La reprise d'activité vue par un généraliste

Le 19.06.2020 par Dr Robert Grau, Médecin généraliste
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Robert GRAU, Médecin généraliste, installé depuis 1987 à Boulogne-Billancourt, exerce la médecine générale en solitaire dans son cabinet. Il explique comment il a vécu la crise sanitaire et partage son retour d’expérience après quelques semaines de déconfinement.

Comment votre profession a-t-elle traversé cette crise ?

Cela a été une période assez morose et anxiogène, tant pour les patients que pour les médecins, qui étaient confrontés à ce virus avec la possibilité de l'attraper.

Nous avons aidé au mieux les patients qui, dans un premier temps, demandaient essentiellement des conseils et non des interventions ou des consultations.

Comment s’est passée la reprise d’activité pour votre profession ? A quel rythme ? Vos relations avec votre patientèle ont-elles évolué ?

Sur le plan pratique, à partir du début du confinement, les consultations étaient plutôt rares, nettement diminuées.

Petit à petit, à partir du déconfinement au début du mois de mai, la situation sanitaire étant meilleure et donc moins anxiogène, les patients ont commencé à revenir en consultation avec masque et gel hydro alcoolique à disposition.

Nous sommes au début du mois de juin et le rythme des consultations est maintenant presque identique à ce qu'il était avant cet épisode sanitaire.

Pour ma part, hormis le fait de faire attention (port d'un masque, gestes barrières…), je n'ai pas noté de modification particulière dans la relation avec les patients. Ils viennent toujours pour un motif particulier ; la relation est toujours bonne dans le sens où ils font confiance à leur médecin.

Les recommandations professionnelles des conditions de reprise ont été communiquées. Quelles ont été les difficultés rencontrées pendant ces premières semaines de reprise ?

La HAS, l'ARS, les Ordres des médecins, au niveau départemental et national, ont adressé quantité de recommandations sur la conduite à tenir, l'établissement de certificats en cas de garde d'enfants ou d'arrêt de travail…

Malgré la confusion que le nombre de ces recommandations a pu générer, nous avons tenté de suivre au maximum les consignes qui nous ont été données.

Dans la pratique, par exemple pour la gestion de la salle d'attente, la prise de rendez-vous, cela a-t-il posé des difficultés ?

Avant le confinement, j'avais une consultation libre.

J'ai depuis stipulé à ma patientèle que les consultations ne se faisaient que sur rendez-vous, que je programme suffisamment éloignés pour qu'il n'y ait qu'une personne dans la salle d'attente. Il est donc rare que deux patients s'y croisent. De plus, des masques et du gel hydro alcoolique sont mis à disposition.

Tous les soirs, je nettoie ma salle d'attente, mon bureau, je désinfecte les fauteuils, je lave ma table d'examen ainsi que les fauteuils de ma salle d'attente pour y préserver un espace propre et non contaminant.

La crise sanitaire a bousculé les pratiques professionnelles (télémédecine, examen clinique…). A votre avis, votre profession va-t-elle à terme revenir aux pratiques antérieures ou modifier sa manière d'exercer (recours aux moyens technologiques utilisés pendant la crise…) ?

A mon sens, cela a effectivement mis en évidence la possibilité de nouvelles techniques, notamment la téléconsultation. Cette méthode de consultation risque à présent de prendre un peu plus d'ampleur, même si l'examen clinique reste indispensable la plupart du temps.

Pour ma part, je ne sais pas si les nouvelles techniques qui ont émergé de la crise sanitaire vont révolutionner mes pratiques. Petit à petit, je reprends mon exercice tel que je le pratiquais auparavant.

Cela a cependant certainement fait prendre conscience aux patients que certains petits "bobos" pouvaient être résolus tout simplement, en attendant un petit peu, sans que cela ne nécessite une consultation.

Un bon conseil à vos confrères en cette période de reprise ?

Mon conseil : redonner confiance aux patients ; essayer de confirmer cette relation particulière du médecin généraliste avec sa patientèle.

En effet, lors de la crise sanitaire, ma disponibilité auprès de mes patients a pu les conforter dans cette relation de confiance. Il a été gratifiant d'être perçu comme un soutien en cette période anxiogène. Cela a été ma contribution en tant que soignant.

 

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