Fissures liées à la sécheresse : qu’est-ce que c’est ?
Caractérisée par un épisode de manque d’eau plus ou moins long, la sécheresse engendre de multiples conséquences sur la faune, la flore et l’activité humaine.
En France, le changement climatique intensifie les épisodes de sécheresse, qui sont de plus en plus fréquents et débutent de plus en plus tôt dans l’année.
L'année 2022 a été marquée par une sécheresse exceptionnelle, considérée comme l'une des plus sévères jamais observées en France métropolitaine.
- 93 départements ont été soumis à des restrictions d'usage de l'eau au-delà du niveau de vigilance à l'été 2022
- Plus de 1 200 cours d’eau asséchés
- Les rendements agricoles ont fortement reculé dans plusieurs régions, avec des pertes variables selon les cultures et les territoires
- Plus d’un millier de communes privées momentanément d’eau potable, approvisionnées par camion-citerne ou en bouteilles d’eau minérale.
Conséquences de cet épisode historique : le nombre d’arrêtés de catastrophe naturelle a augmenté de façon exponentielle dans l’Hexagone.
Selon les données officielles, 6728 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle au titre de la sécheresse de 2022, soit près de 19 % des communes françaises, un record historique.
Outre la déstabilisation des milieux naturels et les risques d’incendie et de feux de forêt, la sécheresse peut aussi engendrer des conséquences majeures sur les biens immobiliers.
Le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (RGA) concerne désormais plus de la moitié du territoire métropolitain.
Depuis la mise à jour du zonage national en 2026, environ 55 % du territoire hexagonal est classé en zone d’exposition moyenne ou forte, contre 48 % en 2020.
Ces mouvements de terrain peuvent endommager les fondations d’un bâtiment et causer l’apparition de fissures qui vont fragiliser l’habitation ou le local professionnel.
Le retrait-gonflement des argiles constitue aujourd’hui l’une des premières causes d’indemnisation au titre du régime des catastrophes naturelles. Entre 2018 et 2022, près de 240 000 sinistres ont été enregistrés en France.
- Géorisques : Évaluez l’exposition de votre logement aux risques naturels en consultant l'outil gouvernemental.
Ne pas confondre sécheresse et canicule
La sécheresse et la canicule sont deux phénomènes différents.
Désignant un déficit important et prolongé de précipitations, la sécheresse peut occasionner des dommages structurels aux bâtiments, quelle que soit la période de l’année et pas uniquement l’été.
Les périodes de canicules, généralement brèves pendant la saison estivale, n’atteignent pas les fondations mais peuvent occasionner des dommages moins graves liés à la dilatation des matériaux (par exemple des fissures en hauteur liées au mouvement de la charpente en bois, ou éclatement du crépi au niveau d’une poutre en bois ou en métal).
Comment reconnaître des fissures liées à la sécheresse ?
Les dommages liés à la sécheresse peuvent se traduire de différentes façons :
- Des fissures liées au retrait-gonflement des argiles souvent obliques (en escalier ou à 45°), traversantes et localisées au niveau des points de faiblesse du bâtiment (angles, ouvertures, jonctions d’extensions)
- Leur évolution peut être saisonnière ce qui constitue également un indice important : elles peuvent s’ouvrir en période sèche et se refermer partiellement lors du retour de l’humidité
Attention : d’autres causes peuvent expliquer ces dommages
Des investigations complémentaires, tels que sondages, étude de sol, vérification des canalisations enterrées seront généralement nécessaires pour confirmer ou infirmer le diagnostic sécheresse.
Comment protéger votre habitation ou votre local professionnel ?
Pour éviter ce genre de dégâts sur un bâtiment qui vous appartient, il existe plusieurs mesures préventives à mettre en place :
- L’imperméabilisation périphérique du bâtiment (mise en place d’un drainage des eaux de ruissellement le long des murs périphériques)
- La création de trottoirs ou de terrasses autour du bâtiment
- La mise en place d'écrans anti-racines, afin d’empêcher les racines d’aspirer l’eau sous les fondations
- L’imperméabilisation des réseaux enterrés, pour prévenir toute fuite sur les réseaux souterrains (tuyaux en PVC collés, regards étanchéifiés…)
- Il est également recommandé de surveiller régulièrement les systèmes d’évacuation des eaux pluviales, les gouttières et les canalisations enterrées afin d’éviter les variations localisées d’humidité sous les fondations
La présence de végétaux trop proches de votre habitation ou une fuite dans le réseau d’eau localisée au pied de votre logement constituent des risques majeurs pour la stabilité du bâti.
