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Guirec Soudée franchit Bonne-Espérance, le dernier cap de son tour du monde à l’envers

Guirec Soudée franchit Bonne-Espérance, le dernier cap de son tour du monde à l’envers

Publié le 06/03/2026

Nouvelle étape franchie dans le défi de Guirec Soudée. Toujours en avance dans sa tentative de record du tour du monde à l’envers, le navigateur a passé ce vendredi 6 mars le cap de Bonne-Espérance à bord de l’Ultim MACSF, malgré une avarie sur son safran tribord. Il entame désormais la remontée de l’Atlantique.

 

Une nouvelle étape majeure vient d’être franchie dans le tour du monde à l’envers entrepris par Guirec Soudée à bord de l’Ultim MACSF. Le navigateur a passé le cap de Bonne-Espérance ce vendredi 6 mars à 9 h 34 TU, après 72 jours, 22 heures et 58 minutes de navigation. Il devient ainsi le premier marin solitaire à franchir les trois caps mythiques d’un tour du monde à l’envers en multicoque. 

Après le cap Horn puis le cap Leeuwin, franchi le 18 février dernier, ce troisième cap marque une étape symbolique dans ce défi hors norme.  

 

Un passage stratégique dans des conditions exigeantes 

Le passage du cap de Bonne-Espérance s’est accompagné d’un nouveau défi météorologique. À l’approche de l’Afrique australe, Guirec Soudée a dû s’écarter rapidement des côtes afin de pouvoir ensuite remonter vers le nord avant l’arrivée d’une dépression active. 

Cette zone constitue un point de convergence entre l’océan Atlantique, l’océan Indien et l’océan Austral. Elle est notamment marquée par la présence du courant des Aiguilles, susceptible de générer des mers très fortes lorsque le vent s’y oppose. Dans ce contexte, la gestion de la trajectoire et du timing était déterminante pour franchir le cap dans les meilleures conditions possibles. 

À ces contraintes météorologiques s’est ajouté un trafic maritime particulièrement dense, composé de cargos et de grands navires marchands : une situation qui augmente la vigilance nécessaire à bord et complique le repos du navigateur. 

 

Un incident technique surmonté 

Le navigateur a également dû composer avec un incident technique survenu quelques jours avant son passage de Bonne-Espérance. Le 1er mars, Guirec Soudée a en effet constaté une avarie sur le safran tribord de son trimaran. 

safran-endommage.jpg

 

Cette dégradation l’a conduit à adapter sa navigation afin de ne pas aggraver les dommages, en limitant notamment la sollicitation du bateau lorsqu’il naviguait bâbord amure. Une précaution susceptible de ralentir légèrement sa progression, même si les conditions attendues dans l’Atlantique devraient lui permettre de naviguer majoritairement sur son bord favorable. 

Malgré cette contrainte, Guirec Soudée a poursuivi sa progression vers l’Afrique australe. À la veille de son passage du Cap de Bonne-Espérance, il avait déjà parcouru 28 702 milles nautiques depuis le départ, soit près de 53 000 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 16,6 nœuds et environ 3 700 milles nautiques d’avance sur le temps de référence. 

 

Cap vers l’Atlantique et la dernière ligne droite

Guirec Soudée quitte désormais les latitudes extrêmes du Grand Sud. Une transition qui marque aussi un moment particulier pour le navigateur : « C’est bon ! Je viens de virer de bord et je fais route vers le nord de l’Atlantique. Il y a encore un peu de mauvais temps, mais le plus gros est derrière. Petit à petit le vent viendra plus de l’arrière, les vagues vont se caler dans le bon sens et ce sera de plus en plus confortable. Je suis un peu nostalgique parce que là, ça y est, le Grand Sud c’est fini ! » 

Malgré l’avance accumulée sur le record, le navigateur reste concentré sur son objectif principal : boucler la boucle en sécurité. La route vers Ouessant reste encore longue et comporte plusieurs zones exigeantes, notamment le passage du Pot-au-Noir et la traversée du golfe de Gascogne. 

Après plus de 72 jours de mer, l’Ultim MACSF file désormais vers le nord de l’Atlantique pour la dernière partie de ce tour du monde à l’envers.

