Jeunes kinés libéraux, deux témoignages pour vous aider à réussir votre installation
L'équipe éditoriale MACSF
Le 06.01.2023
À 12:00
5 min
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CCI : L'expertise en accidents médicaux
Le 16.07.2020
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Cet article se fonde sur les interviews réalisées en juin 2021 auprès de Sylvain Dupont, kinésithérapeute installé à Douai depuis 2010 et Audrey Llamas, kinésithérapeute installée à Nantes depuis 2009.
Kiné en libéral : quand et comment s’installer ?
Si l’option de vous lancer directement après vos études est tout à fait envisageable, nombreux sont les jeunes kinés à débuter par des remplacements.
« M’installer en libéral, c’était ce que je voulais faire. J’ai été remplaçant pendant trois ans après mes études. Et, je suis tombé sur la bonne opportunité dans le cadre d’un remplacement en pouvant reprendre un cabinet où je travaillais régulièrement. » Sylvain Dupont.
En effet, les années passées à travailler pour ou avec d’autres confrères permettent de vous familiariser avec des situations et pathologies variées. Vous vivez l’expérience de l’exercice seul en cabinet ou avec d’autres kinés ou soignants, en même temps que vous approfondissez vos connaissances.
« Je trouvais bien de faire des remplacements, de voir comment ça fonctionnait réellement. Remplacer me permettait aussi de me faire une idée du type de structure dans laquelle j’avais envie d’exercer. » Audrey Llamas.
Effectuer des remplacements en tant que jeune kiné est une solution idéale pour vous forger une expérience, découvrir différentes façons de travailler et faire les bons choix au moment de vous lancer.
S’installer seul ou s’associer comme kiné libéral ?
Maison de santé, cabinet partagé avec des associés ou seul, il existe différentes façons de travailler pour les kinés libéraux… Mutualiser les locaux et le matériel présente un avantage indéniable pour un kiné débutant. Il peut, de plus, s’appuyer sur l’expérience de ses confrères associés face à un cas complexe.
« S’associer permet, au départ, d’avoir un cabinet plus spacieux et davantage de matériel. Cependant, travailler à plusieurs est également source de conflit et de mésentente. Donc, il faut bien réfléchir et être sûr des personnes avec lesquelles on s’installe ». Sylvain Dupont
L’association ou l’exercice en groupe peuvent donc se révéler compliqués. Avant de vous associer, assurez-vous que vous partagez la même vision et les mêmes objectifs que vos futurs collaborateurs.
« Le plus important, c’est de bien choisir le cabinet et les collègues avec lesquels on va travailler. Les rares confrères ou amis ayant eu des problèmes lors de leur installation ont été confrontés à des difficultés d’ordre relationnel. » Audrey Llamas
Les jeunes kinés s’installant seuls ont tout intérêt à opter pour un cabinet avec peu de charges, ce qui leur permet de commencer à exercer sereinement et d’investir progressivement dans le matériel dont ils ont besoin, voire de s’agrandir...
« Au début, j’avais très peu de matériel. Je travaille depuis dix ans dans un petit local, et maintenant que ma patientèle est faite, je vais faire construire un nouveau cabinet plus spacieux. » Sylvain Dupont
Quelles démarches pour se faire connaître et se constituer une patientèle comme kiné en libéral ?
Les professionnels de santé de votre secteur étant susceptibles de vous adresser des patients, se présenter auprès de vos confrères médecins, paramédicaux ou encore dans les établissements de santé de votre secteur constitue un bon moyen de vous faire connaître.
Comment procéder ? Dans un premier temps, vous pouvez contacter ces professionnels ou établissements par téléphone. Puis si cela semble nécessaire et qu’ils en ont le temps, vous pouvez aller vous présenter à eux, ou bien, simplement déposer votre carte dans leur cabinet.
