Taux négatifs sur les marchés obligataires : quelles conséquences pour l’assurance vie ?

Le 27.11.2019

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Baisse rendement fonds euros

Les obligations d’Etats représentaient jusqu’ici le placement idéal pour les fonds en euros des contrats d’assurance vie, en offrant à la fois sécurité et performance. Mais avec l’apparition des taux négatifs ou proches de zéro, l’environnement a changé. Avec comme conséquence annoncée et généralisée une baisse significative des rendements des fonds en euros. Explications.

D’où viennent les taux négatifs ?

Depuis 2014, la Banque centrale européenne (BCE) mène une politique monétaire de taux très bas voire négatifs afin de soutenir l’activité économique et stimuler l’inflation.

Eric Dubos, directeur financier de la MACSF détaille : "Les taux négatifs sont d’abord apparus sur les taux courts, dirigés par la BCE. L’idée poursuivie était d’encourager l’économie réelle, de stimuler l’inflation et de baisser l’euro afin d’augmenter les exportations. Les taux d’intérêts des marchés sont encore orientés à la baisse et sont même parfois en territoire négatif, y compris désormais sur une durée d’emprunt de 10 ans et plus."

La situation des taux négatifs est-elle nouvelle ?

C’est plutôt une nouveauté, même si de tels taux existent depuis longtemps au Japon et aussi, dans une moindre mesure, en Suisse. "Avec ces taux, on sort de la rationalité économique sans être pour autant efficace en matière de soutien de l’économie réelle" souligne Eric Dubos.

Le vieillissement de la population observé en Europe, qui s’accompagne d’une tendance plus forte à épargner, ou les déficits budgétaires importants des Etats renforcent la tendance de taux bas.

L’impact sur les fonds en euros des contrats d’assurance vie

Pour les fonds en euros des contrats d’assurance vie, tout cela a un impact : une baisse des rendements. En effet, les sommes déposées par les épargnants sont très majoritairement investies sur des obligations, notamment d’Etats, dont les taux se sont effondrés. Difficile, dans ces conditions, de servir une performance moyenne de 1,8% de rendement, comme ce fut le cas en 2018 selon la Fédération française de l’assurance. D’ailleurs le marché s’attend, pour 2019, à une rémunération moyenne autour de 1,50%.

Face à cette situation, les assureurs ont été en mesure de soutenir la performance de leurs fonds en euros ces dernières années grâce à des stocks d’obligations anciennes offrant des rendements supérieurs. Mais cela ne constitue pas une solution pérenne. En effet, si les taux à 10 ans sur les obligations d’Etat français ont atteint leur plus bas à -0,44% pour le moment et qu’ils sont désormais autour de -0,05%, une remontée notable n’est pas envisagée. L’immobilier et les actions ont été des classes d’actifs de diversification et de rendements supplémentaires.

Le contexte international comprend en outre de nombreuses incertitudes politiques et économiques, notamment avec le Brexit et les négociations commerciales sino-américaines, qui pèsent sur la croissance et renforcent ce tableau général.

Quelles sont les conséquences pour les assureurs ?

Une partie de la solution consiste donc à aller chercher du rendement en investissant dans des obligations d’entreprises et des obligations financières. Mais, en aucun cas, les performances de ces supports (allant de 0,80% pour des obligations d’entreprises notées BBB à 1,5% sur du High Yield) ne permettent de compenser la baisse, au regard des performances connues par le passé.

Les assureurs sont donc tenus d’investir dans d’autres classes d’actifs comme les actions, le non-coté, l’immobilier et les infrastructures. Pour autant, ce mouvement est en partie compliqué par les obligations réglementaires qui s’imposent à eux.

En effet, à des fins de solvabilité, les assureurs sont tenus d’avoir un capital proportionné aux investissements réalisés en prenant en considération non seulement les montants investis, mais aussi le profil de risque de chacun des investissements. Et plus ces investissements sont potentiellement risqués, plus la part de capital à mettre en garantie est élevée.

Eric Dubos illustre : "A titre d’exemples, alors qu’un investissement en obligations d’Etats impliquera une charge en capital très faible, cette charge passera à 25% de la valeur d’un investissement dans de l’immobilier, à plus ou moins 30% s’il s’agit d’un investissement dans des infrastructures et à environ 39 % de la valeur investie dans des actions."

Certains assureurs ont-ils des moyens pour se différencier ?

Sur le fond, tous réfléchissent à proposer aux épargnants moins de fonds en euros et davantage d’unités de compte. C’est une approche assez binaire. L’assureur va devoir davantage travailler sur la connaissance de ses clients avec une véritable approche patrimoniale pour répondre le mieux possible à ses besoins en fonction de son horizon de placement, de ses projets et de son aversion au risque.

Selon Eric Dubos, "La dimension affinitaire de la MACSF est un véritable avantage. Notre mutuelle dispose d’importants fonds propres et d’un bon niveau de solvabilité lui permettant d’investir sur des classes d’actifs plus rémunératrices que les obligations. Elle reste ainsi en mesure d’offrir encore un taux de rémunération du fonds euros supérieur à la moyenne du marché."

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