Chirurgiens (chirurgie générale, viscérale et digestive) : les motifs de réclamation des patients en 2020

Le 28.09.2021
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En 2020, les 514 sociétaires spécialisés en chirurgie générale, viscérale et digestive de la MACSF ont adressé 59 déclarations, soit une sinistralité de 11,48 % contre 13,12 % en 2019.

Ces déclarations se répartissent en 1 procédure administrative, 14 procédures civiles, 3 procédures ordinales, 1 procédure pénale, 13 réclamations amiables et 27 saisines d'une CCI.

Les 100 chirurgiens libéraux ont adressé 49 déclarations. Leur sinistralité s’établit à 49 %, contre 79,21 % en 2019.

SOMMAIRE

L'analyse de l'expert >
Prise en charge >
Chirurgie gastrique et bariatrique >
Chirurgie intestinale >
Chirurgie de paroi >
Pancréas >
Vésicule >
Chirurgie gynécologique >
Divers >

L'analyse de l'expert

Docteur Jean-Edouard Clotteau, Chirurgien viscéral, ancien chef de service de chirurgie digestive de l’hôpital de Neuilly, Professeur au Collège de Médecine, Membre de l’Académie de Chirurgie et référent MACSF en chirurgie digestive et viscérale.

Il a été constaté en 2020, une diminution des réclamations en chirurgie bariatrique, probablement en raison de la situation sanitaire, mais aussi d’un moindre recours des patients à ces interventions, de certaines recommandations de l’HAS (contre-indiquant le by-pass en oméga) et peut-être aussi de la maturité des équipes bariatriques, regroupées pour la plupart dans des centres spécialisés où la prise en charge est désormais bien établie. La sortie de plus en plus prématurée des opérés favorise cependant certains retards diagnostiques et thérapeutiques et il doit s’établir un véritable tandem entre médecins de ville et chirurgiens pour les prévenir, ce qui ne concerne pas seulement le post-opératoire immédiat (fistules, carences vitaminiques).

Pour le reste de la chirurgie digestive, les fistules constituent l’essentiel des réclamations dont la prise en charge précoce peut, là encore, être menacée par des sorties prématurées. L’information du patient, de sa famille et du médecin traitant reste un devoir essentiel, dévolu au chirurgien, au moment de la sortie de son opéré.

Enfin, l’examen des complications de la chirurgie pariétale, hernie ou éventration, ne fait pas apparaître de différence significative entre chirurgie traditionnelle et cœlioscopique.

De quelle manière la crise sanitaire a-t-elle impacté le domaine de la chirurgie digestive ? En découlera-t-il des pertes de chance pour les patients ? Les rapports chirurgien/patient ont-ils évolué, et quels sont les effets de la judiciarisation sur les pratiques ? Pourquoi la chirurgie bariatrique est-elle moins fréquente ? Autant de questions auxquelles le Dr Jean Edouard Clotteau répond en images.  

Prise en charge

  • Deux sociétaires mis en cause pour occlusion sur bride nécessitant une résection du grêle quelques jours après une hospitalisation pour pyélonéphrite. Suites chirurgicales marquées par un abcès du Douglas et un AVC laissant persister des séquelles neurologiques importantes.
  • Retard de diagnostic de trois ans d’une tumeur rénale au décours d’une prise en charge médicale pour sigmoïdite.
  • Choc septique sur péritonite appendiculaire, passée inaperçue, après un syndrome douloureux abdominal ayant fait l’objet d’un avis spécialisé en service d’urgence avec scanner suspect. Décès.

Chirurgie gastrique et bariatrique

  • Sleeve gastrectomie pour obésité morbide dont les suites sont marquées par :
  • une détresse respiratoire aiguë à l’origine de lésions ischémiques cérébrales et d’une défaillance polyviscérale avec CIVD à l’origine d’une amputation de jambe,
  • l’oubli d’une pince de Halsted découverte quatre mois plus tard,
  • une fistule digestive nécessitant une reprise chirurgicale (7),
  • un arrêt cardio-respiratoire à J1 non récupéré,
  • un décès à l’induction anesthésique.
  • By-pass pour obésité morbide compliqué par :
  • une fistule digestive nécessitant une reprise chirurgicale et un séjour en réanimation (2),
  • une carence vitaminique à l’origine d’une neuropathie (2),
  • une hémorragie digestive nécessitant une reprise par laparotomie,
  • une éventration nécessitant une reprise chirurgicale.
  • Découverte d’un fragment de boîtier, 18 mois après l’ablation d’un anneau gastrique pour échec d’amaigrissement en vue de la réalisation d’un by-pass.
  • Deux sociétaires mis en cause dans la survenue d’une embolie pulmonaire massive au décours d’une chirurgie bariatrique par by-pass pour obésité morbide. Décès.
  • Deux sociétaires mis en cause au décours d’une chirurgie de by-pass en Y pour obésité morbide, transformée en by-pass en oméga, compliquée de fistules aboutissant à une gastrectomie totale.

