Cardiologues (cardiologie et maladies vasculaires) : les motifs de réclamation des patients en 2020

Le 28.09.2021
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En 2020, les 3 915 sociétaires cardiologues de la MACSF ont adressé 60 déclarations, soit une sinistralité de 1,53 % contre 2,02 % en 2019.

Ces déclarations se répartissent en 19 procédures civiles, 1 procédure ordinale, 2 procédures pénales, 8 réclamations amiables et 30 saisines d'une CCI.

Les 2 138 cardiologues libéraux ont adressé 51 déclarations. Leur sinistralité s’établit à 2,39 %, contre 3,24 % en 2019.

SOMMAIRE

L'analyse de l'expert >
Conduite diagnostique >
Prise en charge >
Geste technique >
Divers >

L'analyse de l'expert

Docteur Cédric Gaultier, ancien interne et ancien chef de clinique des Hôpitaux de Paris, Cardiologue interventionnel en établissement de santé privé, également attaché au Centre Hospitalier Cochin (Paris). Diplômé de Réparation Juridique du Dommage Corporel. Exerce parallèlement une activité d’expertise médicale en cardiologie, tout en poursuivant des fonctions d’enseignement auprès des cardiologues en formation. 

Globalement, la répartition reste inchangée entre les différents types d'activités.

Il y a relativement peu d'erreurs diagnostiques engageant les cardiologues. C'est plutôt le délai de réalisation d'explorations complémentaires qui est mis en défaut avec la survenue d'un syndrome coronarien ou d'un décès dans l'attente d'un test d'ischémie ou d'une coronarographie.

Sur le plan de la iatrogénie médicamenteuse, les anticoagulants et les antiagrégants plaquettaires sont toujours pourvoyeurs de nombreuses hémorragies ou de complications thrombo-emboliques lors de l'arrêt des anticoagulants.

Il convient de rester attentif sur la validité de l'indication du traitement anticoagulant ainsi que les modalités d'arrêt des traitements en fonction du risque thrombo-embolique propre à chaque patient.

Le geste médical demandé (un dossier d’arrêt de NACO pour un arthroscanner) justifie-t-il d'un arrêt du traitement anticoagulant et pour quelle durée ? Il faut être en mesure de pouvoir se justifier.

Sur le plan interventionnel, on note une stabilité du nombre d'accidents.

La voie d'abord vasculaire reste fréquemment source de complications : plaie veineuse non identifiée, hématome rétropéritonéal, thrombose radiale ou sténose fémorale sur système de fermeture percutanée.

Les procédures complexes doivent faire l'objet d'une attention particulière en dehors du site d’occlusion : une dissection aortique (non vue et donc traitée avec retard) lors d'une désobstruction chronique de coronaire droite (CTO), perte d'un fragment de guide de Rotablator, bloqué dans une petite branche.

En rythmologie interventionnelle, le risque infectieux occasionne toujours des complications graves : endocardites sur sonde, infections au point de ponction. 

L'ablation de fibrillation auriculaire a fait l'objet de complications graves : embolie gazeuse sur un système de purge de gaines (problème de protocole et compétence paramédicale), paralysie phrénique, sténose des veines pulmonaires et AVC.

Avec le développement du scanner coronaire, attribution à un cardiologue d'un choc anaphylactique lors d'une injection de produit contraste

Le Dr Cédric Gaultier évoque un dossier de perte de chance en cardiologie du fait de la crise sanitaire et dresse un bilan de l’usage de la téléconsultation, dans une spécialité qui reste dépendante des explorations fonctionnelles.

Le Dr Cédric Gaultier évoque un dossier marquant de l’année 2020 dans le domaine de la médecine vasculaire et expose les enseignements à en tirer pour limiter les risques de mises en cause. Retrouvez ici son interview.

Conduite diagnostique

  • AVC hémorragique massif quelques heures après une consultation et modification du traitement antihypertenseur.
  • Mort subite le lendemain d’une consultation de suivi pour cardiopathie dilatée hypokinétique. Pas d’étiologie retrouvée.
  • Arrêt cardiaque non récupéré 15 jours après une consultation pour douleurs thoraciques avec irradiations. Consignes de réaliser un test d’effort un mois plus tard.
  • Mise en cause à titre systématique après décès d’un patient pour retard de diagnostic allégué d’un myélome.
  • Infarctus inférieur 6 jours après une consultation pour douleurs thoraciques avec troubles de repolarisation inférieurs sans retentissement échographique et premier dosage de troponine négatif.
  • AVC sur thrombose carotidienne dans les suites d’une échographie d’effort sollicitée pour fuite mitrale évolutive chez un enfant de 15 ans. Hémiplégie.

