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De La Trinité-sur-Mer à Lorient, du Figaro à l’IMOCA MACSF, Corentin Horeau a toujours eu le regard tourné vers la mer. Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2023, le skipper poursuit aujourd’hui son parcours en IMOCA, avec un nouveau défi et un objectif en ligne de mire : le Vendée Globe 2028. À quelques semaines du départ de la Route du Rhum, il revient sur son parcours et partage ses ambitions.
La voile, une histoire de famille
Tu as grandi à La Trinité-sur-Mer. Comment est née ta passion pour la voile ?
J’ai toujours vécu à La Trinité-sur-Mer et, dès mon enfance, la mer faisait partie de mon quotidien. Mes parents étaient passionnés de voile et je les accompagnais régulièrement dans leurs navigations dans la baie de Quiberon. Très vite, j’ai attrapé le virus. Chez nous, la voile, c’est vraiment une histoire de famille. Après le lycée, il m’a semblé évident que je devais travailler en mer. J’ai donc intégré l’École nationale de la Marine marchande où j’ai obtenu en trois ans mon diplôme d’officier chef de quart. Puis la compétition a progressivement pris le dessus. En 2011, j’ai intégré le programme d’excellence des jeunes talents Région Bretagne-CMB et je me suis lancé pleinement dans la course au large.
Toujours chercher à aller plus loin
Ton parcours est marqué par la recherche de performance. Comment entretiens-tu cet esprit de compétition ?
J’ai toujours aimé cette idée de chercher à faire mieux, de comprendre ce qui peut être amélioré et de repousser mes limites. J’ai commencé en Figaro et participé à de nombreuses courses. En 2014, je termine deuxième de la Solitaire du Figaro, avant de la remporter en 2023. C’était vraiment un rêve de gosse ! Et c’est une étape importante pour un marin : pour passer sur des bateaux supérieurs, il faut gagner la Solitaire.
La préparation physique fait aussi partie de ma recherche de performance. Je pratique notamment le wingfoil. C’est une activité qui me plaît beaucoup mais qui est aussi un excellent entraînement. Elle me permet notamment de travailler ma proprioception, c’est-à-dire ma capacité à me repérer dans l’espace et à maîtriser mes mouvements. C’est particulièrement utile sur un IMOCA où l’espace est réduit et où les conditions peuvent être très exigeantes.
« Quand on part sur une course, c’est pour la victoire. »
Corentin Horeau, skipper de l'IMOCA MACSF
Apprendre dans le sillage des meilleurs
Tu prends la barre d’un bateau qui a déjà fait ses preuves, avec l’expérience de Yoann Richomme. Comment t'entoures-tu pour écrire la suite de cette histoire avec la MACSF ?
C’était important pour moi de pouvoir bénéficier de toute l’expérience de Yoann sur le bateau. J’ai navigué avec lui en 2025 et cette période d’adaptation m’a permis de mieux comprendre l’IMOCA, ses réactions, ses points forts et la manière de l’exploiter au maximum. Yoann connaît parfaitement ce bateau puisqu’il l’a emmené jusqu’à la deuxième place du Vendée Globe 2024-2025. Pouvoir échanger avec lui, bénéficier de son expérience et de ses conseils, c’est forcément précieux quand on prend la barre d’un bateau aussi performant.
Au-delà de cette précieuse période de passation, j'ai la chance de pouvoir m’appuyer sur une équipe qui joue un rôle essentiel dans ma préparation et ma progression. Alain Gautier fait notamment partie des personnes qui m’accompagnent dans cette aventure. Son expérience et son regard sur la course au large sont particulièrement précieux.
Dans un projet comme celui-ci, la performance est forcément collective. Le skipper est seul à bord, mais il bénéficie à terre du travail, de l’expertise et de l’engagement de toute une équipe. Chacun apporte son expérience, son regard et ses compétences. C’est cette complémentarité qui nous permet de faire progresser le bateau, de gagner en performance et, à terme, de viser les meilleurs résultats possibles.
Cap sur la Route du Rhum
Après une première saison en IMOCA, quelles sont tes ambitions avec la MACSF ?
Je découvre encore tout le potentiel du bateau. La deuxième place obtenue sur la 1000 Race, pour ma première course en solitaire à bord de l’IMOCA MACSF, a été un très bon début. Maintenant, l’objectif est de continuer à progresser, avec notamment le Défi Azimut en septembre, puis la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, dont le départ sera donné le 1er novembre. Cette transatlantique sera une échéance majeure de la saison et une nouvelle étape dans notre préparation vers le Vendée Globe 2028.
Je suis quelqu’un de très compétiteur. Quand on part sur une course, c’est pour la victoire et ce n’est pas pour autre chose. Mais pour y arriver, il faut d’abord construire, apprendre et progresser. C’est tout le sens du projet que nous menons aujourd’hui avec la MACSF.