La question de la publicité
Le code de la santé publique n’autorise pas les kinésithérapeutes à faire de la publicité pour leur activité. L’article R 4321-67 indique ainsi que « sont interdits tous les procédés directs ou indirects de publicité » étant entendu que « la masso-kinésithérapie ne doit pas être pratiquée comme un commerce. »
Cependant, un décret entré en vigueur en décembre 2020 change légèrement la donne ! Les kinésithérapeutes ont désormais la possibilité de communiquer, y compris via un site internet, si les informations données concernent :
- leurs compétences et pratiques professionnelles ;
- leurs parcours professionnels ;
- leurs conditions d’exercice ;
La communication doit alors respecter quelques principes déontologiques :
- loyale et honnête ;
- sans témoignages de tiers ;
- sans comparaison avec d’autres kinés ;
- sans inciter à des actes de prévention ou de soins ;
- sans porter atteinte à la dignité de la profession ni induire le public en erreur.
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En zone sur-dotée
Pour vous faire connaître et constituer votre patientèle, la marche à suivre est différente selon que vous vous installiez dans une zone sur-dotée ou non. La concurrence étant plus forte dans les grands bassins urbains, il est important de bien vous renseigner sur la demande et les besoins dans votre secteur avant de vous installer.
Pour éviter que des kinés ne s’installent dans des zones excédentaires, l’avenant n°3 à la Convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes libéraux de janvier 2012, prévoit que « l’accès au conventionnement d’un masseur-kinésithérapeute ne peut intervenir que si un autre masseur-kinésithérapeute cesse son activité dans la zone considérée. »
« Peu importe où on va s’installer, on a de la chance d’exercer un métier pour lequel il y a de la demande. Mais je conseillerais quand même aux jeunes voulant s’installer dans les grandes villes de regarder le nombre de kinés par rapport à la densité de population. » Audrey Llamas
Souscrire à des plateformes en ligne
Si, nous le disions, la publicité n’est pas autorisée, il ne vous est pas interdit d’être présent en ligne à travers un site internet vitrine pour votre cabinet.
De même, souscrire à une plateforme de type Doctolib, Maiia ou Keldoc pour remplir votre agenda vous apporte, aussi, de la visibilité.
« Les plateformes, c’est bien pour la prise de rendez-vous unique, ce qui s’adapte plus à l’ostéo qu’à la kiné. Cependant, pour un jeune qui s’installe, ça peut être un moyen de se faire connaître. » Audrey Llamas
Compter sur le bouche-à-oreille
Comme le soulignent aussi ces deux professionnels, les kinésithérapeutes ont aujourd’hui la chance d’exercer un métier pour lequel la demande est forte dans une grande partie du territoire.
« Pour me faire connaître, les choses se sont faites toutes seules. Je suis arrivée au sein d’une structure existante où deux collègues exerçaient déjà avec une troisième que j’ai remplacée. Etant à Nantes, dans une ville où la population ne cesse d’augmenter, nous n’avons pas eu besoin de communiquer. » Audrey Llamas
Il ne paraît plus utile, comme cela était le cas il y a quelques années, d’acheter une patientèle lorsqu’on acquiert un cabinet. Bien faire son travail suffit à ce que professionnels et patients vous recommandent.
« Au fur et à mesure, ma patientèle s’est créée naturellement, avec le bouche-à-oreille. Je n’ai jamais eu à me faire connaître, parce que j’avais déjà une bonne base avec le cabinet que je reprenais. » Sylvain Dupont
Installé dans une zone qui n’est pas excédentaire, pour constituer votre patientèle, vous pouvez compter sur celle du cabinet que vous reprenez, ou dans lequel vous vous associez et laisser faire le bouche-à-oreille.
« Jamais je n’ai eu d’inquiétude. Au pire, si ça n’avait pas marché, j’aurais pu reprendre les remplacements pour lesquels il y a toujours une forte demande. » Sylvain Dupont
Le cas particulier des kinés libéraux choisissant de se spécialiser
Kiné du sport, de la pédiatrie et de l’esthétique ? Les jeunes diplômés souhaitant se spécialiser ont autant intérêt à se former qu’à se constituer un carnet d’adresses dans la discipline qui les intéresse.
« Moi-même spécialisé dans la kiné du sport, je pense qu’il faut se faire connaître des autres professionnels quand on est très spécialisé. » Sylvain Dupont
Au moment de leur installation, il est important qu’ils se manifestent auprès des autres professionnels de santé exerçant dans leur spécialité, et dans leur secteur géographique.
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