Sinistralité des médecins généralistes : le point en images
Près de 65 000 médecins généralistes assurés par MACSF, un nombre de déclarations de sinistre en hausse et le retard ou l’erreur de diagnostic toujours en tête des réclamations… Quels sont les principaux risques auxquels les généralistes sont confrontés en 2025 ? Découvrez les chiffres clés, les attentes des patients et les bonnes pratiques à retenir pour limiter les mises en cause.
Retranscription de la vidéo
Que retenir de la sinistralité des médecins généralistes en 2025 ?
En 2025, le nombre de déclarations de sinistre adressées par nos assurés médecins généralistes est en légère augmentation, mais je rappelle que le contexte de 2024 était particulier, puisque nous avions constaté à ce moment-là une certaine baisse généralisée, d’ailleurs parmi tous les assureurs en Responsabilité Civile Professionnelle.
Le point qui me paraît important pour l'année 2025 est au contraire une augmentation notable du nombre de médecins généralistes qui font confiance à MACSF pour défendre leurs intérêts lorsqu'ils sont mis en cause par les patients, puisque nous assurons désormais pratiquement 65 000 généralistes en France.
Quelle est la principale cause de réclamations cette année et comment l'expliquer ?
Sans réelle variation par rapport aux années précédentes, le principal motif de réclamation vis-à-vis des médecins généralistes porte bien entendu sur les retards ou erreurs de diagnostic. Il s'agit là d'une difficulté majeure en médecine générale. Lors d'une seule et unique consultation, il est parfois extrêmement difficile de faire le tour d'une pathologie, d'envisager l'ensemble des implications possibles et bien évidemment de demander des examens complémentaires. Néanmoins, il s'agit là d'un point vraiment de vigilance pour l'ensemble de nos confrères médecins généralistes.
Les motifs de réclamation suivants sont tout à fait habituels également. La prise en charge des patients, donc plutôt le versant thérapeutique, notamment la mise en route de certains traitements. Et plus à la marge, nous avons des sujets de gestion du risque infectieux, de déontologie, voire de gestion de l'urgence.
Point particulier pour cette année 2025, nous avons une seule mise en cause pour un motif de téléconsultation.
Avez-vous observé l'émergence de nouveaux risques ou de nouvelles attentes des patients ?
Nous n'avons pas constaté de risque émergent par rapport à ce qui avait été noté en 2024 ou les années précédentes. Par contre, il me semble à la lecture et à l'instruction des différentes plaintes formulées par les patients, que les attentes de ceux-ci, sont de plus en plus fortes. Je l'ai évoqué précédemment, mais les patients n'hésitent plus à porter réclamation dès lors qu'un diagnostic a pu être un peu hésitant au départ, et ce sur la base d'une seule consultation. Je le rappelle, l'exercice médical et spécifiquement, en médecine générale est particulièrement difficile et on voit bien que les attentes des patients sont extrêmement fortes, ce qui va à l'encontre évidemment de la situation démographique médicale.
S'il ne fallait retenir qu'une bonne pratique pour limiter le risque, laquelle serait-elle ?
La meilleure façon d'éviter des réclamations est bien évidemment de respecter les conditions de prise en charge d'un patient, tout ce que l'on a pu apprendre pendant nos études.
En premier lieu, lors d'une consultation, écouter réellement quelles sont les plaintes ou les doléances d'un patient, quel est le motif de consultation.
En seconde place, bien évidemment, d'examiner son patient. Je me permets d'insister sur ce point, mais examiner le patient, quel est le motif des consultations, j'ai des douleurs abdominales, je suis essoufflé, etc. Il faut que l'examen clinique soit réalisé.
Et bien évidemment, reporter les conclusions de cet examen clinique dans votre dossier médical, c'est fondamental. Lorsqu'il y a une réclamation médico-légale, tout ceci débouche souvent sur une expertise, et l'expert va s'intéresser au dossier médical. Est-ce que vous avez correctement examiné le patient ? Très bien, pas de souci, mais est-ce que ces éléments, les conclusions de cet examen clinique, sont reportés sur le dossier médical ? Le dossier médical est le juge de paix lors d'une expertise, et vous pourrez raconter tout ce que vous voulez lors de cette expertise, l'expert ne sera pas obligé de vous croire dès lors que le dossier médical n'a pas été rempli.

