Médecins urgentistes : les motifs de réclamation des patients en 2020

Le 28.09.2021
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En 2020, les 4 731 sociétaires médecins urgentistes de la MACSF ont adressé 47 déclarations, soit une sinistralité de 0,99 % contre 1,32 % en 2019.

Ces déclarations se répartissent en 1 procédure administrative, 15 procédures civiles, 1 procédure ordinale, 7 procédures pénales, 13 réclamations amiables et 10 saisines d'une CCI.

Les 408 médecins urgentistes libéraux ont adressé 36 déclarations. Leur sinistralité s’établit à 8,82 %, contre 10,54 % en 2019.

SOMMAIRE

L'analyse de l'expert >
Urgence cardiovasculaire >
Urgence abdomino-pelvienne >
Urgence et infection >
Traumatisme >
Divers >

L'analyse de l'expert

Docteur Yamaldine Alouache, Praticien Hospitalier en service d’urgence et SMUR, diplômé de Réparation Juridique du Dommage Corporel, du CAPEDOC et d’un Master 2 de droit de la santé. Exerce également une activité d’expertise en responsabilité médicale, au profit des sociétaires MACSF.

L’année 2020 restera une année particulière pour la médecine d’urgence en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 avec une modification de l’organisation de l’accueil des patients.

Les urgentistes, tout comme les médecins traitants, sont en première ligne des prises en charge médicales. Néanmoins, la sinistralité en médecine d’urgence demeure centrée sur les défauts de diagnostic générateurs de perte de chance en terme de retard de prise en charge thérapeutique.

Les principaux éléments d’observation soulevés en expertise judiciaire ou CCI concernent les dossiers médicaux peu renseignés ainsi que l’absence de plan de prise en charge après un retour au domicile des patients.

Une prise en charge de qualité associant une analyse des symptômes, un examen clinique bien renseigné et d'éventuels examens complémentaires permettent, à l’issue d’un raisonnement clinique étayé, d’établir une stratégie diagnostique complémentaire débouchant sur une prise en charge thérapeutique conforme aux recommandations des sociétés savantes. 

Services débordés, tri des patients, transferts d’un établissement à l’autre : l’année 2020 a été gravement perturbée dans les services d’urgences. Le Dr Alouache dresse un bilan de cette année si particulière.

Urgence cardiovasculaire

  • Retard de prise en charge d’une thrombose veineuse profonde du membre inférieur. Évolution favorable.
  • Décès dans les suites d’un syndrome coronarien aigu après passage au service des urgences pour douleurs thoraciques, autorisation de retour à domicile (4).
  • Retard de diagnostic d’un syndrome coronarien aigu. Coronarographie en urgence avec désobstruction de l’artère coronaire droite.
  • Arrêt cardio-respiratoire au service des urgences après syndrome coronarien aigu.

Urgence abdomino-pelvienne

  • Retard de diagnostic et de prise en charge d’une tumeur du pancréas. Traitement palliatif.
  • Retard de diagnostic d’une torsion ovarienne ayant conduit à une ovariectomie.
  • Péritonite par perforation digestive chez un patient admis pour syndrome douloureux abdominal. Décès.
  • Retard de diagnostic d’une torsion ovarienne nécessitant une salpingo-ovariectomie.
  • Retard de diagnostic d’une perforation œsophagienne sur esquille de côte de porc à l’origine d’un pneumomédiastin. Évolution favorable après la pose une prothèse œsophagienne.

Urgence et infection

  • Décès suite à un choc septique à point de départ urinaire chez un patient hospitalisé pour lombosciatalgie.
  • Ligature pédiculaire sous HAL doppler pour hémorroïdes. Suites marquées par des douleurs pelviennes conduisant à deux consultations au service des urgences. Gangrène de Fournier nécessitant plusieurs interventions chirurgicales et une colostomie de décharge.
  • Infection dans les suites d’une suture pour rupture itérative du long extenseur du pouce.
  • Deux sociétaires mis en cause pour une surinfection de fracture ouverte de l’index nécessitant un nettoyage chirurgical.
  • Septicémie avec choc septique chez un patient sous antibiothérapie pour tableau de broncho-pneumopathie.

Traumatisme

  • Retard de diagnostic de trois semaines d’une fracture de l’os sésamoïde.
  • Syndrome de glissement au décours d’une fracture du col du fémur opérée. Décès.
  • Retard de diagnostic et de prise en charge de 16 heures d’un syndrome des loges consécutif à un crush syndrome du membre inférieur.
  • Deux sociétaires mis en cause pour une raideur de la cheville et douleurs neuropathiques du nerf tibial postérieur dans les suites de la réduction d’une fracture luxation de la cheville avant transfert en CHU.
  • Thrombose veineuse profonde surale sous botte de marche en résine pour entorse de cheville.
  • Retard de diagnostic d’une fracture pathologique de T8 dans un contexte d’hépatocarcinome sur hépatite C active post-transfusionnelle. Paraplégie.
  • Section complète du nerf collatéral interne de l’index gauche passée inaperçue lors d’une exploration de plaie. Reprise chirurgicale deux mois plus tard.
  • Embolie pulmonaire massive deux jours après une entorse de la cheville immobilisée sans traitement préventif anti-thrombotique.
  • Fracture du scaphoïde passée inaperçue lors d’un bilan pour traumatisme du poignet droit. Suites marquées par plusieurs interventions chirurgicales et syndrome douloureux régional complexe.
  • Défaut de prise en charge d’une plaie de doigts chez un enfant de 12 ans. Raideur séquellaire.
  • Brûlures lors de l’application d’un pansement alcoolisé sur une entorse de cheville.
  • Retard de diagnostic d’une lésion tendineuse du 3e doigt de la main gauche.
  • Lâchage de suture dans les suites d’une réparation de section du quadriceps.
  • Déplacement secondaire d’une fracture du radius traitée de façon orthopédique.

Divers

  • Brûlure d’un grain de beauté lors d’une séance d’épilation laser conduisant à son ablation, suites simples.
  • Réclamation concernant les conditions d’ablation de fils de suture après lipofilling des cuisses.
  • Deux sociétaires mis en cause pour retard de diagnostic d’un cancer gastrique de plusieurs mois chez un patient admis au service des urgences pour nausées avec malaise et bradycardie.
  • Accouchement dystocique à domicile pratiqué par un médecin du SMUR. Séquelles neurologiques anoxo-ischémiques.
  • Retard de diagnostic d’un AIT qui va se compléter. Hémiplégie.
  • Non-diagnostic d’un pneumothorax nécessitant une réhospitalisation quelques heures plus tard pour drainage.
  • Syndrome de Gayet-Wernicke avec tétraparésie et ataxie au décours d’une gastrectomie sans supplémentation vitaminique.

 

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