Les infirmiers diplômés d'État
L’arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d'État ne mentionne pas la réalisation de sutures dans le cadre de ses dispositions concernant la prise en charge des plaies.
Les sutures ne sont par ailleurs pas mentionnées dans les actes réalisables, que ce soit au titre du rôle propre, du rôle sur prescription, des actes sur prescription et sous réserve de l’intervention immédiate d’un médecin, ou encore de la participation à la mise en œuvre de techniques par le médecin.
Les sutures n’entrent donc pas dans le champ des actes que les infirmiers peuvent réaliser.
Les infirmiers de bloc opératoire
La réalisation de sutures fait partie des compétences reconnues à l’IBODE.
En effet, sur protocole préétabli, écrit, daté et signé par le chirurgien et sous réserve que celui-ci puisse intervenir à tout moment, l’IBODE peut procéder seul (article R.4311-11-1 du CSP) à la fermeture sous-cutanée et cutanée.
Cette compétence suppose plusieurs savoir-faire :
- identifier les différentes techniques de fermeture ;
- choisir la technique de fermeture en fonction des risques potentiels liés à l’intervention et au patient ;
- choisir le dispositif médical stérile adapté aux caractéristiques du patient et à la nature de l’incision ;
- choisir les instruments correspondant à la technique et aux caractéristiques du patient ;
- mettre en œuvre les différentes techniques de fermeture ;
- contrôler la fermeture et le drainage et identifier les anomalies.
Un décret du 23 octobre 2024 met en place un dispositif transitoire valable jusqu’en 2031, qui autorise les infirmiers diplômés d’État (non IBODE) à accomplir au bloc les mêmes actes qu’un IBODE, sous réserve d’une autorisation préfectorale.
Conditions pour obtenir l'autorisation :
- être affecté au bloc,
- justifier d’au minimum un an d’exercice en bloc en équivalent temps plein au cours des 3 dernières années.
Ce décret a été très contesté par les IBODE, qui en ont sollicité l’annulation devant le Conseil d’État, sans succès.
À ce jour, les infirmiers diplômés d’État expérimentés, répondant aux conditions posées par le décret, sont donc autorisés à pratiquer les sutures.
Les infirmiers aux urgences pour les sutures simples
Un arrêté du 6 mars 2020 autorise les infirmiers diplômés d'État à réaliser des sutures de plaie simple en lieu et place d'un médecin, au service des urgences.
Le champ de compétences de l’infirmier est restreint dans la mesure où il ne peut intervenir sur tous types de sutures et pour tous types de patients.
Les conditions
Les conditions suivantes doivent être réunies :
- Une plaie simple, c’est-à-dire : peu profonde, linéaire ou en S, sans perte de substance saignante, de taille inférieure à celle de la paume de la main, à distance d'un orifice naturel, peu ou pas souillée, sans fracture ou luxation fermée sous-jacente, non délabrante. Si un seul de ces critères est exclu, la plaie ne peut être considérée comme simple et l’infirmier ne peut la suturer.
- Tout patient est concerné, à l’exception de ceux à risque de chronicisation, ou ayant refusé l’intervention de l’infirmier, ou présentant une agitation liée à une confusion, une démence, une consommation de stupéfiants ou d'alcool ou manifestant une agressivité manifeste.
- Le patient doit avoir été informé et avoir donné son consentement éclairé à la réalisation de la suture par l’infirmier.
- L’infirmier doit avoir reçu une formation à la réalisation d’une suture avec des points simples, avec colle, avec agrafe, ainsi qu’à la réalisation d’une anesthésie locale et aux conditions d'asepsie conformes.
Que peut faire l’infirmier concrètement ?
La réalisation des sutures n'est pas une compétence propre.
Elle s'exerce sur prescription d'un médecin, intervenant après plusieurs étapes :
- l'infirmier sollicite le médecin pour toute situation pouvant relever de ce protocole ;
- le médecin explore la plaie, effectue le lavage, le parage, etc., en présence de l’infirmier ;
- il élimine les éventuels corps étrangers ;
- il s'assure que le patient répond bien aux critères d'inclusion ;
- il prescrit si besoin un antalgique et pose l'indication de la suture et de la technique à utiliser.
Une fois qu'il dispose de la prescription du médecin, l'infirmier doit réaliser plusieurs étapes :
- vérifier le statut vaccinal antitétanique et si le patient n'est pas à jour, prescrire et administrer le vaccin ;
- réaliser l'anesthésie locale ;
- réaliser la suture selon la technique préalablement déterminée par le médecin ;
- rédiger un compte-rendu dans le dossier de soins informatisé ;
- rédiger une ordonnance de sortie portant sur les soins de plaie (ablation de fils ou d'agrafes, en précisant dans quel délai).
Les IPA
Selon l’arrêté du 11 mars 2022, les IPA (infirmiers de pratique avancée) sont compétents pour réaliser sans prescription médicale des sutures (sauf visage et mains) comprenant les arcades sourcilières, le crâne et la pose/ablation de crins.