Prise en charge

En consultation

> Iatrogénie

  • Syndrome de la queue de cheval après relais AVK Héparine au décours d’une chirurgie du rachis chez un patient traité par anticoagulants au long cours pour prothèses mécaniques mitrale et aortique.
  • Pneumopathie interstitielle survenue après la prise d’Amiodarone indiquée pour troubles du rythme ventriculaire résistant aux bêtabloquants. Évolution défavorable, décès.
  • Ischémie mésentérique au décours de l’arrêt des AVK, 5 jours avant la réalisation d’un arthroscanner du poignet, chez un patient traité au long cours pour troubles du rythme cardiaque.

> Autre

  • Mise en cause à titre systématique après le décès d’un patient pris en charge initialement pour une ischémie aiguë d’un membre inférieur dont le traitement chirurgical a été compliqué d’une endocardite nécessitant une chirurgie cardiaque.
  • Mort subite quelques jours après une consultation pour dyspnée dans un contexte de bicuspidie avec anévrisme de l’aorte, la scintigraphie myocardique retrouvant des séquelles de nécrose et une fraction d’éjection ventriculaire à 35 %, indication de coronarographie. Décès dans l’intervalle.
  • Défaillance hémodynamique au décours d’une chirurgie d’occlusion intestinale sur hernie inguinale. Intervention réalisée après avis spécialisé cardiologique. Évolution défavorable, décès.

En hospitalisation

> Complications de cardiologie interventionnelle ou de chirurgie cardiaque

  • Décès d’une patiente au décours d’une angioplastie coronaire avec pose d’un défibrillateur pour troubles du rythme ventriculaire. Cardiopathie ischémique d’évolution rapidement défavorable.
  • Perforation de l’œsophage, nécessitant la pose d’une endoprothèse digestive, lors d’une ablation de fibrillation auriculaire par radiofréquence.
  • AVC ischémique au cours d’une angioplastie coronaire et mise en place d’une prothèse aortique pour rétrécissement aortique calcifié.
  • Hématome de cuisse et paralysie crurale dans les suites d’une chirurgie de Bentall compliquée par une embolie pulmonaire traitée par AVK.
  • Tamponnade au décours d’une chirurgie d’ablation d’un myxome de l’oreillette, 24 heures après découverte échographique d’un épanchement péricardique considéré comme modéré.

> Autre

  • Patient sous anticoagulant et antiagrégant plaquettaire pour ACFA et myocardiopathie ischémique hospitalisé pour sciatalgie. Sortie contre avis médical. Hématome épidural. Prise en charge chirurgicale laissant persister un déficit sciatique.
  • Mise en cause à titre systématique au décours du décès d’une patiente présentant une fracture de hanche traitée chirurgicalement compliquée d’une arthrite septique avec mise en place d’un cathéter Picco. Au retrait du cathéter, choc hémorragique puis décès.
  • Défaillance polyviscérale au décours d’une chirurgie vasculaire des membres inférieurs pour artériopathie sévère avec escarres. Décès.
  • Deux sociétaires mis en cause pour AVC au décours de la pose d’un pacemaker lors du relais héparine de bas poids moléculaire AVK.
  • Décompensation cardiaque sévère après retour à domicile d’un patient porteur d’une cardiopathie mixte évoluée précédemment hospitalisé pour la même raison. Évolution défavorable, décès.
  • Traumatisme crânien avec hématome sous-dural dans les suites d’une chute chez un patient traité au long cours par des AVK pour cardiopathie ischémique et arythmie. Pas d’indication chirurgicale retenue, décès.

