques et ses faiblesses. « Des années de croissance faible voire nulle ont créé et exacerbé des disparités économiques et sociales considérables », note le rapport de la Commission, tandis que le secteur financier s'est re-fragmenté entre les différents Etats membres.

Nous devons relancer la convergence, a poursuivi Moscovici, et si nous n'en sommes pas capables, il y aura des interrogations politiques sur la légitimité de la zone euro elle-même.

Les économies se sont mises à diverger et la croissance reste insuffisante pour absorber le chômage, massif dans certains pays. « Nous devons relancer la convergence, a poursuivi Moscovici  et si nous n'en sommes pas capables , il y aura des interrogations politiques sur la légitimité de la zone euro elle-même » et cela nourrira immanquablement la poussée des partis extrémistes. A nouveau, c'est la réforme de la dernière chance que la Commission semble avoir mise sur la table.

Parachever l'Union économique et monétaire d'ici 2025

Les pistes proposées - dont la plupart remontent à plusieurs années mais n'ont jamais pu faire l'objet d'un compromis entre Paris et Berlin-, visent à parachever l'Union économique et monétaire d'ici 2025.

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Parmi les outils proposés pour relancer la convergence, outre une coordination plus forte des politiques économiques et la mise en place de liens plus systématiques entre octroi de fonds européens et réformes pertinentes au niveau national, la Commission propose prudemment « un mécanisme de stabilisation macro-économique » qui donnerait une autonomie budgétaire à la zone euro et aiderait ponctuellement les Etats en difficulté.

Un budget propre à la zone euro ?

Il pourrait prendre la forme d'un dispositif européen de réassurance-chômage pour aider les pays dont les systèmes sont les plus sollicités ou d'un système de protection de l'investissement qui protégerait ces derniers en cas de fléchissement de l'activité dans un pays de la zone. L'option d'un « budget propre à la zone euro » plus ambitieux puisqu'il pourrait couvrir tous ces objectifs à la fois, est évoqué dans un paragraphe dont la brièveté semble révéler qu'il ne fait pas partie du scénario le mieux partagé.

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Les rédacteurs du document prennent pourtant la peine de souligner qu'il n'aurait pas vocation à opérer des transferts permanents, ce que refuse Berlin avec constance. « Le plus important aujourd'hui pour la stabilisation de la zone euro c'est la finalisation de l'union bancaire même si le budget de la zone euro a une résonance plus forte auprès de l'opinion publique », observe Nicolas Véron, chercheur au think tank Bruegel.

L'Union bancaire toujours en attente

L'autre grand volet des pistes proposées porte sur l'Union bancaire qui attend toujours le feu vert de l'Allemagne pour activer un dispositif de soutien budgétaire commun au Fonds de résolution européen des défaillances bancaires. Urgent aussi, selon la Commission, la mise en place d'un marché des capitaux qui permettrait aux entreprises et aux ménages de disposer de sources de financements plus diversifiées.

A plus long terme, la Commission, se gardant bien d'employer le terme « d'eurobonds » toujours tabou outre-Rhin, suggère la création d'un « actif sans risque européen », « un nouvel instrument d'émission de dette commune qui renforcerait l'intégration et la stabilité financière ». « Il y a actuellement une fenêtre d'opportunité » a estimé Pierre Moscovici en présentant ces propositions.

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L'arrivée du pro-européen assumé, Emmanuel Macron, à la tête de la France et la volonté affichée par la chancelière Angela Merkel de renforcer l'Union européenne font qu' « on a cessé de parler de l'Europe en négatif ». Mais les divergences franco-allemandes demeurent. Sans les citer nommément la Commission plante le décor des débats à venir : « Certains font valoir que l'héritage de la crise ne sera surmonté qu'avec un surcroît de solidarité (Paris), tandis que d'autres (Berlin) insistent sur la nécessité de responsabiliser davantage les Etats membres avant toute nouvelle avancée ».

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