De nouvelles compétences pour le kinésithérapeute : la prise en charge de douleurs lombaires aiguës et de torsion de cheville

Le 27.05.2021 par Stéphanie Tamburini, Juriste MACSF
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entorse cheville

Par deux arrêtés du 6 mars 2020, le ministre des Solidarités et de la Santé a autorisé, sur tout le territoire national, les masseurs-kinésithérapeutes à réaliser des actes de soins qui, jusqu’à présent, ne faisaient pas partie de leurs compétences. Ces nouveaux actes ne peuvent être mis en œuvre que dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle. Ils s’inscrivent dans le cadre des transferts d'acte ou d'activité de soins entre professionnels de santé, prévus par l'article 51 de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) du 21 juillet 2009.

A NOTER
Une Instruction n° DSS/1B/DGOS/RH2/CNAM/2021/19 du 18 janvier 2021, publiée en mai 2021, donne des informations complémentaires quant à la mise en œuvre de ces deux protocoles. 

La prise en charge du traumatisme en torsion de la cheville

L’arrêté du 6 mars 2020 prévoit un accès direct au kinésithérapeute, sans nécessité d’une prescription médicale préalable, pour la prise en charge d’une torsion de cheville, dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle de type maison ou centre de santé.

Que peut faire le kinésithérapeute ?

  • Pratiquer l’examen clinique et poser le diagnostic d’entorse.
  • Poser l'indication d'un traitement antalgique, d’une chevillère stabilisatrice, d’un repos relatif avec application de glace et d’une surélévation en position assise ou couchée.
  • Prescrire des cannes anglaises si nécessaire.
  • Prescrire des séances de kinésithérapie dès amélioration de la douleur.
  • Vérifier l’indication d’une radiographie et la prescrire en cas de besoin.
  • Prescrire un arrêt de travail éventuel.
  • Rechercher d’éventuels facteurs de risques thrombo-emboliques.

A quelles conditions la prise en charge d’une torsion de cheville est-elle autorisée ?

  • Le patient doit être âgé de 18 à 55 ans.
  • Il doit présenter un traumatisme de la cheville en torsion, récent.
  • Le consentement du patient doit être recueilli avant de commencer la prise en charge.
  • Une formation préalable de 10 heures, dispensée par un médecin, est nécessaire.
  • Le médecin doit être joignable au moins par téléphone ou téléconsultation par le kinésithérapeute, et il doit impérativement être consulté s’il existe un risque thrombo-embolique ou si le kinésithérapeute ne peut en confirmer l’absence.
  • La traçabilité doit être assurée dans le dossier du patient.

Dans quels cas la prise en charge par le kinésithérapeute est-elle exclue ?

Les exclusions sont nombreuses et détaillées dans l’annexe de l'arrêté du 6 mars 2020.

On peut citer par exemple l’existence :

  • d’une plaie,
  • d’un polytraumatisme,
  • d’un appui impossible persistant 24 heures après le traumatisme,
  • en cas de traitement anticoagulant,
  • d’antécédents d’entorse sur la même cheville, etc.

La prise en charge de la douleur lombaire aiguë datant de moins de 4 semaines

L’arrêté du 6 mars 2020 prévoit un accès direct au kinésithérapeute, sans nécessité d’une prescription médicale préalable, pour la prise en charge de la douleur lombaire aiguë inférieure à 4 semaines, dans le cadre d’une structure pluri-professionnelle de type maison ou centre de santé.

Que peut faire le kinésithérapeute ?

  • Poser le diagnostic de la lombalgie commune.
  • Poser l'indication d'un traitement antalgique et prescrire des AINS ou du paracétamol grâce à une ordonnance-type.
  • Prescrire un bilan et des séances de kinésithérapie pour les patients qui ont un risque de passage à la chronicité.
  • Veiller à l’éducation thérapeutique du patient.
  • Prescrire un arrêt de travail éventuel.

A quelles conditions la prise en charge de la douleur lombaire aiguë est-elle autorisée ?

  • Le patient doit être âgé de 20 à 55 ans.
  • Il doit présenter une douleur lombaire située entre la charnière thoraco-lombaire et le pli fessier inférieur.
  • L'évolution des douleurs doit dater de moins de 4 semaines.
  • Le médecin traitant du patient doit se trouver dans une maison de santé, un centre de santé ou une équipe de soins primaires avec un système d'information partagée.
  • Le consentement du patient doit être recueilli avant de commencer la prise en charge.
  • Une formation préalable de 10 heures, dispensée par un médecin, est nécessaire.
  • Le médecin doit être joignable au moins par téléphone ou téléconsultation par le kinésithérapeute.
  • La traçabilité doit être assurée dans le dossier du patient.

Dans quels cas la prise en charge par le kinésithérapeute est-elle exclue ?

Les exclusions sont nombreuses et ne peuvent toutes être détaillées ici. Elles figurent en annexe de l'arrêté du 6 mars 2020.

Il s'agit par exemple de l'existence :

  • d'une fièvre, de douleurs inflammatoires,
  • d’une grossesse,
  • de la présence de douleurs thoraciques,
  • des antécédents de cancer,
  • de l’existence d'une plaie à proximité du rachis,
  • d’une immunodéficience, etc.

Ces signes doivent être considérés par le kinésithérapeute comme des "drapeaux rouges" qui excluent une prise en charge directe.

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