Geste technique

Angioplastie coronaire

  • Deux sociétaires mis en cause pour hémorragie génitale au décours d’une angioplastie de l’IVA. Cancer du col utérin passé inaperçu. Instauration rapide de soins palliatifs et décès en quelques mois.
  • Thrombose de la veine fémorale au décours d’une angioplastie coronaire, traitée par héparine de bas poids moléculaire en plus des antiagrégants plaquettaires. Hémorragie cérébrale.
  • Sténose sur le système de fermeture percutanée fémoral dans les suites d’une angioplastie coronaire. Prise en charge chirurgicale compliquée d’une récidive de la sténose.
  • Cholécystite aiguë au décours d’une angioplastie de l’IVA, traitement médical puis drainage percutané. Finalement transfert en réanimation. Défaillance polyviscérale, décès.
  • Deux sociétaires mis en cause pour dissection aortique au cours d’une tentative de désobstruction de l’artère coronaire droite, remplacement aortique avec réalisation d’un pontage coronarien. Évolution défavorable et décès.
  • Accès de tachycardie ventriculaire au cours d’une angioplastie de l’artère coronaire circonflexe. Mise en place d’une assistance cardiaque compliquée d’une plaie vasculaire. Décès.
  • AVC au décours d’une angioplastie de l’IVA et de l’artère coronaire droite réalisée en urgence pour syndrome coronarien aigu.
  • Rupture d’un fragment de guide laissé en distalité de l’IVA au cours d’une procédure d’angioplastie avec Rotablator.
  • Thrombose de la veine fémorale utilisée pour l’abord d’une angioplastie. Mise en route d’un traitement anticoagulant compliqué par une hémorragie cérébrale.

Coronographie

  • Deux sociétaires mis en cause pour survenue d’une thrombose radiale droite au décours d’une coronarographie diagnostique. Désobstruction chirurgicale laissant persister des douleurs imposant une mise en invalidité.
  • Deux sociétaires mis en cause pour choc hémorragique sur hématome rétro-péritonéal au décours d’une coronarographie réalisée pour bloc de conduction secondaire à un surdosage en bêtabloquants avec mise en place d’une sonde de stimulation.

Pace maker

  • Infection au décours du changement de la sonde et du boîtier d’un pacemaker nécessitant une extraction complète sous CEC et une antibiothérapie prolongée.

Ablation de trouble du rythme

  • Hématome du scarpa au décours d’une ablation de FA ayant nécessité un traitement endovasculaire pour lésion artérielle. Suites marquées par une infection qui conduira à une amputation de jambe. Défaillance multiviscérale, décès.
  • AVC ischémique 24 heures après une sortie d’hospitalisation pour choc électrique externe sous AVK pour ACFA. INR de sortie dans les valeurs thérapeutiques.
  • Deux sociétaires mis en cause dans la survenue d’une paralysie phrénique au décours d’une ablation par radiofréquence d’une fibrillation auriculaire.
  • Trois sociétaires mis en cause pour embolie gazeuse et arrêt cardiaque non récupéré au décours d’une procédure d’ablation de fibrillation auriculaire.
  • Deux sociétaires mis en cause dans la survenue d’une sténose des veines pulmonaires au décours d’une procédure d’ablation par radiofréquence de fibrillation auriculaire.
  • Faux anévrisme du scarpa avec fistule artérioveineuse nécessitant une reprise chirurgicale dans les suites d’une ablation par radiofréquence de fibrillation auriculaire par voie fémorale.

Autre

  • Troubles auditifs et séquelles psychologiques alléguées au décours d’une procédure de fermeture transcutanée de l’appendice auriculaire gauche par dispositif Amulet, réalisée sous anesthésie locale et sédation.
  • Douleurs neuropathiques séquellaires au décours d’une exploration endocavitaire par voie veineuse fémorale droite pour une tachycardie d’effort. Geste compliqué d’un hématome surinfecté nécessitant un drainage chirurgical.
  • Deux sociétaires mis en cause pour AVC ischémique sur thrombus au niveau des sondes après mise en place d’un défibrillateur chez un patient porteur d’une polyglobulie.
  • Endocardite au décours du changement de la sonde défectueuse d’un défibrillateur posé quelques années auparavant dans un autre établissement. Nécessité d’une reprise chirurgicale et d’un traitement antibiotique prolongé.

Divers

  • Trois sociétaires mis en cause dans la survenue d’une anoxie cérébrale secondaire à un choc anaphylactique au décours de l’injection de produit de contraste pour réalisation d’un scanner cardiaque indiqué pour bilan complémentaire avant ablation d’une FA. Évolution défavorable, décès.

 

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