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Cap Leeuwin : une première historique en multicoque pour Guirec Soudée

Cap Leeuwin : une première historique en multicoque pour Guirec Soudée

Publié le 19/02/2026

Sur son Ultim MACSF, Guirec Soudée a franchi le Cap Leeuwin, au sud-ouest de l’Australie, hier mercredi à 15h49 TU, après 57 jours, 5 heures et 13 minutes passés en mer. Avant lui, aucun marin solitaire, en multicoque, n’était allé aussi loin sur ce parcours extrême. Dans un environnement particulièrement exigeant, le skipper poursuit sa route en conjuguant vigilance permanente, endurance et recherche de performance maîtrisée. 

 

 

« Avant le Cap Leeuwin, je me suis pris une petite dépression, avec pas mal de mer, c'est monté jusqu'à pratiquement 6 mètres, avec 40 nœuds de vent, ça craque dans tous les sens, tu as l'impression qu'à chaque vague, le bateau va se décomposer ! J'ai de la chance parce que j'ai un bateau très costaud, très bien préparé, et j'en prends soin. La traversée de l'Indien s'annonce bien... Là, je fais 25 nœuds de moyenne sur 4 heures. Je suis toujours dans le bon timing ! ».

Guirec Soudée, skipper MACSF

Une navigation sous tension permanente

Naviguer en solitaire à bord d’un maxi trimaran en carbone impose une concentration de tous les instants. Dans le sud de l’Australie, Guirec a dû composer avec un trafic maritime dense, des zones de pêche étendues et une mer formée, l’obligeant à tirer des bords dans des conditions engagées.

À ces vitesses élevées, la moindre variation de vent peut devenir critique. Chaque impact dans la mer sollicite fortement la structure du bateau. Le risque de chavirage n’est jamais théorique. La vigilance ne se relâche ni de jour ni de nuit. 

Performer sans compromettre l’intégrité du bateau

La performance ne se résume pas à la vitesse pure. Elle repose aussi sur la capacité à arbitrer en permanence entre pousser le bateau et le préserver et dans ce domaine, Guirec peut également compter sur son équipe à terre qui participe activement à la réussite de ce défi.

Réduire la voilure, accepter de lever le pied pour limiter les contraintes structurelles, anticiper une manœuvre coûteuse en énergie : ces choix conditionnent la réussite du projet. En solitaire, la moindre avarie technique serait difficile à réparer. La lucidité stratégique est donc un facteur clé de performance.

Après avoir été contraint de remonter très au nord dans le Pacifique, parcourant près de 10 000 milles nautiques supplémentaires (environ 18 500 km) par rapport au record établi par Jean-Luc Van Den Heede en monocoque,  Guirec accusait un retard sur sa quête de record. Aujourd’hui, la dynamique s’est inversée : il affiche près de 1 000 milles nautiques d’avance sur le temps de référence, avec plus de 22 000 milles parcourus depuis le départ. 

L’endurance comme moteur

À bord, le confort est inexistant. Le sommeil est fractionné, les phases de récupération limitées. La fatigue physique s’ajoute à la pression mentale d’une navigation à haut risque.

Maintenir une vitesse moyenne élevée sur la durée exige une gestion fine de l’énergie, une capacité à décider rapidement malgré l’usure et une discipline constante. L’endurance devient alors un levier de performance autant qu’un enjeu de sécurité. 

Cap sur le Cap de Bonne-Espérance

Le passage du Cap Leeuwin marque une étape déterminante, après le Cap Horn, sur ce parcours effectué contre vents et courants dominants. Prochain objectif : le Cap de Bonne-Espérance, dernier grand point de passage obligatoire.

Les systèmes météorologiques instables et le trafic de pêche dense exigeront le même niveau d’attention et d’engagement. Le chemin reste long et semé d’obstacles. 

Pour suivre le parcours de Guirec Soudée en temps réel tout au long de son tour du monde : cartographie interactive.