Fonds en euros : tendances de rendement et perspectives

Le 15.12.2020

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Tendances fonds euros

Au sein de leur assurance vie, une majorité de Français continuent de privilégier le fonds en euros de l’assurance vie. Un support qui a longtemps offert une combinaison idéale : une garantie sur le capital investi, la possibilité de récupérer son épargne à tout moment et une rémunération attractive. Mais ce triptyque est mis à mal par le contexte de taux d’intérêt bas.

Pourquoi le rendement des fonds en euros diminue-t-il ? 

Alors qu’il se montait à 5,30 % en 2000, le rendement moyen servi sur les fonds en euros est tombé à 1,50 % en 2019 selon la Fédération française de l’assurance. 

Qu’en est-il pour cette année ? A la veille des premières annonces, un consensus de place prévoit des taux autour de 1% pour 2020.  Et rien ne semble contredire cette tendance baissière à moyen terme, avec des pronostics de taux se stabilisant à horizon de trois ans autour de 0,5 à 0,7%. 

En cause, la faiblesse de la rémunération des actifs les moins risqués. Rappelons que pour respecter leur engagement de sécuriser l’épargne qui y est placée, les fonds en euros des assureurs et des mutuelles sont investis essentiellement sur des obligations souveraines ou des titres de dette émis par des Etats.  

Or la rémunération de ces titres est de plus en plus faible. En effet, les banques centrales pratiquent depuis des années des politiques monétaires très accommodantes pour soutenir les économies.  Elles maintiennent des taux très bas et même négatifs. Les rendements des investissements baissent donc régulièrement. Par exemple, la dette à 10 ans émise par la France affiche actuellement un taux négatif. 

Des assureurs de plus en plus contraints par un cadre réglementaire prudentiel strict  

Une autre contrainte pénalise le fonds en euros : les entreprises d’assurances doivent respecter un cadre réglementaire strict, défini par la directive européenne Solvabilité II. Cette dernière prévoit le niveau de fonds propres que les assureurs et mutuelles doivent détenir pour faire face aux risques auxquels ils sont confrontés.  

Or les modalités de calcul de ces normes sont telles que, lorsque les taux d’intérêt s’enfoncent en territoire négatif, les besoins en fonds propres des compagnies augmentent de manière exponentielle.  

Quelles solutions à l’horizon ? 

Face à ce dilemme, les compagnies ont plusieurs leviers à leur disposition pour réagir et pérenniser le fonds en euros. 

Certains acteurs envisagent de :  

  • interdire les versements 100% en euros : conséquence pour les épargnants, moins de liberté d’investissements ;
  • rendre plus chère la cotisation de la garantie du capital pour la financer : conséquence pour les épargnants, des frais de gestion et sur versements plus élevés
  • Limiter la liquidité du fonds en euros pour investir sur des actifs plus risqués : conséquence pour les épargnants, une garantie du capital conditionnée à une durée d’investissement, 8 ans par exemple
  • Diminuer la garantie en capital par exemple à 98 % au lieu de 100 % : conséquence pour les épargnants, un risque de perte en capital limité mais inédit pour ce genre d’investissement.  

Toutes ces options modifient l’équilibre entre rendement, liquidité et sécurité pour les assurés.

Le point de vue de la MACSF  

Questions à Guillaume Rosenwald, directeur général de MACSF épargne retraite

Le taux des fonds en euros du marché ont beaucoup baissé. Qu’en est-il à la MACSF ? 

Nous n’échappons pas à ce phénomène de baisse même si le taux servi par la MACSF est supérieur à la moyenne du marché. Ainsi en 2019, il s’est monté à 1,70%, soit 0,20% au-dessus du marché. Nos projections pour les cinq prochaines années sont rassurantes puisque le rendement de nos actifs devrait rester stable.

Comment vos sociétaires réagissent-ils dans ce contexte ? 

Depuis plusieurs années, nous leurs proposons, avec nos profils permanents, des solutions de diversification clés en mains. Nous enrichissons également régulièrement notre gamme financière de nouvelles opportunités. Concrètement, nous observons une tendance à la diversification (augmentation de la part des versements sur les unités de compte), que nous accompagnons par nos conseils sur Internet ou lors d’un échange avec nos conseillers. 

Comment (ré)orientez-vous vos investissements ? 

Aujourd’hui, les taux sont extrêmement faibles et cette situation va durer. Il est donc nécessaire de diversifier les investissements vers des actifs, certes plus risqués, mais qui offrent des perspectives de rendements supérieurs. La solidité du groupe nous permet de le faire en privilégiant depuis de nombreuses années les obligations d’entreprises, mieux rémunérées que les obligations d’Etats. De plus, nous consacrons une part importante de nos investissements aux entreprises non cotées. Ces actifs sont par nature illiquides, mais nous mutualisons ce risque et nous faisons profiter nos adhérents de leurs potentiel de performances.

Quel avenir voyez-vous pour le fonds en euros ? 

Nous pensons que le fonds en euros est l’une des spécificités de l'assurance vie qui justifie l’intérêt des Français pour cette solution d’épargne. C’est pourquoi nous ne limitons pas l’accès à l’actif garanti dans notre contrat multisupport. Cependant, le modèle doit évoluer pour s’adapter au contexte actuel. La révision de la directive Solvabilité II par les autorités européennes est en cours et nous militons pour qu’elle facilite l’investissement des assureurs dans les entreprises. Mais la situation de taux d’intérêt très bas, voire négatifs va durer. Les fonds en euros doivent s’adapter car ils ne peuvent pas, à tout moment, garantir un rendement supérieur aux taux d’intérêt. 

Quelle option vous semble la meilleure ? 

Adapter la garantie du capital en la rendant très légèrement négative nous paraît être l’option la plus favorable pour nos assurés. Avec elle, ils bénéficieraient toujours de l’effet cliquet (les intérêts de l’année intègrent le capital garanti) et profiteraient de meilleures perspectives de rendement. En effet cette solution donne à l’assureur davantage de latitude pour investir sur d’autres supports de diversification, comme de l’immobilier, des actions, des actifs non cotés ou du financement d’infrastructure. Enfin, le risque réel de perte en capital demeure extrêmement faible et la liquidité à tout moment est préservée. 

 

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