Cardiologie et maladies vasculaires

Le 01.10.2019
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Les 3447 sociétaires cardiologues de la MACSF, dont 2095 libéraux, ont adressé 74 déclarations (7 sans suite), dont 74 en exercice libéral, soit une sinistralité de 3,53 %, contre 3,43 % en 2017. Ces déclarations se répartissent en 1 plainte administrative, 17 procédures civiles, 4 procédures ordinales, 10 réclamations amiables et 42 saisines d'une CCI.

Le Docteur Cédric Gaultier, cardiologue conseil, revient sur la sinistralité en cardiologie enregistrée en 2018, notamment marquée par une prédominance de recours en CCI. Découvrez les domaines les plus exposés et les conseils pour prévenir les risques.

Conduite diagnostique

  • Patient admis aux urgences pour douleurs des membres supérieurs. Réalisation d’un scanner quelques heures plus tard, dissection aortique. Transfert pour prise en charge chirurgicale. Vasoplégie réfractaire, décès.
  • Consultation en 2006 pour dyspnée, bilan cardiologique négatif. Récidive en 2013, nouveau bilan ECG, échographie et examen clinique négatifs. Demande d’une épreuve d'effort. Découverte ultérieure d'une tumeur rénale. Décès 1 an plus tard.
  • Découverte d’anomalies ECG au cours d’un bilan CPAM, patient asymptomatique. Consultation auprès d’un cardiologue 3 mois après. ECG mettant en évidence un sous-décalage latéral stable. Echographie normale. Programmation d’un scintigraphie 15 jours après. Mort subite dans l’intervalle.
  • Patiente de 66 ans, suivi pour prolapsus valvulaire mitral. Dernière échographie jugée stable. Un an après, découverte d'un myxome de l'oreillette secondaire à un accident vasculaire cérébral ischémique.
  • Patient de 59 ans, examiné à deux reprises pour des palpitations et essoufflement. Bilan sans particularité. Nouvelle consultation en vue d'une chirurgie de prothèse de genou. Pas de contre-indication cardiologique. Arrêt cardiaque non récupéré lors de l'induction anesthésique.
  • Patient de 71 ans, examiné à la demande de l’anesthésiste en vue d’une cholécystectomie. Découverte d’une cardiopathie ischémique. Triple pontage. Cholécystectomie, malaise atypique à J1, ECG et troponine négatives. Mort subite à J+3.
  • Patient de 74 ans, coronarien connu. Lors d'un bilan préopératoire, pas de contre-indication alors que le patient présente un angor matinal. Le lendemain d'une prothèse totale de genou, syndrome coronarien aigu retrouvant des lésions tritronculaires avec atteinte du tronc commun. Triple pontage.
  • Patient de 72 ans, nombreux facteurs de risque dont un diabète. Bilan de dyspnée avec scintigraphie positive. Coronarographie prescrite et réalisée retrouvant une occlusion circonflexe. Au décours immédiat, accident vasculaire cérébral ischémique sylvien gauche. Thrombolyse à H+2 permettant une reperméabilisation. Transformation hémorragique. Parésie du membre supérieur droit et aphasie.
  • Patient de 55 ans, sous anticoagulants pour accidents vasculaires ischémiques multiples. Bilan cardiologique sans particularité. Récidive de troubles neurologiques, évocation d'un lupus par un autre praticien. Instauration d'un traitement spécifique. Amélioration hématologique et stabilisation.

Prise en charge

En consultation

Iatrogénie

  • Prescription de MONOTILDIEM devant la notion d’une épreuve d’effort anormale. Troubles neurologiques non précisés 5 ans plus tard avec arrêts de travail prolongés et mise en invalidité.
  • Patient suivi depuis plusieurs années pour cardiopathie dilatée avec fibrillation auriculaire paroxystique. Dernière consultation, pas de signe péjoratif. Trois mois plus tard, poussée d’insuffisance cardiaque globale avec pneumopathie et récidive de fibrillation auriculaire.
  • Patient de 46 ans, prescription de MONOTILDIEM suite à une épreuve d’effort positive. Survenue de tremblements.
  • Patient de 66 ans sous anticoagulants. Chirurgie de prothèse de hanche. Reprise des anticoagulants par HBPM puis AVK. Hématome compressif du psoas et atteinte du nerf fémoral.
  • Réclamation concernant la survenue d'un AVC au décours d'une intervention orthopédique chez une patiente sous anticoagulants, lesquels ont été arrêtés en vue de cette intervention.

