E-santé, m-santé, objets connectés : décryptage pour les soignants

Le 22.01.2021 par MACSF
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Le DMP a pour but d’améliorer la coordination, la prise en charge et la continuité des soins, notamment en cas d’urgence médicale.

À l’ère du numérique et au même titre que les autres secteurs économiques, l’univers de la santé n'échappe pas à la digitalisation et au recours à l’intelligence artificielle. L'e-santé prend donc de plus en plus de place dans la vie des patients et des soignants, en révolutionnant les pratiques et les relations. Mais concrètement, qu’entend-on par e-santé ? Et quelles sont les conséquences sur le métier de soignant ?

L’e-santé : quelles perspectives ?

Les applications de la santé numérique sont déjà nombreuses, et l’avancée des nouvelles technologies suggère une médecine basée sur un nouveau modèle dans les années à venir :

  • Une transmission de données facilitée entre les professionnels de santé, notamment à l’hôpital grâce à un nouveau système d’information 
  • Le passage d’une médecine globalement curative vers un modèle préventif et prédictif 
  • Une connaissance approfondie du patient, pour une médecine sur-mesure

Qu’est-ce que le Dossier Médical Personnalisé (DMP) ?

« Ma santé 2022 » est le nom de la stratégie annoncée par le gouvernement à l’automne 2018 : elle propose une transformation profonde du système de santé français et de son fonctionnement. Cette vision implique notamment une mobilisation importante des technologies numériques.

Dès 2021, le DMP, non-obligatoire à ce jour, sera automatiquement créé et alimenté par l’ensemble des professionnels de santé. Celui-ci rassemble l’historique des données de santé d’un patient et est accessible 24/24 par l’ensemble des professionnels intervenant dans son parcours de soins. 

Le DMP a pour but d’améliorer la coordination, la prise en charge et la continuité des soins, notamment en cas d’urgence médicale.

Focus sur la télémédecine : la santé à distance

La pratique médicale à distance permet, grâce aux technologies de l’information et de la communication, de mettre en relation un ou plusieurs soignants, entre eux ou avec un patient.

Elle n’a pas pour vocation de remplacer la médecine traditionnelle en présentiel, mais aide à répondre à certains défis comme le vieillissement de la population, les déserts médicaux, ou le suivi des maladies chroniques.

La téléexpertise

Elle offre la possibilité à un professionnel de santé de solliciter à distance l’avis d’un ou de plusieurs autres professionnels médicaux, en fonction de leurs connaissances ou expériences dans un domaine particulier.

La téléexpertise facilite la mutualisation des connaissances médicales, peut éviter au patient une consultation supplémentaire auprès d’un spécialiste, et favorise ainsi la continuité des soins.

La téléconsultation

Grâce aux nouvelles technologies, il est possible d'obtenir une consultation médicale à distance grâce à la vidéo. Cette pratique existe depuis quelques années déjà et facilite l’accès aux soins. 

Elle peut être une alternative à la visite en présentiel dans de nombreux cas :

  • départ en vacances 
  • personnes vivant dans des zones rurales 
  • épidémies 
  • ...

Elle a l’avantage d’être prise en charge par l’assurance maladie.

De nombreuses solutions techniques existent désormais pour faciliter la prise en charge de la téléconsultation : Leah, plateforme de téléconsultation, ou encore Ordoclic, qui permet la délivrance d'ordonnances directement disponibles en ligne et accessibles sur le compte du patient grâce à sa carte vitale.

La télésurveillance

Elle permet à un médecin d’interpréter à distance les données de suivi médical d’un patient grâce à l’installation d’appareils et de capteurs à son domicile. 

Elle s’adresse tout particulièrement aux personnes âgées ou aux patients porteurs d’une maladie chronique comme le diabète ou l’hypertension. 

Ces appareils (tensiomètre, électrocardiogramme, lecteur de glycémie) vont permettre de collecter et de stocker des données sur la santé des patients pour un meilleur suivi, notamment des personnes en perte d’autonomie. 

Elle permet également le maintien à domicile ou le retour anticipé des patients après une hospitalisation.

La m-santé

La m-santé ou santé mobile a pour but de :

  • collecter des données sur la santé des patients 
  • les traiter 
  • les transmettre aux professionnels de santé 
  • donner l’alerte en cas d’urgence

Elle regroupe différentes technologies qui œuvrent dans un but commun : fournir une aide au diagnostic, soutenir les patients dans le suivi de leurs traitements, et permettre de prévenir les rechutes et les complications.

Les objets connectés, piliers de la santé mobile

De nombreux objets connectés permettent d’évaluer sa propre forme, de progresser dans un sport ou encore de maigrir. Mais d’autres objets destinés à s’intégrer dans une prise en charge de pathologies lourdes sont en développement.

Il s’agit, par exemple, du projet E-Celcius : une pilule à avaler qui mesure et transmet la température du corps afin de prévenir les infections post-opératoires. 

On peut aussi évoquer le patch connecté pour les patients atteints d’Alzheimer, qui émet un signal en cas de chute et permet de secourir plus rapidement la personne.

Les applications mobiles pour les patients

Les applications mobiles pour la santé ont la côte : d’après les projections de MarketsandMarkets, le marché mondial des thérapies numériques devrait atteindre près de 7 milliards de dollars d’ici 2025, avec une croissance annuelle moyenne de 26.7 %. 

Certaines applications se sont particulièrement distinguées ces dernières années comme « Mon coach douleur » pour le suivi de la douleur chez les patients atteints de cancers, ou encore « Stopblues » pour prévenir le suicide.

Les impacts de ces changements sur la vie des soignants

Il n’existe aucun doute sur le fait que l’innovation numérique dans le secteur de la santé est en train de révolutionner le monde de la médecine, avec un impact important sur la vie des soignants :

  • De nouveaux outils tels que la robotique et le numérique bouleversent la relation soignant/patient. Le médecin n’est plus seulement face à un mal, mais aussi à un individu avec lequel il travaille de manière plus globale pour le soigner 
  • Une évolution du rôle du patient qui devient un acteur à part entière de sa santé : il est engagé et prend de mieux en mieux en charge sa pathologie, notamment dans le cas des maladies chroniques 
  • Une plus grande égalité d’accès aux soins grâce à la télémédecine qui soulage les médecins et les patients, en diminuant les allers-retours aux cabinets médicaux, et en évitant des consultations spécialisées inutiles 
  • Des soignants qui bénéficient de plus en plus de soutien dans leur diagnostic, et d’aide en cas de doute. Et cela grâce, notamment, à de nombreuses applis médicales dédiées aux professionnels de la santé.

Sources :
https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/telemedecine/article/la-telemedecine
https://www.ladepeche.fr/article/2016/03/07/2298915-dispositif-sacha-2e-phase-de-test-lancee.html
https://www.ordoclic.fr/

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