Troubles de la vision : bien évaluer et conseiller le patient conducteur

Le 20.03.2018
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La vision représente certainement la fonction physiologique la plus importante pour la conduite. Pourtant, la plupart des patients sous-estiment leurs troubles de la vision, notamment lorsqu’ils apparaissent de manière progressive ou ne représentent pas une véritable gêne dans la vie de tous les jours.


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Tous concernés

Le travail d’évaluation et de traitement des généralistes et spécialistes est essentiel dans la prévention des risques pour le patient conducteur. Le Conseil médical de l’association Prévention Routière synthétise pour vous les principales réglementations et recommandations en vigueur. 

Patient, médecin généraliste, ophtalmologiste, chaque intervenant est responsable, à différents niveaux, de la bonne gestion de la prévention des risques liés aux altérations visuelles. 

Une réglementation pour chaque pathologie

Lorsqu’il s’agit de déterminer l’aptitude à la conduite d’un patient, l’évaluation porte sur deux critères principaux :  

Comme souvent, chaque pathologie les impacte à des degrés différents. Il existe, selon les cas, différentes solutions permettant de maintenir la possibilité de conduire :

  • correction visuelle ;
  • opération chirurgicale (ex. : cataracte) ;
  • la limitation de la conduite (ex : pas de conduite de nuit).

1. L’acuité visuelle en vision de loin

Que dit la réglementation ?

Pour les permis du groupe léger

Aptitude à conduire si l'acuité binoculaire est = ou > à 5/10.

Si un des deux yeux a une acuité visuelle nulle ou < à 1/10, l’autre œil doit avoir une acuité visuelle = ou > à 5/10.

  • Conducteurs du groupe 1 : ne pas satisfaire aux normes relatives au champ visuel ou à l'acuité visuelle requiert un avis spécialisé avec mesure de lasensibilité à l'éblouissement, de la sensibilité aux contrastes et de sa vision crépusculaire.
  • En cas d’acuité visuelle obtenue uniquement avec l’aide d’une correction optique : l’obligation de correction optique est mentionnée sur le permis.
  • En cas d’acuité visuelle limite par rapport aux normes : la durée de l’aptitude peut être limitée dans le temps par le médecin agréé ou par la commission médicale.

Pour les permis du groupe lourd

Aptitude à conduire si l'acuité visuelle est au minimum de 8/10 pour l’œil le meilleur et à 1/10 pour l’œil le moins bon.

  • Si ces valeurs sont atteintes par correction optique :

            - l’acuité non corrigée de chaque œil doit atteindre au minimum 1/20 ;

            - OU la puissance des verres correcteurs ne doit pas dépasser 8 dioptries ;

            - OU elle doit se faire à l’aide de lentilles cornéennes.

        Un avis spécialisé peut être demandé si nécessaire.

  • En cas d’acuité visuelle obtenue uniquement avec l’aide d’une correction optique : l’obligation de correction optique est mentionnée sur le permis.
  • En cas d’acuité visuelle limite par rapport aux normes : la durée de l’aptitude peut être limitée dans le temps par le médecin agréé ou par la commission médicale.

Conditions particulières :

  • Après une perte brutale de la vision d’un œil (moins de 1/10) :

            -  permis du groupe léger : la conduite est contre indiquée pendant six mois. La commission médicale peut éventuellement prolonger ce délai et demander l’obligation de rétroviseurs bilatéraux.

            -  permis du groupe lourd : la contre-indication à la conduite est définitive.

  • Après une intervention chirurgicale modifiant la réfraction oculaire :

            -  la mention « verres correcteurs » ne peut être supprimée qu’après avis de la commission médicale.

            -  permis du groupe lourd : l’avis de la commission est obligatoire pour reprendre la conduite.

Nos recommandations :

Une bonne évaluation de l’acuité visuelle de loin, se fait :

            - en utilisant les deux yeux ensemble, après correction éventuelle (lunettes, lentilles cornéennes) ;

            - à l’aide d’une échelle homologuée (échelle de Monoyer, de Snellen ou autre).

Comment procéder ?

Placer le sujet à 4 mètres de l’échelle afin de vérifier la vision en mono puis en binoculaire (avant et après correction éventuelle). Selon les résultats, un avis ophtalmologique pourra être demandé.

2. Le champ visuel

Que dit la réglementation ?