Partenaires de la MACSF, certaines entreprises spécialisées peuvent vous aider à effectuer les travaux de sécurité nécessaires pour protéger votre logement ou votre local professionnel contre la sécheresse et également intervenir pour réaliser des prestations techniques permettant d’identifier ou de limiter certains facteurs aggravants, notamment la recherche de fuite sur les réseaux enterrés :
L’intervention de ces entreprises ne constitue pas une prise en charge systématique par la MACSF. Les conditions d’intervention et de prise en charge éventuelle dépendent de la situation constatée et des garanties applicables.
Étude des sols : une obligation ?
Depuis l’entrée en vigueur des dispositions issues de la loi ELAN, une étude géotechnique est obligatoire lors de la vente d’un terrain constructible situé dans une zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. Pour les projets de construction, des études complémentaires peuvent également être requises afin d’adapter les fondations aux caractéristiques du terrain.
Apparition de fissures : comment bénéficier d’une indemnisation de la MACSF ?
Trois éléments doivent être réunis afin de bénéficier d’une indemnisation pour les dommages directs causés par la sécheresse sur les bâtiments dont vous êtes propriétaire :
- La commune où est situé le bien doit être concernée par un arrêté interministériel de catastrophe naturelle sécheresse favorable pour la période d’apparition des dommages ;
- Le bien doit être assuré en dommage pour bénéficier de la garantie catastrophes naturelles (les propriétaires ayant souscrit une assurance multirisque habitation à la MACSF sont ainsi couverts pour ce type de sinistre) ;
- L’expertise doit confirmer que la cause des dégâts subis par l’habitation ou le local doit être exclusivement liée à la sécheresse. La sécheresse doit en effet être déterminante dans l'apparition des dommages.
À compter de la publication de l’arrêté favorable de catastrophe naturelle au Journal Officiel, vous avez un délai de 30 jours pour déclarer le sinistre à la MACSF.
Pourquoi ma demande d’indemnisation a été refusée ?
Certaines fissures ne sont pas dues au phénomène de retrait-gonflement des argiles, mais simplement au mode constructif du bâtiment ou à d’autres causes comme des fuites sur les canalisations enterrées. Ces causes ne font ainsi pas l’objet d’une indemnisation dans le cadre de la garantie catastrophe naturelle sécheresse.
Schémas explicatifs de fissures liées ou non à la sécheresse à titre d’exemple
Dégâts liés à la sécheresse : comment la MACSF vous accompagne ?
En tant que sociétaire, la MACSF vous accompagne dans vos démarches pour déclarer votre sinistre, dans le cadre de la garantie Catastrophes Naturelles Sécheresse.
- Votre dossier est suivi par des experts disposant d’une expérience dans l’analyse des dommages liés au retrait-gonflement des argiles (RGA).
- Une première étude de la déclaration de sinistre est effectuée. La MACSF s’appuie sur un réseau d’experts spécialisés dans l’analyse de ces dommages, qui peuvent être missionnés pour réaliser une expertise à distance ou sur site lorsque la situation le nécessite.
- Selon les caractéristiques du dossier, des investigations complémentaires (étude de sol, vérification des réseaux enterrés, sondages, etc.) peuvent être réalisées afin d’identifier l’origine des dommages.
- Dès que l’expertise confirme qu’il s’agit bien de dommages causés par la sécheresse, l’expert MACSF va consulter des entreprises spécialisées et reconnues pour obtenir des devis de remise en état.
- Pour éviter les avances de fonds, la MACSF peut, si vous le souhaitez, régler directement les entreprises au fur et à mesure des travaux.
Classement en catastrophe naturelle : quelle est la marche à suivre ?
Dans un premier temps, nous vous conseillons d’effectuer un signalement des dégâts auprès de votre mairie. Le maire est en effet habilité à faire la demande de classement en état de catastrophe naturelle lorsque plusieurs administrés sont concernés.
Vous pouvez ensuite réaliser une pré-déclaration auprès de la MACSF. Cette démarche permet d’être informé sur les éventuelles mesures conservatoires à envisager dans l’attente de la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle favorable.
Face aux aléas climatiques tels que les inondations, les tempêtes ou les épisodes de sécheresse, la prévention reste le meilleur moyen de limiter les conséquences sur votre logement et votre activité. La MACSF vous aide à mieux comprendre les risques auxquels vous pouvez être exposé et à adopter les bons réflexes avant, pendant et après un événement.
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