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En France, 42 % des accidents de la route mortels ont lieu la nuit, selon la Sécurité routière (1). Ce ratio s’élève à 65 % sur autoroute, alors que le trafic est bien moins dense qu’en journée. Nombre de soignants, soumis à des horaires décalés ou des journées prolongées, sont concernés par la conduite nocturne et donc exposés aux risques qui l’accompagnent.
Moins de véhicules présents la nuit mais un risque d’accident accru
Le risque d’avoir un accident mortel est sept fois plus important à la nuit tombée que durant la journée, selon la Sécurité routière.
Plusieurs facteurs expliquent la dangerosité de la conduite nocturne. Certains sont évidents (fatigue, éclairage réduit, risque d’endormissement), mais d’autres sont souvent sous-estimés par les automobilistes. C’est le cas, par exemple, de la tentation de la vitesse, induite par un trafic très réduit, mais aussi de la baisse de l’acuité visuelle. C'est le cas également des risques liés au passage à l'heure d'hiver.
Les professionnels de santé sont particulièrement exposés aux risques routiers : gardes de nuit, visites à domicile en zones rurales, trajets entre établissements. Cette réalité professionnelle justifie une attention spécifique en matière de prévention routière. Il convient ainsi d’adopter certaines bonnes pratiques afin de circuler en toute sécurité, quelles que soient l’heure et la luminosité.
Conduire de nuit : que prévoit le Code de la route ?
Le Code de la route oblige tout conducteur d’un véhicule à moteur, circulant la nuit ou le jour lorsque la visibilité est insuffisante, à utiliser un éclairage adapté. Les règles qui s’appliquent diffèrent selon le type de chaussée et d’environnement.
Conduire la nuit en ville et/ou sur une chaussée éclairée
Dans le cas où un éclairage public offre à l’automobiliste une bonne visibilité, il est d’usage de rouler en feux de croisement une fois la nuit tombée. Ces feux, qui éclairent sans éblouir sur une distance d’au moins 30 mètres, se caractérisent par leur lumière rabattue vers le sol. Ainsi, ils n’éblouissent pas les autres conducteurs croisés.
Conduire la nuit hors agglomération et/ou sur une chaussée non éclairée
Hors des agglomérations, ou sur toute voie de circulation sans éclairage, l’usage des feux de route est indispensable pour la conduite de nuit. En cas de croisement ou à faible distance d’un autre automobiliste, il convient toutefois de remplacer ces feux, qui éclairent jusqu’à 100 mètres au moins, par des feux de croisement.
Si la route située en dehors d’une agglomération est étroite et sinueuse, il est également possible d’actionner les feux avant de brouillard en plus des feux de route pour conduire de nuit.
Comment prévenir les risques d’éblouissement et le manque de visibilité en roulant la nuit ?
Les feux des voitures roulant en sens inverse peuvent éblouir au point de gêner, voire d’aveugler temporairement. La Sécurité routière conseille aux conducteurs qui seraient éblouis par la lumière des phares d’un véhicule croisé de regarder vers le bord droit de la route puis, une fois le véhicule passé, de replacer leur regard au centre de la voie.
Il est aussi recommandé de basculer son rétroviseur en position nuit lorsque les phares éblouissants proviennent d’un véhicule circulant derrière soi. Mais attention : ainsi positionné, le rétroviseur ne permet plus d’appréhender pleinement l’éloignement des véhicules qui suivent !
Enfin, veiller à ce que vitres et rétroviseurs soient propres permet de réduire le phénomène d’éblouissement : à défaut, la saleté peut avoir tendance à diffuser davantage la lumière, en plus de réduire la visibilité.
Ces précautions sont indispensables, car il faut plusieurs secondes pour retrouver une vision normale après un éblouissement — jusqu’à quelques minutes pour les conducteurs les plus âgés.
Conduite de nuit : réduire la vitesse, augmenter les distances
La nuit, et notamment sur les routes peu ou pas éclairées, l’acuité visuelle se réduit. Les automobilistes perçoivent moins bien les contrastes, les couleurs ou le relief. En outre, ils apprécient moins bien les distances.
Pour ces raisons, il faut non seulement faire preuve d’une grande concentration, mais aussi adapter sa conduite :
- en réduisant sa vitesse, qui peut avoir tendance à augmenter en raison de la fatigue, de l’impatience et du trafic réduit, de manière à mieux anticiper toute situation inhabituelle ou dangereuse ;
- en augmentant les distances de sécurité avec le véhicule qui précède, pour avoir le temps nécessaire au freinage et à l’arrêt en cas de problème.