Autres

  • Patient sous AVK au long cours ayant consulté pour avis spécialisé avant chirurgie de cataracte. A la sortie de la consultation : traumatisme crânien sans perte de connaissance ni troubles neurologiques focalisés. A J+4, survenue d'un coma brutal. Diagnostic d'hématome sous-dural aigu gauche. Décès à distance.
  • Patiente prise en charge pour prolapsus mitral, simple surveillance. Quelques années plus tard, prolapsus mitral non retrouvé par d'autres cardiologues. Evocation d'une erreur diagnostique ayant entraîné un syndrome anxiodépressif.
  • Patient opéré dans l’enfance d’une coarctation aortique laissant persister une plicature surveillée par TDM et échographie pendant plusieurs années. Survenue d’une thrombose aiguë à l’origine d’une paraplégie de niveau T9 avec nécrose colorectale.
  • Deux sociétaires mis en cause concernant la prise en charge d’une patiente de 85 ans porteuse d'une insuffisance tritronculaire sévère non revascularisable. Demande d’avis en consultation pré-opératoire auprès d’un cardiologue.
  • Accord pour chirurgie d’arthroplastie de hanche dans un centre avec service de cardiologie interventionnelle et USIC. Syndrome coronarien aigu puis arrêt circulatoire fatal à J+6.
  • Patient de 73 ans aux antécédents de cardiopathie ischémique et AC/FA, sous PRADAXA et aspirine. Découverte d’une tumeur gastrique, suite au bilan d’une hémorragie digestive. Arrêt des anticoagulants et demande d’une nouvelle exploration digestive. Accident vasculaire cérébral avec hémiplégie.
  • Patiente de 54 ans, examinée à la demande de l'anesthésiste en vue d'une chirurgie du sein. Tabagisme, dyspnée modérée. Pas de contre-indication opératoire. Arrêt cardiaque sur asystolie juste après l'induction anesthésique. Souffrance cérébrale aiguë. Décès.
  • Patient de 77 ans avec cardiopathie ischémique à dysfonction ventriculaire gauche. Pacemaker triple chambre avec défibrillateur. Arrêt du XARELTO, pris pour une AC/FA, 4 jours avant le geste et repris 48 heures après le geste de remplacement du boitier. Accident vasculaire cérébral ischémique avec thrombose basilaire.

En hospitalisation

Complications de cardiologie interventionnelle ou de chirurgie cardiaque

  • Epanchement péricardique, dans les suites d’un pontage nécessitant une réhospitalisation pour drainage et nouveau pontage. Défaillance polyviscérale, décès
  • Patient âgé de 66 ans suivi par un cardiologue pour rétrécissement aortique évolutif puis découverte de lésions coronariennes tritronculaires. Remplacement par valve mécanique et triple pontage. AVC avec hémiplégie.
  • Patiente de 71 ans ayant bénéficié d’un remplacement valvulaire aortique. Hémorragie cérébrale sous anticoagulants 5 mois après. Endocardite nécessitant un remplacement de la valve aortique itératif. Décès brutal quelques jours après.
  • Trois sociétaires mis en cause concernant la prise en charge d’une patiente de 83 ans porteuse d’un rétrécissement aortique calcifié devenant symptomatique, remplacement valvulaire. Suites opératoires marquées par une ischémie mésentérique sévère. Décès.
  • Patient de 66 ans, angioplastie par stent d’une lésion de la circonflexe. Quelques jours après la sortie, choc cardiogénique avec majoration d'une fuite mitrale. Remplacement valvulaire mitral et double pontage compliqué d'une colique colite ischémique et d'un choc réfractaire.
  • Patient de 63 ans, remplacement valvulaire mitral par un abord mini invasif et vidéo assistance. Réalisation d’une échographie transœsophagienne peropératoire pour vérification de la position des canules. Dysfonctionnement de la CEC avec défaillance multiviscérale et troubles cognitifs sévères.
  • Patiente de 90 ans, porteuse d’une insuffisance cardiaque sur RA serré. Remplacement valvulaire aortique percutané (TAVI). CIV par rupture de l'anneau, refermée par une prothèse Amplazer. Décès par tamponnade sur extension de la rupture de l’anneau.
  • Six sociétaires mis en cause concernant la prise en charge d’un patient âgé de 81 ans. Mise en place d’un TAVI, valve in valve sur une sténose itérative de bioprothèse. Infection au point de ponction fémoral. Ischémie aiguë de membre inférieur. Pontage et drainage. Endocardite et septicémie, décès.
  • Patiente de 57 ans, présentant une insuffisance mitrale sévère avec fibrillation auriculaire paroxystique. Prise en charge en réanimation post chirurgicale, défaillance polyviscérale. Décès.
  • Patient de 73 ans admis pour un syndrome coronarien aigu. Coronarographie en urgence et angioplastie de l'IVA. Prise en charge en soins intensifs au décours. Evolution vers un choc cardiogénique associé à un choc septique. A J+7, transfert pour une assistance cardiaque de type ECMO puis cœur artificiel implantable (Jarvic). Décès.