Chirurgie intestinale

  • Gastroparésie dans les suites d’une cure de hernie hiatale selon la technique de Nissen sous cœlioscopie nécessitant une pyloroplastie endoscopique. Dumping-syndrome résiduel.
  • Fistule digestive dans les suites d’une colectomie sous cœlioscopie robot assistée traitée initialement par ponction échoguidée. Choc septique.
  • Oubli d’une compresse à l’origine d’une occlusion dans les suites d’une sigmoïdectomie selon la technique de Hartmann pour sigmoïdite abcédée. Nécessité d’une reprise chirurgicale.
  • Fistule du moignon appendiculaire au décours d’une péritonite appendiculaire. Iléostomie de décharge avec rétablissement de la continuité à distance.
  • Sténose anastomotique dans les suites d’une colectomie gauche sous cœlioscopie réalisée pour diverticulose colique. Colostomie puis rétablissement de continuité à distance.
  • Troubles digestifs et amaigrissement dans les suites d’une chirurgie de Nissen sous cœlioscopie pour RGO invalidant.
  • Tumeur du rectum laissée en place lors d’une résection sous cœlioscopie. Reprise chirurgicale par laparotomie dans un autre établissement identifiant une résection primaire au-dessus de la lésion.
  • Oubli de la baguette d’iléostomie dans les suites d’un rétablissement de continuité après iléostomie avec résection recto-sigmoïdienne pour cancer rectal.
  • Fistule anastomotique dans les suites d’une colectomie sous cœlioscopie pour diverticulite sigmoïdienne. Reprise chirurgicale avec colostomie de décharge et rétablissement de la continuité à distance.
  • Péritonite sur lâchage de suture dans les suites d’une colectomie sous cœlioscopie pour cancer du sigmoïde. Reprise chirurgicale avec colostomie, rétablissement de la continuité à distance.
  • Perforation du grêle au cours d’une appendicectomie sous cœlioscopie nécessitant une reprise chirurgicale pour suture.
  • Complications ischémiques du grêle et du colon dans les suites d’une chirurgie de Hartmann pour perforation sigmoïdienne per-endoscopique. Résection étendue du grêle et colectomie.

Chirurgie de paroi

Hernie inguinale

  • Hématome infecté au niveau de l’orifice de trocart au décours d’une cure d’éventration sous cœlioscopie nécessitant une reprise chirurgicale. Suites compliquées par une fistule conduisant à une colectomie transverse.
  • Infection du site opératoire au décours d’une cure de hernie inguinale avec pose de plaque prothétique. Nécessité de retrait de la prothèse.

Hernie ombilicale

  • Péritonite sur plaie du grêle dans les suites d’une cure de hernie ombilicale sous cœlioscopie. Reprise chirurgicale par laparotomie et jéjunostomie compliquée d’une fistule entéro-cutanée.

Cure d'éventration

  • Névralgie fémoro-cutanée dans les suites d’une cure d’éventration avec pose de plaque sous cœlioscopie. Nécessité de retrait de la prothèse.
  • Infection du site opératoire dans les suites d’une cure d’éventration nécessitant des soins locaux prolongés avec antibiothérapie et une reprise chirurgicale par laparotomie avec mise en place d’une plaque.
  • Granulome inflammatoire dans les suites d’une cure d’éventration avec pose de plaque, nécessitant plusieurs reprises chirurgicales.

Divers

  • Granulome inflammatoire sur fil non résorbable nécessitant une reprise chirurgicale à distance d’une abdominoplastie.

Pancréas

  • AVC ischémique cérébelleux, bilatéral, au cours d’une intervention de pancréatectomie caudale sous cœlioscopie pour tumeur neuro-endocrine bien différenciée.

Vésicule

  • Péritonite par perforation duodénale dans les suites d’une cholécystectomie sous cœlioscopie couplée à l’ablation d’un nodule hépatique bénin. Reprise chirurgicale compliquée par une fistule duodénale nécessitant des soins prolongés.

Chirurgie gynécologique

  • Fistule recto-vaginale survenue à distance d’une cure de cystocèle par bandelette. Plusieurs interventions chirurgicales seront inefficaces. Évolution favorable après lambeau rectal trans-anal.
  • Brèche vésicale au décours de la pose de bandelettes TOT nécessitant le retrait du matériel et un sondage vésical prolongé. Pose de bandelettes itératives à distance avec un bon résultat.
  • Péritonite par plaie du grêle et de la vessie dans les suites d’une kystectomie ovarienne sous cœlioscopie. Reprise chirurgicale compliquée par une fistule du grêle nécessitant des soins prolongés.
  • Néphrectomie droite élargie avec sacrifice du nerf abdomino-génital pour lésion d’allure maligne qui s’est avérée être un hématome rétropéritonéal secondaire à une hystérectomie par voie basse pour fibrome.
  • Lésion urétérale gauche au cours d’une hystérectomie totale élargie avec curage aortique et pelvien réalisé à quatre mains. Néphrectomie.

Divers

  • Hématome s’évacuant spontanément au décours de l’exérèse d’un lipome dorsal. Nécessité d’une reprise chirurgicale pour débridement sous anesthésie locale.
  • Fissure ischémique dans les suites d’une chirurgie hémorroïdaire selon la technique HAL doppler.
  • Sténose anale dans les suites d’une chirurgie hémorroïdaire selon la technique de Milligan et Morgan, nécessitant des dilatations.
  • Déficit du SPE par section au cours d’une chirurgie de varices des membres inférieurs avec phlébotomie, selon la technique de Müller malgré repérage et marquage. Tentative de réparation secondaire non concluante.
  • Herpès infecté à staphylocoque doré au décours d’une chirurgie d’atténuation de cicatrices du visage par micro peeling et laser.
  • Plaie œsophagienne au cours d’une médiastinoscopie diagnostique pour masse hilaire et adénopathies médiastinales. Reprise chirurgicale pour jéjunostomie.
  • Épanchement lymphatique dans les suites de l’exérèse d’une masse, considérée comme lipomateuse du pli inguinal droit. Le compte-rendu anatomopathologique confirmera la nature ganglionnaire de la pièce opératoire.
  • Séquelles sphinctériennes dans les suites d’interventions chirurgicales multiples chez un enfant porteur d’un syndrome de régression caudale.
  • Lymphœdème résiduel invalidant dans les suites d’un lifting des deux bras.
  • Déficit du nerf axillaire secondaire à l’exérèse d’une tuméfaction axillaire. Déficit d’abduction.

 

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