Tenir compte de sa fatigue et surveiller les signes de somnolence
La conduite de nuit sollicite davantage la vigilance.
La fatigue ou la somnolence — souvent signalées par des paupières lourdes, des raideurs de la nuque ou une difficulté à fixer son attention — multiplient par trois ou quatre le risque d’accident (2).
Après une garde ou une journée éprouvante, la tentation est grande de rentrer rapidement. Pourtant, il est recommandé d'être suffisamment éveillé pour prendre le volant et d’éviter de conduire après 12 heures de travail (privilégier les autres moyens de transport, faire une micro-sieste avant de conduire...). Sur la route, une pause de vingt minutes toutes les deux heures reste indispensable, une micro-sieste pouvant restaurer efficacement l’attention.
Dès les premiers signes de fatigue, mieux vaut reporter son départ ou faire une pause pour préserver sa sécurité et celle des autres.
Éviter la consommation d’alcool et la prise de médicaments
Alcool et médicaments altèrent la vigilance, augmentent le temps de réaction et renforcent les effets de la fatigue au volant. De nombreux traitements portent un pictogramme signalant un risque pour la conduite, du simple besoin de prudence à la contre-indication formelle.
Avant un trajet, il est recommandé de vérifier cet étiquetage, d’échanger avec un confrère de la compatibilité entre traitement et conduite, et de renoncer à toute consommation d’alcool, dont les effets se cumulent avec ceux des médicaments.
Faire surveiller sa vision
Avec l’âge, certaines pathologies oculaires telles que la cataracte, le glaucome, la dégénérescence maculaire ou la rétinopathie diabétique altèrent la perception des contrastes et majorent l’éblouissement, en particulier la nuit.
Toute gêne visuelle nocturne, halos autour des phares ou sensation de « voile » justifie un examen ophtalmologique afin d’actualiser la correction et de dépister une éventuelle pathologie. Des verres spécifiquement conçus pour la conduite, associés à un suivi régulier de la vue, améliorent le confort visuel et contribuent à sécuriser les trajets fréquents ou de longue durée.
S'adapter aux intempéries et à l’environnement local Adapter sa conduite aux conditions météorologiques telles que pluie, brouillard, neige ou verglas reste essentiel face à une visibilité réduite et des routes glissantes. Dans les zones proches de forêts ou de champs, une vigilance accrue face aux animaux nocturnes, comme les sangliers ou chevreuils dont les yeux réfléchissent les phares et qui circulent souvent en groupe, permet en outre de prévenir toute collision brutale. |
La MACSF accompagne les soignants vers une conduite plus sûre
La MACSF accompagne les professionnels de santé vers une conduite plus sûre au quotidien.
Son dispositif comprend notamment : des contenus de sensibilisation en ligne proposant des recommandations pratiques pour leur routine professionnelle, des sessions de formation ciblées sur les risques routiers propres aux métiers du soin, ainsi que des études menées avec l'association de Prévention routière pour comprendre les facteurs d'accidents et développer des stratégies préventives adaptées.
La MACSF va également au plus près des soignants en organisant des animations au sein même des structures hospitalières. Ces interventions s'appuient sur des ateliers interactifs et des technologies de simulation qui plongent les participants dans des situations de conduite en état d'ébriété ou de fatigue, dans un environnement sécurisé. L'objectif ? Créer une prise de conscience tangible des dangers liés à l'alcool au volant à travers une expérience réaliste.
Non seulement ces initiatives les protègent efficacement des dangers de la route, mais elles font des soignants des relais essentiels pour sensibiliser à leur tour leurs patients à une conduite responsable.
La conduite de nuit impose une vigilance accrue, particulièrement pour les professionnels de santé, souvent soumis à des horaires décalés et à des trajets prolongés. Anticiper sa fatigue, adapter sa vitesse, maîtriser son éclairage ou encore tenir compte de sa vision ne relèvent pas de simples bonnes intentions : ce sont des conditions indispensables à la sécurité de tous les usagers de la route. Préserver sa sécurité au volant, c’est aussi protéger sa capacité à soigner, et s’assurer de rentrer chez soi en toute sérénité.
(1) La sécurité routière en France Bilan de l’accidentalité de l’année 2024
(2) Conseil national de la sécurité routière comité des experts