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Dimanche 1er novembre à 13h02, Corentin Horeau s'élance de Saint-Malo pour sa première Route du Rhum à destination de la Guadeloupe. À bord de l'IMOCA MACSF, le skipper s'apprête à relever un nouveau défi : traverser l'Atlantique en solitaire à bord d'un monocoque de plus de 18 mètres. Une étape importante dans son projet sportif, avec en ligne de mire le Vendée Globe 2028.
Corentin Horeau, un marin animé par le goût du défi
Originaire de La Trinité-sur-Mer, Corentin Horeau a grandi au contact de la mer. Après une formation à l'École nationale de la marine marchande, il se tourne vers la course au large et construit progressivement son expérience, notamment en Figaro. En 2023, il remporte la Solitaire du Figaro, une victoire qui vient récompenser des années d'engagement et de persévérance.
Avec cette première Route du Rhum en IMOCA, le skipper franchit une nouvelle étape. Il s'apprête à vivre sa première traversée de l'Atlantique en solitaire dans cette classe de monocoques, sur un parcours exigeant qui mettra à l'épreuve sa capacité à gérer son effort, son bateau et ses choix de navigation. Corentin Horeau se confie : « C’est ma première année, alors il faut savoir être indulgent avec soi-même. Bien sûr, j’ai envie de bien faire, comme depuis que je fais du bateau. Mais il y a beaucoup de choses que l’on ne maîtrise pas, c’est le principe même de la course au large. »
Une stratégie de course dictée par la météo
Avant même le départ, les premières décisions stratégiques occupent les esprits. La sortie de la Manche sera l'un des premiers enjeux de la course. Pour l’heure, les prévisions météorologiques en sortie de Manche s’annoncent très bonnes avec un flux de nord-est portant. Le choix de la route nord ou sud devrait être tranché par Corentin lundi 2 novembre dans la journée au vu des conditions météos.
Pour Corentin Horeau, les premières 24 à 48 heures seront déterminantes : « J’ai envie de me mettre dans un état d’esprit de course, comme en Figaro. L’enjeu sera de sortir de la Manche, au bout de 24 à 48 heures, dans une bonne position, aussi bien au classement que sur le plan stratégique. », confie le skipper avant de quitter la terre ferme. Une fois au large, il faudra composer avec les systèmes météo, anticiper leurs évolutions et adapter sa trajectoire au fil des fichiers et des conditions rencontrées.
Un IMOCA optimisé pour la navigation en solitaire
Mis à l'eau le 2 avril dernier, l'IMOCA MACSF a bénéficié de trois mois de chantier pour être préparé à cette nouvelle échéance.
Comme le souligne Alain Gautier, team manager du projet : « Le bateau est prêt avec une configuration optimale dans nos délais. Les trois mois de chantier ont permis de l'optimiser pour la course en solitaire, avec un gros travail sur la consolidation et l'allègement du bateau, pour que Corentin puisse se concentrer sur la performance. »
Pour Corentin Horeau, ces évolutions ont permis de renforcer la fiabilité du bateau et à en connaître les moindres réactions : « C’est important d’avoir confiance dans son bateau et, finalement, presque ne faire qu’un avec lui. Quand on le connaît sur le bout des doigts, on se sent en confiance et on sait exactement ce qu’il faut faire pour le faire accélérer, ralentir, changer de cap, etc. C’était l’un de nos objectifs cette année. »
La MACSF poursuit son engagement dans la course au large
Depuis le lancement de son projet IMOCA, la MACSF accompagne Corentin Horeau dans sa préparation et ses ambitions sportives. Ce partenariat s'inscrit dans une relation fondée sur des valeurs communes : l'engagement, l'anticipation et la confiance.
Autant de qualités essentielles en course au large, où chaque décision compte et où la capacité à anticiper les difficultés est déterminante. À travers ce projet, la MACSF réaffirme également son attachement à la voile et à ses valeurs, ainsi que son engagement auprès de celles et ceux qui prennent des risques pour aller au bout de leurs ambitions.
Pour suivre Corentin pendant sa première Route du Rhum :
« Pendant les premières 24 heures, ma priorité sera de bien me sentir en mer et de mettre en place ma stratégie. Je veux rapidement entrer dans ma course, trouver le bon rythme et faire avancer le bateau au maximum de son potentiel. »
Corentin Horeau, skipper de l'IMOCA MACSF
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À une semaine du départ, quel est ton état d’esprit ?