 

Suivre la remontée de l'Atlantique de Guirec Soudée

À lire également

 

 

Un tour du monde exigeant

Engagé dans une tentative de record du tour du monde à l’envers, Guirec Soudée s’est lancé dans un défi hors normes accompagné par la MACSF : parcourir les océans à contre-courant, avec l’ambition de repousser les records établis jusqu’ici. Depuis le départ, l’acclimatation progressive aux conditions du large et la diversité des situations météorologiques mobilisent pleinement le skipper MACSF. La succession de systèmes instables ne lui a pas permis d’installer un rythme de repos régulier, rendant l’exercice d’autant plus exigeant. Il témoigne : « Ces 10 derniers jours, la météo était très instable, j'ai dû beaucoup manœuvrer, j'ai eu beaucoup de zones de transition avec beaucoup de zones de molle, sans vent, c'était un peu fatigant ». En poursuivant sa descente vers le cap Horn le long des côtes brésiliennes, Guirec affichait néanmoins une avance de huit jours sur le record de référence avant ce passage clé.

 

Le cap Horn, un passage redouté des marins

C’est dans la nuit de mardi à mercredi que Guirec Soudée a franchi la longitude du cap Horn, après près de trois semaines de navigation. Il devient l’un des rares marins à réussir ce passage mythique à contre-sens, en solitaire, face aux vents dominants d’ouest. Une phase délicate du parcours, qui impose une attention constante et une gestion rigoureuse du bateau.

Situé à l’extrême sud du continent américain, le cap Horn marque la frontière entre l’Atlantique et le Pacifique, dans une zone où les conditions météorologiques sont parmi les plus hostiles de la planète. Falaise sombre culminant à plus de 400 mètres, ce cap a été, entre le XVIIIᵉ et le début du XXᵉ siècle, l’un des passages les plus redoutés de la navigation à voile. On estime que plus de 800 navires y ont coulé et que près de 10 000 marins y ont perdu la vie.  

 

Une préparation minutieuse avant l’épreuve

À l’approche du cap Horn, la vigilance a été de mise. Ces derniers jours, Guirec a dû composer avec des zones de pêche très fréquentées, l’amenant à réduire drastiquement ses temps de repos afin de limiter tout risque de collision. Il a également procédé à un contrôle technique complet de son IMOCA Ultim MACSF, notamment au niveau du puits de foil, afin d’aborder ce passage dans les meilleures conditions possibles.

Cette phase de préparation était essentielle : à ces latitudes, chaque manœuvre exige une concentration maximale, d’autant plus que les températures ont nettement chuté, avoisinant les 10 °C à proximité des îles Malouines. 

Pour en savoir plus sur la préparation de Guirec à ce tour du monde, la MACSF a réalisé un entretien avec son skipper juste avant son départ.

 

Des chiffres qui témoignent de la performance

Au passage du cap Horn, Guirec Soudée signe un temps de 21 jours, 18 heures et 44 minutes. Il a déjà parcouru 6 595 milles nautiques, soit plus de 12 200 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 13,7 nœuds. Il affiche également une avance significative sur le record, avec plus de 2 000 milles nautiques d’avance.

Ce passage marque également la latitude la plus australe du parcours, un cap symbolique autant qu’un défi sportif et humain. 

 

Une vigilance maintenue après le passage du cap

Le skipper MACSF a exploité une fenêtre météorologique lui permettant de franchir le cap dans des conditions « acceptables » selon le navigateur, ce qui signifie « musclées » pour le Cap Horn, avec des vents soutenus et une mer formée. La prudence reste toutefois de mise dans les jours à venir. « Je me réjouirai vraiment dans trois ou quatre jours », explique-t-il, évoquant l’arrivée de systèmes dépressionnaires marqués, avec une mer pouvant atteindre 5 mètres et des vents déjà proches de 33 nœuds, appelés à se renforcer jusqu’à 40 voire 50 nœuds.  

En franchissant le cap Horn, Guirec Soudée confirme son engagement, sa maîtrise et la fiabilité de l’Ultim MACSF. Une étape clé est désormais franchie, avant de poursuivre la route vers des latitudes plus clémentes, sans jamais relâcher l’attention. 

Pour suivre le parcours de Guirec Soudée en temps réel tout au long de son tour du monde : cartographie interactive 

Un tour du monde à contre-courant 

Guirec Soudée s’engage dans l’un des défis maritimes les plus ambitieux : un tour du monde en solitaire, réalisé à contre-sens des grandes routes océaniques. Contrairement aux épreuves de référence comme le Vendée Globe, ce parcours s’effectue face aux vents dominants et aux principaux courants marins, rendant la navigation plus lente, plus technique et particulièrement éprouvante sur la durée. 

