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À une semaine du départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2026, Corentin Horeau, skipper MACSF, entre dans la dernière ligne droite de sa préparation. Pour sa première participation à cette course mythique, il entend donner le meilleur de lui-même et se mesurer aux meilleurs. À l’approche du grand départ, il fait le point sur ses ambitions et les défis qui l’attendent.
À une semaine du départ, quel est ton état d’esprit ?
Il est plutôt positif ! Le stress est encore assez limité, même si je sais que la dernière semaine va être plus intense. J’ai surtout très envie d’y aller, avec forcément un peu d’appréhension face à un événement de cette ampleur. Mais je me dis aussi que j’ai beaucoup de chance d’être là. La Route du Rhum, c’est quelque chose ! Il faut savourer ces moments, parce que ça va passer très vite. Dans quelques jours, on sera déjà de l’autre côté de l’Atlantique.
Est-ce que tu réalises que tu vas bientôt prendre le départ de la Route du Rhum ?
Petit à petit, oui. Le village, les sollicitations, les rencontres… Tout cela permet de prendre conscience de l’événement. En parallèle, j’essaie de le désacraliser en me disant que ce n’est finalement qu’une navigation comme une autre, un peu comme un entraînement de longue durée. Traverser l’Atlantique sur un bateau comme l’IMOCA MACSF, c’est un vrai plaisir. Le bateau est incroyable et l’objectif sera de l’exploiter au mieux. Et puis, il y a la récompense à l’arrivée : rejoindre la Guadeloupe.
Quels sont les derniers préparatifs avant le grand départ ?
Il ne reste plus grand-chose à faire, finalement. Il faut profiter des derniers moments à terre et des proches, préparer mes affaires, me reposer et prendre soin de moi pour éviter de tomber malade. Avec tout le monde qui va passer sur le village, il faut être vigilant. Les journées s’enchaînent vite, entre les sollicitations des médias, les obligations liées à l’organisation et les rencontres avec les sociétaires de la MACSF. Il faut aussi se garder du temps pour travailler la météo, qui va prendre une place de plus en plus importante à l’approche du départ. Je dois également me préserver mentalement. Je vais progressivement me mettre dans ma bulle et me concentrer sur ce que j’ai à faire. Ensuite, ce sera à moi de jouer !
Quel est ton objectif sur cette Route du Rhum ?
L’objectif est toujours d’aller le plus haut possible et de donner le meilleur de moi-même. Le chemin compte autant que le résultat : je veux faire une belle navigation, prendre du plaisir et continuer à bien prendre mes marques sur ce bateau. C’est seulement ma première saison en solitaire, donc il y a encore beaucoup à apprendre. J’ai envie de tenir le rythme des premiers et de me battre avec eux pour les meilleures places. C’est ce qui m’anime. Je n’aime pas trop annoncer un objectif chiffré : je veux surtout donner le maximum et ne rien regretter à l’arrivée.
Quelles seront les premières difficultés à gérer, notamment dans les premières 24 heures ?
Le départ en Manche sera certainement l’un des moments les plus délicats. Il faudra composer avec les autres bateaux, probablement du vent fort, la pression liée à l’événement et le trafic maritime, notamment les cargos. L’arrivée en Guadeloupe sera elle aussi technique, avec le contournement de l’île, des zones de faible vent et la présence de pêcheurs.
Pendant les premières 24 heures, ma priorité sera de bien me sentir en mer et de mettre en place ma stratégie. Je veux rapidement entrer dans ma course, trouver le bon rythme et faire avancer le bateau au maximum de son potentiel. J’ai envie de me mettre dans un état d’esprit de course, comme en Figaro, pour ne pas regretter de ne pas avoir assez poussé et éviter de me faire distancer dès le début. L’enjeu sera de sortir de la Manche, au bout de 24 à 48 heures, dans une bonne position, aussi bien au classement que sur le plan stratégique.
Quel conseil te donnerais-tu avant de larguer les amarres ?
Je me dirais de rester posé et calme et d’essayer de tirer du positif de chaque situation. Il y aura forcément des déceptions pendant la course : une petite casse, un choix météo qui ne fonctionne pas, un moment où le bateau avance moins vite que prévu… L’important sera de ne pas basculer dans un état d’esprit négatif, mais de chercher à rebondir à chaque fois. Il faut rester positif.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette Route du Rhum ?
Déjà, d’arriver de l’autre côté et de faire une belle transat, en prenant du plaisir et en étant en phase avec le bateau. J’espère être connecté avec l’IMOCA MACSF, trouver le bon équilibre et réussir une belle course.
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Un défi ambitieux relevé après plusieurs mois de préparation
Au début de l’année, Corentin Horeau s’est lancé un objectif aussi ambitieux qu’inédit : boucler la mythique Étape du Tour de France à vélo. Cette prestigieuse cyclosportive permet aux amateurs de parcourir une véritable étape de montagne du Tour de France dans les mêmes conditions que les coureurs professionnels, sur des routes entièrement fermées à la circulation. Le dimanche 19 juillet, à 6h30, le skipper de l’IMOCA MACSF s’est élancé avec une montée d’adrénaline qu’il connaît bien… habituellement en mer. Cette fois, l’objectif n’était pas le chrono, mais le dépassement de soi et la satisfaction d’aller au bout de l’effort.
« Je préparais cette étape depuis le début de l'année. J’étais un peu stressé avant le départ, mais je me suis senti serein. C'est un stress qui ressemble à celui que je ressens en IMOCA, en moins intense quand même. Je me suis senti bien préparé : j'ai réussi à bien gérer ma vitesse sans m'enflammer. Dès le premier col, on a vite envie de tout donner, mais il fallait vraiment doser son effort sur la durée », explique le skipper.
Et pour cause, pour cette édition 2026, le programme était particulièrement exigeant : 170 kilomètres, 5 400 mètres de dénivelé positif et quatre cols emblématiques à franchir.
« Un combat contre soi-même »
Loin de ses terres bretonnes, Corentin a abordé ce défi avec méthode. En maîtrisant son effort, sa vitesse et son alimentation, le skipper de l’IMOCA MACSF a trouvé le bon équilibre pour tenir la distance sans céder à son instinct de compétiteur. Entre passages particulièrement difficiles et descentes offrant des paysages spectaculaires, l’épreuve s’est progressivement transformée en un véritable combat contre lui-même.
Selon le skipper, la nutrition a joué un rôle essentiel pour maintenir l’effort : « J'ai mangé toutes les demi-heures. Ça peut paraître beaucoup, mais c'est ce qui m'a permis de tenir mes apports en glucides tout au long de la course. Le col du Galibier restera le moment le plus dur », confie Corentin.
Après 7h29min13s d'effort, le skipper de l'IMOCA MACSF a franchi la ligne d'arrivée à la 948e place sur plus de 17 000 participants. « Cette étape m'a énormément apporté sur le plan mental : tenir sept heures sur un vélo, dans un effort aussi intense, ça oblige à puiser dans ses ressources physiques et mentales. Au final, c'est avant tout un combat contre soi-même ! », conclut Corentin.
Cette expérience vient ainsi enrichir la préparation du skipper avant les prochaines échéances à la barre de l'IMOCA MACSF, le Défi Azimut en septembre, puis la Route du Rhum en novembre.