Autres

  • Deux sociétaires mis en cause concernant la réalisation d’un bilan cardiologique pré-opératoire considéré négatif. En post-opératoire d’une colectomie pour cancer, choc hypovolémique. Décès.
  • Deux sociétaires mis en cause pour la prise en charge d’un patient porteur d'une bioprothèse aortique hospitalisé pour décompensation respiratoire et fibrillation auriculaire. Instauration d'un traitement anticoagulant. Choc hémorragique, décès.
  • Patient hospitalisé pour décompensation cardiaque sur AC/FA. Traitement par AVK, surdosage à l’origine d’un hématome cérébral laissant persister une hémiplégie.
  • Patient de 93 ans, fibrillation auriculaire et hypertension, hospitalisé pour altération de l'état général avec douleurs abdominales. Mort subite le lendemain.
  • Patient de 72 ans, porteur d’une valve aortique mécanique hospitalisé pour syndrome fébrile. Pas de modification de la posologie du traitement anticoagulant ni surveillance de l’INR pendant 8 jours. Hémorragie cérébrale massive. Décès.
  • Patient de 65 ans, hospitalisé en USIC pour détresse respiratoire. SDRA puis arrêt cardiaque non récupéré.
  • Patiente de 81 ans suivie pour une fibrillation auriculaire, hospitalisée pour altération de l'état général et insuffisance cardiaque. Sortie à J+8 à domicile, le lendemain arrêt cardiaque non récupéré.

Geste technique

Angioplastie coronaire

  • Pas de déclaration en 2018.

Coronographie

  • Patiente de 58 ans avec artérite des membres inférieurs. Echographie d'effort positive. Coronarographie par voie radiale, suites marquées par une cécité droite par thrombose de l’artère centrale de la rétine.
  • Patiente de 51 ans, hypertendue avec bloc de branche gauche d'apparition récente. Réalisation par voie radiale droite d'une coronarographie ne montrant pas de lésion. Quatre jours après, douleur du membre supérieur avec occlusion de la radiale droite.

Pace maker

  • Réclamation concernant le décès d'une patiente quelques jours après un changement de pacemaker. Le laboratoire qui commercialise le boitier avait signalé un dysfonctionnement de ce modèle 3 jours avant son implantation. Recommandation de désactivation de la fonction d'asservissement non respectée.
  • Patient de 65 ans, admis pour bloc auriculoventriculaire complet. Mise en place d'un pacemaker double chambre, agitation extrême nécessitant d'intuber le patient. Inhalation avec défaillance multiviscérale et hypoxie cérébrale. Décès au 24ème jour.

Défibrillateur

  • Cinq sociétaires mis en cause pour la prise en charge d’un patient de 53 ans, porteur d’un défibrillateur avec resynchronisation. Changement du boîtier suivi d’une inflammation de la loge nécessitant une explantation des sondes. Septicémie à staphylocoque avec endocardite. Pneumothorax à répétition, nouvelle implantation à distance.

Ablation de trouble du rythme

  • Deux sociétaires mis en cause concernant une cryoablation de fibrillation auriculaire compliquée d’une embolie gazeuse. Caisson hyperbare. Evolution initialement favorable. Trois semaines après, hémorragie intra cérébrale par surdosage en antivitamine K. Drainage, décès.
  • Patiente de 62 ans présentant une récidive d’AC/FA sur terrain à haut risque. Seconde procédure d'ablation par sociétaire référent de la technique. AVC 2 jours après sortie de la clinique : anticoagulation insuffisante évoquée.
  • Patiente de 29 ans prise en charge pour tachycardie jonctionnelle. Cinq procédures d’ablation par radiofréquence sur 5 ans. Mise en place, avec succès, d’un pacemaker par un autre praticien.
  • Patiente de 54 ans, tachycardie jonctionnelle. Ablation par radiofréquence. Bloc auriculoventriculaire traité par un pacemaker par un autre cardiologue. Déplacement de sonde, reprise et pneumothorax. Récidive de tachycardie.

Divers

  • Epreuve d'effort en raison nombreux facteurs de risque et ECG anormal. Chute à l’origine d’une fracture déplacée de l’humérus nécessitant une intervention chirurgicale.
  • Réclamation concernant une attitude "inadaptée" du praticien lors d'un test d'effort cardiaque, par un patient procédurier.
  • Patiente de 39 ans, implantation d'un Holter de type Reveal en prépectoral. Cinq jours après, en Espagne, désunion de la suture et écoulement. Ablation du matériel et antibiothérapie sans germe identifié.
  • Patient de 80 ans, remplacement de l'aorte ascendante sous CEC. Nouvelle hospitalisation 7 jours après sa sortie pour infection urinaire, globe vésical, insuffisance rénale aiguë et défaillance multiviscérale. Décès 24 heures plus tard.
  • Réclamation inhabituelle concernant la survenue d'une céphalée intense lors d'une échographie de stress sous Dobutamine, conduisant à une hospitalisation prolongée. Reproche un défaut d'information.
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