Au départ et à l’arrivée de Brest, le navigateur breton devra parcourir près de 40 000 milles nautiques, en contournant les grandes dépressions de l’hémisphère Sud. Le parcours conduira Guirec à franchir successivement le Cap Horn, le Cap Leeuwin puis le Cap de Bonne-Espérance, avant un retour vers l’Atlantique Nord.  

Le record du tour du monde à l’envers en solitaire est détenu depuis 2004 par Jean-Luc Van Den Heede, en monocoque, en 122 jours et 14 heures. En multicoque, seules deux tentatives ont été engagées à ce jour, sans qu’aucune n’ait pu être menée à son terme. 

 

Le défi en chiffres
 

tour-du-monde-en-chiffres.jpg

 

L’Ultim MACSF, un trimaran conçu pour l’endurance 

Pour relever ce défi, Guirec Soudée s’appuie sur le maxi trimaran Ultim MACSF, un bateau emblématique de la course au large. Long de 31 mètres et large de 21,2 mètres, ce multicoque est l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson, vainqueur du Trophée Jules Verne en 2004. Entièrement reconstruit en 2014, il se distingue par sa robustesse et par des foils simples, moins exposés à la casse que ceux de dernière génération. 

Ces caractéristiques techniques constituent un atout majeur pour une navigation longue et exigeante, notamment dans les mers du Sud, où la fiabilité du bateau est déterminante. 

 

Suivre le tour du monde de Guirec Soudée 

Une cartographie interactive permet de suivre en temps réel la progression de Guirec Soudée tout au long de son tour du monde à l’envers. 

 

 

La MACSF maintient son engagement dans la voile 

Ce tour du monde à l’envers s’inscrit dans une année de transition pour le programme IMOCA MACSF, entre la participation au Vendée Globe 2024-2025 et le lancement d’un nouveau cycle à partir de 2026. En soutenant Guirec Soudée dans ce projet hors normes, la MACSF maintient une présence forte et cohérente dans l’univers de la voile. 

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  • Un tour du monde exigeant

    Engagé dans une tentative de record du tour du monde à l’envers, Guirec Soudée s’est lancé dans un défi hors normes accompagné par la MACSF : parcourir les océans à contre-courant, avec l’ambition de repousser les records établis jusqu’ici. Depuis le départ, l’acclimatation progressive aux conditions du large et la diversité des situations météorologiques mobilisent pleinement le skipper MACSF. La succession de systèmes instables ne lui a pas permis d’installer un rythme de repos régulier, rendant l’exercice d’autant plus exigeant. Il témoigne : « Ces 10 derniers jours, la météo était très instable, j'ai dû beaucoup manœuvrer, j'ai eu beaucoup de zones de transition avec beaucoup de zones de molle, sans vent, c'était un peu fatigant ». En poursuivant sa descente vers le cap Horn le long des côtes brésiliennes, Guirec affichait néanmoins une avance de huit jours sur le record de référence avant ce passage clé.

     

    Le cap Horn, un passage redouté des marins

    C’est dans la nuit de mardi à mercredi que Guirec Soudée a franchi la longitude du cap Horn, après près de trois semaines de navigation. Il devient l’un des rares marins à réussir ce passage mythique à contre-sens, en solitaire, face aux vents dominants d’ouest. Une phase délicate du parcours, qui impose une attention constante et une gestion rigoureuse du bateau.

    Situé à l’extrême sud du continent américain, le cap Horn marque la frontière entre l’Atlantique et le Pacifique, dans une zone où les conditions météorologiques sont parmi les plus hostiles de la planète. Falaise sombre culminant à plus de 400 mètres, ce cap a été, entre le XVIIIᵉ et le début du XXᵉ siècle, l’un des passages les plus redoutés de la navigation à voile. On estime que plus de 800 navires y ont coulé et que près de 10 000 marins y ont perdu la vie.  

     

    Une préparation minutieuse avant l’épreuve

    À l’approche du cap Horn, la vigilance a été de mise. Ces derniers jours, Guirec a dû composer avec des zones de pêche très fréquentées, l’amenant à réduire drastiquement ses temps de repos afin de limiter tout risque de collision. Il a également procédé à un contrôle technique complet de son IMOCA Ultim MACSF, notamment au niveau du puits de foil, afin d’aborder ce passage dans les meilleures conditions possibles.

