Les starters MACSF
MACSF - Les starters MACSF
Revenir à l’accueil

Interne : tout seul face à un patient

Le 21.12.2020 par MACSF
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn
Devant une situation qui nous dépasse, un patient gravissime ou un contexte trop compliqué, il faut savoir appeler à l’aide.

Les études de médecine, c’est l’anatomie, la physiologie, un peu de chimie et beaucoup d'apprentissages théoriques. De la cardiologie, en passant par la neurologie ou la gynécologie, on aborde le début de l’internat avec un large éventail de connaissances théoriques. Or, dès les premiers stages d'internat, vous pouvez vous sentir seul et désarmé devant un patient.

D’externe à interne

La marche est grande et pourtant indispensable. Le passage entre les deux mondes est rude et bien souvent sans transition. Il s’accompagne parfois d’un sentiment de ne pas être à sa place. Les connaissances accumulées pendant les études de médecine sont présentes, mais le contexte fait qu’elles sont parfois difficiles à mobiliser.

Externes, nous sommes souvent accompagnés de l’interne ou du sénior. Interne, l'examen clinique, l'interrogatoire, les erreurs sont de notre responsabilité. Le moment où l’interne entre dans la chambre du patient, c’est avec des responsabilités et le regard d’un médecin.

Pas vraiment « docteur »…

Les patients nous renvoient parfois à notre statut d’interne. Pas toujours facile à gérer quand on débute.

Jeune interne, encore figé dans ce statut d’externe, il va falloir lutter et acquérir un peu d’expérience pour avoir le répondant et montrer que l’interne est un médecin, en formation certes, mais un médecin.

Premier conseil indispensable : avoir de l’assurance. Les patients en situation de stress profitent de chaque brèche pour vous perturber. N’hésitez donc pas à vous présenter comme le médecin du service, ce qui est vrai par ailleurs. De nombreux patients, surtout quand ils ne sont pas habitués aux hôpitaux, ne font pas la différence entre l’interne, l’externe, le stagiaire…

Autre point important : soignez votre présentation. La blouse, si possible propre et repassée, tout comme le stéthoscope (sauf si vous êtes orthopédiste naturellement…), sont des éléments qui rassurent le patient. Ce n’est pas un détail, la littérature(1) montre que les patients font souvent le lien entre le style vestimentaire et les compétences en tant que médecin.

… Mais déjà médecin

Vous êtes maintenant devant le patient et désormais seul pour faire les prescriptions, les diagnostics, et autres prises en charge.

Les erreurs sont inévitables, mais travaillez toujours votre dossier avant de vous rendre au chevet du patient. Repassez vos basiques : connaitre parfaitement l’histoire de la maladie, les antécédents, le traitement, et surtout, la suite de la prise en charge que vous envisagez. Ne pas pouvoir répondre aux questions « simples » des patients n’est plus tolérable.

Si votre patient vous pousse dans vos retranchements, dire qu’on ne sait pas n’est pas un aveu de faiblesse. Vous allez vous renseigner et vous revenez pour répondre à ses questions.

Donner une mauvaise indication, laisser un patient dans l’ignorance, ne pas faire remonter les informations : tous ces éléments rendent votre patient inquiet et stressé, et la prise en charge devient d’autant plus compliquée.

Parfois, la rencontre avec le patient se passe mal : il est violent, en pleurs ou encore totalement hermétique à vos explications. Ne vous laissez pas déstabiliser pour autant. Faites preuve de patience et de pédagogie : attendez quelques instants et échangez de nouveau avec lui.

Vous ne gérez pas un patient, mais plusieurs et fort heureusement, certains sont parfaitement conciliants, à l’écoute, et vous rappellent pourquoi vous avez choisi ce métier.

Traiter les pathologies graves

La transition se complique aussi avec des situations complexes. L’annonce d’un décès ou d’une maladie grave représente des situations nouvelles auxquelles l’interne n’est que peu voire pas préparé.

Cette confrontation au patient, parfois seul, est difficile à gérer émotionnellement. On se retrouve en première ligne devant des patients en détresse. Moments que l’on observait de loin en tant qu’externe.

Même si ces situations font l’objet d’un item des ECNis, cela ne prépare en rien à la vraie vie. Il est difficile de dispenser des conseils pour ce genre de situation. Quoi qu’il en soit, une attitude bienveillante et respectueuse est la clé. Le temps et l’expérience font le reste.

Sachez qu’il n’y a pas de phrase type pour une annonce difficile, pas non plus de comportement stéréotypé. Mais il est recommandé de partir de ce que sait le patient (ou son entourage) de la pathologie. Cela vous permet d’entamer l’annonce sur de bonnes bases.

Lors d’une situation de stress aiguë, restez calme et pédagogue. Adoptez une voix apaisante et transmettez une information claire. Prendre bien soin de répondre à toutes les questions que se pose le patient est primordial.

N’oubliez pas une chose importante, interne, il nous reste un coussin de sécurité, celui du chef, qu’il ne faut pas hésiter à appeler pour nous épauler.

Interne : savoir appeler à l’aide

Devant une situation qui nous dépasse, un patient gravissime, ou un contexte trop compliqué, il faut savoir appeler à l’aide.

Les chefs, mais aussi les co-internes plus anciens, seront alors d’une grande aide. Quelle que soit votre spécialité, la solidarité est une composante importante de la formation.

Au-delà de l’expérience qui nous manque, cette relation médecin/patient désarçonne souvent. Elle est moralement la plus difficile à gérer. Mais ce n’est pas insurmontable en appliquant quelques bonnes pratiques. L’humilité, la confiance en ses compétences et le respect du patient vous aideront à surmonter nombre de situations complexes pour vos premiers pas en tant qu’interne.

1) Petrilli CM, Saint S, Jennings JJ, et al. Understanding patient preference for physician attire: a cross-sectional observational study of 10 academic medical centres in the USA

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn
Les solutions MACSF
Assurance RCP-PJ interne

Garanties offertes pendant toute la durée de l'internat : L’assurance responsabilité civile professionnelle et protection juridique (RCP-PJ)  indispensables pour vous défendre en cas de mise en cause pendant votre internat. 

Assistance psychologique

Un accompagnement téléphonique pour surmonter vos souffrances au travail.

La communauté MACSF

Un forum avec plus de 500 000 professionnels de santé prêts à échanger sur vos pratiques professionnelles, votre mode d’exercice ou votre matériel…

Solliciter la communauté

L'application MACSF

Accédez à votre espace personnel et toutes ses fonctionnalités sur votre mobile !

Les newsletters

Recevez toute l’actualité sur votre profession/spécialité ainsi que nos offres dédiées.

S'abonner