De nouvelles perspectives pour la profession d'infirmière

Le 20.01.2020
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn
article infirmière

La profession d’infirmière a connu depuis deux ans des évolutions sans précédent. De nouvelles perspectives s’offrent à elle, l’amenant à jouer un rôle plus important dans le champ des soins dits de proximité, en coordination avec les médecins traitants.

L’exercice de la profession d’infirmière couvre un spectre large : analyse, organisation, réalisation de soins infirmiers et leur évaluation, contribution au recueil de données cliniques et épidémiologiques et participation à des actions de prévention, de dépistage, de formation et d’éducation à la santé.  La loi relative à l'organisation et à la transformation du système de santé « Ma Santé 2022 » a introduit de nouvelles prérogatives et obligations, relatives au maintien à domicile des patients. Objectif : favoriser les soins de proximité, en améliorant la prise en charge de ces derniers par une meilleure coordination des soins dans le secteur ambulatoire. 

Se former pour garantir les compétences

La loi « Ma Santé 2022 » introduit de nouvelles mesures :

  • La possibilité pour les infirmiers d'adapter les posologies dans le cadre de certaines pathologies ;
  • Le droit de prescrire des solutions antiseptiques et du sérum physiologique ;
  • Une simplification du dispositif d'appui à la coordination des parcours complexes (MAIA, réseaux, PTA sont fusionnés) ;
  • L'introduction du Télésoin, versant de la Télésanté pour les infirmiers ;
  • La réforme du dispositif des protocoles de coopérations interprofessionnelles (art 51 loi HPST transposé en art 60 dans la loi « Ma Santé »).

Des décrets sont encore en attente de parution bien que leur publication ait été annoncée pour avant 2020. Elle introduit également une procédure de re-certification des compétences à échéances régulières au cours de la vie professionnelle, dont le processus sera détaillé dans des ordonnances qui devront être prises d’ici juin 2021

Infirmière en pratique avancée

La même loi pose également le cadre juridique de ce que l’on appelle « la pratique avancée » pour les infirmiers. Il s’agit d'un mode d’exercice qui a cours dans de nombreux pays et que le gouvernement a choisi de déployer au sein d’une équipe, en commençant par la profession d’infirmier. Cette pratique pourra prendre plusieurs formes :

  • Au sein d’une équipe de soins primaires, coordonnée par le médecin traitant ;
  • Au sein d’une équipe de soins en établissements de santé ou en établissements médico-sociaux coordonné par un médecin ;
  • En assistance d’un médecin spécialiste, hors soins primaires, en pratique ambulatoire.

L’objectif de cette ouverture a été de diversifier l’exercice des professionnels paramédicaux et de développer les perspectives de carrière.

Les nouveaux domaines d’intervention de l’infirmier

L’infirmier en pratique avancée (IPA) participe à la prise en charge globale d’un patient dont le suivi lui est confié par une équipe médicale. La conduite du diagnostic et les choix thérapeutiques sont définis par ce médecin. Un protocole d’organisation entre IPA et médecin doit être établi. Les domaines d’intervention en pratique avancée peuvent comporter :

  • Des activités d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage ;
  • Des actes d’évaluation et de conclusion clinique, des actes techniques et des actes de surveillance clinique et paraclinique ;
  • Des prescriptions de produits de santé non-soumis à prescription médicale obligatoire, des prescriptions d’examens complémentaires et des renouvellements ou adaptations de prescriptions médicales.

Dans le secteur ambulatoire, les IPA seront amenés à suivre des patients qui leur auront été confiés par un médecin, avec son accord et celui de ses patients. Ils verront régulièrement ces derniers pour le suivi de leurs pathologies, en fonction des conditions prévues par l’équipe.
Quatre domaines d’intervention sont définis dans un 1er temps pour les IPA :

Les pathologies chroniques stabilisées et les polypathologies courantes en soins primaires ;

  • L’oncologie et l’hémato-oncologie ;
  • La maladie rénale chronique, la dialyse, la transplantation rénale ;
  • La psychiatrie et santé mentale.

400 infirmiers sont actuellement en formation IPA dans 8 régions et les premiers seront en exercice à partir de 2020. Depuis la rentrée 2019-20, la pratique avancée s’ouvrira à la santé mentale et la psychiatrie.

L’infirmier libéral au cœur de la coordination des soins

Enfin, le développement des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), prévues par la loi « Ma Santé 2022 » devrait également renforcer le rôle des infirmiers libéraux. « La mise en place des CPTS va se décanter sur le terrain et la réalité va s’inscrire sur le territoire », commente dans ce registre le Dr Théo Combes, président de la CPTS du pays de Gaillac (81). Ainsi, les professionnels de santé d’une CPTS auront à écrire leur « projet de santé », puis devront adresser une lettre d’intention à leur Agence régionale de santé en vue de l’obtention d’un budget, accordé après validation de leur CPAM et de l’ARS. Cette procédure, inscrite dans la loi, devra être suivie par chaque CPTS en construction. La téléconsultation d’équipe qui intègre l’infirmier(e) pourra faire partie des outils numériques utilisables dans une CPTS.

Il s’agira de proposer « une prise en charge des patients de qualité au bon moment et avec les bonnes personnes », estime Patrick Chamboredon, président de l'Ordre national des infirmiers. Pour ce dernier, en effet, « la coordination est au cœur du métier infirmier. Il faut donc saisir la nouvelle place qui se dessine pour la profession en restant ouvert et force de propositions pour une organisation des soins de proximité novatrice et efficiente. »

Dans ce registre, l’Accord Conventionnel Interprofessionnel (ACI), signé en juin 2019, ouvre la voie au développement et la généralisation de l'exercice coordonné des professionnels de santé. Il entraîne « l’organisation de véritables prises en charge pluriprofessionnelles du patient avec prise en compte de toutes les compétences des différents professionnels de santé », note dans ce registre le Syndicat National des Infirmières et Infirmiers Libéraux (Sniil), signataire de l’accord. Cet ACI s’inscrit dans la continuité de l’engagement pris en faveur de l’exercice coordonné pluriprofessionnel et vient compléter l’ACI relatif aux Maisons de Santé pluridisciplinaire (MSP).

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn
La solution MACSF
RCP-PJ Hospitaliers et Salariés

Indispensable pour vous défendre en cas de mise en cause par un patient, le contrat RCP-PJ facilite le règlement de vos litiges d'ordre privé ou professionnel.

La communauté MACSF

Un forum avec plus de 500 000 professionnels de santé prêts à échanger sur vos pratiques professionnelles, votre mode d’exercice ou votre matériel…

Solliciter la communauté

L'application MACSF

Accédez à votre espace personnel et toutes ses fonctionnalités sur votre mobile !

Les newsletters

Recevez toute l’actualité sur votre profession/spécialité ainsi que nos offres dédiées.

S'abonner

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une navigation optimale et bénéficier de contenus et services adaptés.

×