Pour les permis du groupe léger

Pour être autorisé à conduire, le champ visuel binoculaire horizontal doit être = ou > à :

  • 120° ;
  • 50° vers la gauche et la droite ;
  • 20° vers le haut et le bas. 

Pour les permis du groupe lourd

Le champ visuel binoculaire horizontal des deux yeux doit être = ou > à :

  • 160° ;
  • 70° vers la gauche et la droite ;
  • 30° vers le haut et le bas. 

Nos recommandations :

Pour procéder à l’évaluation du champ visuel : se placer simplement face au patient et le faire réagir à des mouvements du doigt dans les angles requis.

3. La vision nocturne

Que dit la réglementation ?

Pour les permis du groupe léger

En cas d’absence de vision nocturne, l’avis d’un ophtalmologiste et de la commission médicale est nécessaire. Si le champ visuel est normal, cette dernière pourra accorder une aptitude temporaire avec mention restrictive «conduite de jour uniquement».

Pour les permis du groupe lourd

La commission statuera en fonction de l’avis spécialisé obligatoire. Il y a inaptitude à la conduite en cas d’absence confirmée de vision nocturne. 

Nos recommandations :

La détection de ce type de trouble est particulièrement difficile. Même si la mise en oeuvre de la restriction à la conduite de jour est compliquée au plan pratique, l’avis ophtalmologique est impératif s’il y a suspicion. 

4. La vision des couleurs

Que dit la réglementation ?

Les troubles de la vision des couleurs sont tout à fait compatibles avec la conduite.

Nos recommandations :

Informer et rassurer le patient (les troubles de la vision des couleurs ne représentant pas un risque notable au volant).

5. Antécédents de chirurgie oculaire

Que dit la réglementation ?

Un avis ophtalmologique est souhaitable pour les permis du groupe légers, obligatoire pour les permis du groupe lourd.

Nos recommandations : 

Informer le patient :

  • si celui-ci souhaite passer un permis du groupe lourd ;
  • en cas d’opération des yeux pour un titulaire d’un permis lourd.

Chirurgie réfractive : quelles conséquences pour le conducteur ?  

  • La technique utilisée détermine le temps d’attente nécessaire avant la reprise de la conduite de jour : de 2 jours (premier contrôle postopératoire) à 5-6 jours.
  • La reprise de la conduite de nuit requiert un temps d’attente plus important qui varie selon : le sexe, l’âge, le type d’amétropie et sa puissance.
  • La sensibilité à l’éblouissement reste perturbée plus longtemps.
  • Après la chirurgie, il est obligatoire de faire modifier le permis de conduire en supprimant la mention relative au port obligatoire de verres correcteurs. 

6. Les troubles de la mobilité

Que dit la réglementation ?

L’avis ophtalmologique est obligatoire.

  • En cas de blépharospasmes acquis confirmé : la conduite est incompatible pour tous les types de permis.
  • En cas de diplopies permanentes ne répondant à aucune thérapeutique optique, médicamenteuse ou chirurgicale : la conduite est contre-indiquée pour tous les types de permis.
  • En cas de strabismes ou hétérophories non décompensées : la conduite est compatible pour tous les types de permis si l’acuité visuelle est suffisante.

Cataracte et conduite

  • En cas de modification de la transparence du cristallin, la décision opératoire dépend de la diminution de l’acuité, du type d’activité et de la valeur fonctionnelle de la rétine et du nerf optique. FIXER UNE VALEUR D'ACUITÉ POUR DÉCIDER D’UNE DATE OPÉRATOIRE EST DONC IMPOSSIBLE.
  • La pose d’un implant ne contre indique pas la conduite. Toutefois, la plus grande prudence est de mise si la différence d’acuité entre les deux yeux est importante et qu’elle entraîne une mauvaise perception des distances.
  • La pose d’implants multifocaux nécessite un temps d’adaptation plus long mais autorise la conduite. 

7. Le nystagmus

Que dit la réglementation ?

Pour les permis du groupe léger : la conduite est possible si les normes d’acuité visuelle sont atteintes après avis ophtalmologique. 

Pour les permis du groupe lourd : il y a inaptitude à la conduite si l’affection est confirmée.

Nos recommandations :

Procéder à un examen de la mobilité oculaire en déplaçant un doigt ou une pointe de stylo devant le regard du patient afin de détecter les diplopies et les nystagmus.

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