    Cette phase de préparation était essentielle : à ces latitudes, chaque manœuvre exige une concentration maximale, d’autant plus que les températures ont nettement chuté, avoisinant les 10 °C à proximité des îles Malouines. 

    Pour en savoir plus sur la préparation de Guirec à ce tour du monde, la MACSF a réalisé un entretien avec son skipper juste avant son départ.

     

    Des chiffres qui témoignent de la performance

    Au passage du cap Horn, Guirec Soudée signe un temps de 21 jours, 18 heures et 44 minutes. Il a déjà parcouru 6 595 milles nautiques, soit plus de 12 200 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 13,7 nœuds. Il affiche également une avance significative sur le record, avec plus de 2 000 milles nautiques d’avance.

    Ce passage marque également la latitude la plus australe du parcours, un cap symbolique autant qu’un défi sportif et humain. 

     

    Une vigilance maintenue après le passage du cap

    Le skipper MACSF a exploité une fenêtre météorologique lui permettant de franchir le cap dans des conditions « acceptables » selon le navigateur, ce qui signifie « musclées » pour le Cap Horn, avec des vents soutenus et une mer formée. La prudence reste toutefois de mise dans les jours à venir. « Je me réjouirai vraiment dans trois ou quatre jours », explique-t-il, évoquant l’arrivée de systèmes dépressionnaires marqués, avec une mer pouvant atteindre 5 mètres et des vents déjà proches de 33 nœuds, appelés à se renforcer jusqu’à 40 voire 50 nœuds.  

    En franchissant le cap Horn, Guirec Soudée confirme son engagement, sa maîtrise et la fiabilité de l’Ultim MACSF. Une étape clé est désormais franchie, avant de poursuivre la route vers des latitudes plus clémentes, sans jamais relâcher l’attention. 

    Pour suivre le parcours de Guirec Soudée en temps réel tout au long de son tour du monde : cartographie interactive 

  • Un tour du monde à contre-courant 

    Guirec Soudée s’engage dans l’un des défis maritimes les plus ambitieux : un tour du monde en solitaire, réalisé à contre-sens des grandes routes océaniques. Contrairement aux épreuves de référence comme le Vendée Globe, ce parcours s’effectue face aux vents dominants et aux principaux courants marins, rendant la navigation plus lente, plus technique et particulièrement éprouvante sur la durée. 

    Au départ et à l’arrivée de Brest, le navigateur breton devra parcourir près de 40 000 milles nautiques, en contournant les grandes dépressions de l’hémisphère Sud. Le parcours conduira Guirec à franchir successivement le Cap Horn, le Cap Leeuwin puis le Cap de Bonne-Espérance, avant un retour vers l’Atlantique Nord.  

    Le record du tour du monde à l’envers en solitaire est détenu depuis 2004 par Jean-Luc Van Den Heede, en monocoque, en 122 jours et 14 heures. En multicoque, seules deux tentatives ont été engagées à ce jour, sans qu’aucune n’ait pu être menée à son terme. 

     

    Le défi en chiffres
     

    tour-du-monde-en-chiffres.jpg

     

    L’Ultim MACSF, un trimaran conçu pour l’endurance 

    Pour relever ce défi, Guirec Soudée s’appuie sur le maxi trimaran Ultim MACSF, un bateau emblématique de la course au large. Long de 31 mètres et large de 21,2 mètres, ce multicoque est l’ancien Géronimo d’Olivier de Kersauson, vainqueur du Trophée Jules Verne en 2004. Entièrement reconstruit en 2014, il se distingue par sa robustesse et par des foils simples, moins exposés à la casse que ceux de dernière génération. 

    Ces caractéristiques techniques constituent un atout majeur pour une navigation longue et exigeante, notamment dans les mers du Sud, où la fiabilité du bateau est déterminante. 

     

    Suivre le tour du monde de Guirec Soudée 

    Une cartographie interactive permet de suivre en temps réel la progression de Guirec Soudée tout au long de son tour du monde à l’envers. 

     

     

    La MACSF maintient son engagement dans la voile 

    Ce tour du monde à l’envers s’inscrit dans une année de transition pour le programme IMOCA MACSF, entre la participation au Vendée Globe 2024-2025 et le lancement d’un nouveau cycle à partir de 2026. En soutenant Guirec Soudée dans ce projet hors normes, la MACSF maintient une présence forte et cohérente dans l’univers de la voile.