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Étape mythique et redoutée de tous les marins, le cap Horn a été franchi par Guirec Soudée dans la nuit du mercredi 13 janvier à 5h20 TU. Le skipper MACSF poursuit ainsi sa tentative de record du tour du monde à contre-sens, en solitaire, à bord de l’Ultim MACSF.
Un tour du monde exigeant
Engagé dans une tentative de record du tour du monde à l’envers, Guirec Soudée s’est lancé dans un défi hors normes accompagné par la MACSF : parcourir les océans à contre-courant, avec l’ambition de repousser les records établis jusqu’ici. Depuis le départ, l’acclimatation progressive aux conditions du large et la diversité des situations météorologiques mobilisent pleinement le skipper MACSF. La succession de systèmes instables ne lui a pas permis d’installer un rythme de repos régulier, rendant l’exercice d’autant plus exigeant. Il témoigne : « Ces 10 derniers jours, la météo était très instable, j'ai dû beaucoup manœuvrer, j'ai eu beaucoup de zones de transition avec beaucoup de zones de molle, sans vent, c'était un peu fatigant ». En poursuivant sa descente vers le cap Horn le long des côtes brésiliennes, Guirec affichait néanmoins une avance de huit jours sur le record de référence avant ce passage clé.
Le cap Horn, un passage redouté des marins
C’est dans la nuit de mardi à mercredi que Guirec Soudée a franchi la longitude du cap Horn, après près de trois semaines de navigation. Il devient l’un des rares marins à réussir ce passage mythique à contre-sens, en solitaire, face aux vents dominants d’ouest. Une phase délicate du parcours, qui impose une attention constante et une gestion rigoureuse du bateau.
Situé à l’extrême sud du continent américain, le cap Horn marque la frontière entre l’Atlantique et le Pacifique, dans une zone où les conditions météorologiques sont parmi les plus hostiles de la planète. Falaise sombre culminant à plus de 400 mètres, ce cap a été, entre le XVIIIᵉ et le début du XXᵉ siècle, l’un des passages les plus redoutés de la navigation à voile. On estime que plus de 800 navires y ont coulé et que près de 10 000 marins y ont perdu la vie.
Une préparation minutieuse avant l’épreuve
À l’approche du cap Horn, la vigilance a été de mise. Ces derniers jours, Guirec a dû composer avec des zones de pêche très fréquentées, l’amenant à réduire drastiquement ses temps de repos afin de limiter tout risque de collision. Il a également procédé à un contrôle technique complet de son IMOCA Ultim MACSF, notamment au niveau du puits de foil, afin d’aborder ce passage dans les meilleures conditions possibles.
Cette phase de préparation était essentielle : à ces latitudes, chaque manœuvre exige une concentration maximale, d’autant plus que les températures ont nettement chuté, avoisinant les 10 °C à proximité des îles Malouines.
Pour en savoir plus sur la préparation de Guirec à ce tour du monde, la MACSF a réalisé un entretien avec son skipper juste avant son départ.
Des chiffres qui témoignent de la performance
Au passage du cap Horn, Guirec Soudée signe un temps de 21 jours, 18 heures et 44 minutes. Il a déjà parcouru 6 595 milles nautiques, soit plus de 12 200 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 13,7 nœuds. Il affiche également une avance significative sur le record, avec plus de 2 000 milles nautiques d’avance.
Ce passage marque également la latitude la plus australe du parcours, un cap symbolique autant qu’un défi sportif et humain.
Une vigilance maintenue après le passage du cap
Le skipper MACSF a exploité une fenêtre météorologique lui permettant de franchir le cap dans des conditions « acceptables » selon le navigateur, ce qui signifie « musclées » pour le Cap Horn, avec des vents soutenus et une mer formée. La prudence reste toutefois de mise dans les jours à venir. « Je me réjouirai vraiment dans trois ou quatre jours », explique-t-il, évoquant l’arrivée de systèmes dépressionnaires marqués, avec une mer pouvant atteindre 5 mètres et des vents déjà proches de 33 nœuds, appelés à se renforcer jusqu’à 40 voire 50 nœuds.
En franchissant le cap Horn, Guirec Soudée confirme son engagement, sa maîtrise et la fiabilité de l’Ultim MACSF. Une étape clé est désormais franchie, avant de poursuivre la route vers des latitudes plus clémentes, sans jamais relâcher l’attention.
Pour suivre le parcours de Guirec Soudée en temps réel tout au long de son tour du monde : cartographie interactive
C'est bon, le cap Horn est passé ! Premier passage du Horn dans ce sens-là pour moi et sûrement le dernier (rires) ! Je suis très heureux, c'est une belle première étape. J'ai réussi à contourner un anti-système par le Sud, ce qui m'a évité de rencontrer des vents forts ».
Guirec Soudée, skipper MACSF