Il est plutôt positif ! Le stress est encore assez limité, même si je sais que la dernière semaine va être plus intense. J’ai surtout très envie d’y aller, avec forcément un peu d’appréhension face à un événement de cette ampleur. Mais je me dis aussi que j’ai beaucoup de chance d’être là. La Route du Rhum, c’est quelque chose ! Il faut savourer ces moments, parce que ça va passer très vite. Dans quelques jours, on sera déjà de l’autre côté de l’Atlantique.
Est-ce que tu réalises que tu vas bientôt prendre le départ de la Route du Rhum ?
Petit à petit, oui. Le village, les sollicitations, les rencontres… Tout cela permet de prendre conscience de l’événement. En parallèle, j’essaie de le désacraliser en me disant que ce n’est finalement qu’une navigation comme une autre, un peu comme un entraînement de longue durée. Traverser l’Atlantique sur un bateau comme l’IMOCA MACSF, c’est un vrai plaisir. Le bateau est incroyable et l’objectif sera de l’exploiter au mieux. Et puis, il y a la récompense à l’arrivée : rejoindre la Guadeloupe.
Quels sont les derniers préparatifs avant le grand départ ?
Il ne reste plus grand-chose à faire, finalement. Il faut profiter des derniers moments à terre et des proches, préparer mes affaires, me reposer et prendre soin de moi pour éviter de tomber malade. Avec tout le monde qui va passer sur le village, il faut être vigilant. Les journées s’enchaînent vite, entre les sollicitations des médias, les obligations liées à l’organisation et les rencontres avec les sociétaires de la MACSF. Il faut aussi se garder du temps pour travailler la météo, qui va prendre une place de plus en plus importante à l’approche du départ. Je dois également me préserver mentalement. Je vais progressivement me mettre dans ma bulle et me concentrer sur ce que j’ai à faire. Ensuite, ce sera à moi de jouer !
Quel est ton objectif sur cette Route du Rhum ?
L’objectif est toujours d’aller le plus haut possible et de donner le meilleur de moi-même. Le chemin compte autant que le résultat : je veux faire une belle navigation, prendre du plaisir et continuer à bien prendre mes marques sur ce bateau. C’est seulement ma première saison en solitaire, donc il y a encore beaucoup à apprendre. J’ai envie de tenir le rythme des premiers et de me battre avec eux pour les meilleures places. C’est ce qui m’anime. Je n’aime pas trop annoncer un objectif chiffré : je veux surtout donner le maximum et ne rien regretter à l’arrivée.
Quelles seront les premières difficultés à gérer, notamment dans les premières 24 heures ?
Le départ en Manche sera certainement l’un des moments les plus délicats. Il faudra composer avec les autres bateaux, probablement du vent fort, la pression liée à l’événement et le trafic maritime, notamment les cargos. L’arrivée en Guadeloupe sera elle aussi technique, avec le contournement de l’île, des zones de faible vent et la présence de pêcheurs.
Pendant les premières 24 heures, ma priorité sera de bien me sentir en mer et de mettre en place ma stratégie. Je veux rapidement entrer dans ma course, trouver le bon rythme et faire avancer le bateau au maximum de son potentiel. J’ai envie de me mettre dans un état d’esprit de course, comme en Figaro, pour ne pas regretter de ne pas avoir assez poussé et éviter de me faire distancer dès le début. L’enjeu sera de sortir de la Manche, au bout de 24 à 48 heures, dans une bonne position, aussi bien au classement que sur le plan stratégique.
Quel conseil te donnerais-tu avant de larguer les amarres ?
Je me dirais de rester posé et calme et d’essayer de tirer du positif de chaque situation. Il y aura forcément des déceptions pendant la course : une petite casse, un choix météo qui ne fonctionne pas, un moment où le bateau avance moins vite que prévu… L’important sera de ne pas basculer dans un état d’esprit négatif, mais de chercher à rebondir à chaque fois. Il faut rester positif.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour cette Route du Rhum ?
Déjà, d’arriver de l’autre côté et de faire une belle transat, en prenant du plaisir et en étant en phase avec le bateau. J’espère être connecté avec l’IMOCA MACSF, trouver le bon équilibre et réussir une belle course.