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Guirec Soudée revient sur son record du tour du monde à l’envers à bord de l’Ultim MACSF

Guirec Soudée revient sur son record du tour du monde à l’envers à bord de l’Ultim MACSF

Publié le 28/04/2026

Un mois après son arrivée à Brest, Guirec Soudée se confie sur son record du tour du monde à l’envers, réalisé à bord de l’Ultim MACSF. Plus de trois mois en mer, seul face aux éléments, entre fatigue, vigilance de chaque instant et émotions fortes : le skipper revient sur les temps forts de cet exploit maritime et évoque déjà la suite de ses aventures.

 

« Je commence seulement à réaliser ce qui s’est passé » 

 

Un mois après ton arrivée, mesures-tu ce que tu as accompli ? 

Je commence seulement à réaliser ce qui s’est passé. Pas vraiment sur le moment. L’ambiance à Brest, le monde qu’il y avait, l’accueil… c’était un moment très fort. Quand je suis arrivé, j’avais passé plus de trois mois en mer, j’étais fatigué, donc je n’étais pas forcément conscient de tout ce qui se passait autour de moi. Aujourd’hui, je commence à mieux le réaliser. 

 

Quel a été ton premier sentiment en franchissant la ligne ? 

Un énorme soulagement. Tant que la ligne n’est pas passée, même à quelques minutes ou quelques heures de l’arrivée, tu sais qu’il peut toujours se passer quelque chose. En mer, un objet flottant, une casse, un souci technique… tout peut s’arrêter très vite. Ce stress reste omniprésent jusqu’au bout. 

 

« Il y a une vraie part de hasard »

 

Te sentais-tu attendu sur ce défi ? 

Oui, parce que c’était un pari engagé. Avant moi, plusieurs navigateurs très expérimentés avaient tenté ce tour du monde à l’envers sans réussir à aller au bout.  

Je pense à Jean-Luc Van Den Heede, qui détenait jusqu’ici le record de référence sur ce tour du monde à l’envers, en monocoque. Lors de sa troisième et avant-dernière tentative, il a démâté au large de l’Australie. Quand je suis passé dans cette zone, j’y ai pensé. 

Je pense également à Yves Le Blevec, qui a tenté à deux reprises en multicoque, avec un chavirage au Cap Horn lors de sa deuxième tentative. 

Quand tu as ces histoires en tête, tu mesures la difficulté du projet. Moi, j’avais envie d’y croire. Je voulais vraiment que ça marche. Et je n’avais pas envie de décevoir les gens qui m’avaient fait confiance et toute l’équipe autour du projet. 

 

Avec le recul, qu’est-ce qui a rendu cette réussite possible ? 

Il y a une vraie part de hasard dans ce genre de projet. On ne maîtrise pas tout. Il faut que les planètes s’alignent. Mais il n’y a évidemment pas que ça. Il y a aussi le travail, la préparation, les choix faits en amont. J’ai eu la chance d’avoir la MACSF comme partenaire principal. Cela m’a permis de préparer le bateau comme il fallait. Et sur ce type d’aventure, partir avec un bateau prêt, fiable, en étant bien entouré, ça change tout. 

 

« Le plus dur, c’est de rester lucide »

 

Quelles ont été les principales difficultés à bord ? 

Le sommeil, clairement. Je ne dors déjà pas beaucoup à terre, mais là je dormais entre deux et trois heures par vingt-quatre heures. Sur des tranches très courtes. Et même quand tu dors, tu restes en alerte. Sur un Ultim, si tu n’es pas là au bon moment, ça peut aller très vite. Le bateau a sa propre musique, et dès qu’un son change, il faut aller voir. La concentration est permanente et le plus dur, c’est de rester lucide.

 

Cette fatigue t’a-t-elle joué des tours ? 

Oui, avec le manque de sommeil, ça arrive d’avoir des hallucinations. À certains moments, j’ai cru entendre ou voir du monde à bord. Ce sont des signaux qui rappellent qu’il faut rester vigilant. Le danger arrive souvent dans ces moments. 

 

« Voir l’île de Pâques, c’était incroyable »

 

Quel est ton plus beau souvenir ? 

L’Île de Pâques, clairement. Après le Cap Horn, j’ai eu des conditions compliquées, du vent fort, peu de sommeil… Et puis d’un coup, tu vois l’île apparaître au loin, les statues, les habitants qui viennent à ta rencontre en pirogue… c’était incroyable. Ce sont des moments très forts, parce qu’en solitaire tu passes beaucoup de temps dans ta bulle, derrière tes écrans, à regarder des fichiers météo. Quand tu vois vraiment les terres, les côtes, les continents, là tu ressens pleinement le voyage. 

 

« Je récupère encore »

 

Comment s’est passé le retour à terre ? 

Très bien ! Pouvoir prendre une douche, dormir dans un vrai lit, sans alarme, sans cargo… ce sont des plaisirs simples, mais après trois mois en mer, ça devient exceptionnel. Je sens quand même que je récupère encore. Je suis allé chercher loin sur ce tour du monde, surtout sur le plan du sommeil. 

 

Le marin reste-t-il présent dans ton quotidien ? 

Oui, un peu ! Juste après l’arrivée, mon réveil a sonné et j’ai cru que c’était une alarme du bateau. Ce n’était pas un bruit important, alors j’ai laissé. Résultat : j’ai failli rater mon train (rires) ! 

 

« J’ai un projet à la seconde »

 

Quels sont tes projets désormais ? 

J’ai toujours plein d’envies. À court terme, la Route du Rhum me plairait beaucoup. J’aimerais continuer encore un peu en Ultim, parce que ce bateau est incroyable. Et puis, pourquoi pas un projet en équipage, comme le Trophée Jules Verne. J’ai toujours des idées. C’est un peu mon problème d’ailleurs, j’ai un projet à la seconde. 

 

 

La MACSF ouvre un nouveau chapitre de son engagement nautique 

Le partenariat entre la MACSF et Guirec Soudée s’achève sur une réussite majeure : un record historique et une aventure hors normes, menée avec audace et détermination. 

La MACSF poursuivra désormais son engagement dans la voile aux côtés de Corentin Horeau, qui prendra prochainement le départ de la 1000 Race puis de la Vendée Arctique à bord du nouvel IMOCA MACSF. Un nouveau chapitre commence.