Remplaçante, collaboratrice ou titulaire : 3 statuts, 3 façons d’exercer en libéral

Le 02.07.2019
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Il existe trois statuts possibles pour exercer en libéral : remplaçante, collaboratrice ou titulaire. Et ils se prêtent chacun à des étapes de carrière et/ou des profils différents. Si vous envisagez de devenir infirmière libérale, avoir en tête les avantages et les inconvénients de ces trois modes d’exercice est un bon début. Un peu comme visualiser les étapes possibles sur un itinéraire. Entre le remplacement, la collaboration et l’installation, quelles différences ? À quels profils correspondent-ils ? On fait le point.

Statut n°1 : remplaçante dans un ou plusieurs cabinets

C’est le statut que beaucoup choisissent pour débuter, parce qu’il permet de se faire progressivement à la réalité de l’exercice en libéral. On y explore des patientèles et des façons de travailler différentes, on acquiert des réflexes d’organisation… mais on n’a pas encore à endosser la pression financière  et administrative que supportent les titulaires.

Une rémunération basée sur la « rétrocession »

Vous ferez vos tournées avec les feuilles de soin de votre remplacée et vous percevrez les honoraires au nom du remplacé qui les encaisse. Vous percevez par suite une rétrocession d’honoraires du remplacé.

Un contrat spécifique pour encadrer tout ça

Au-delà de 24h de remplacement, vous signerez un « contrat de remplacement » avec le(s) remplacée(s). Il fixe la durée et le motif du remplacement, les modalités de rupture, la rétrocession d’honoraires, etc.

Les avantages du remplacement :

  • Votre remplacée met à votre disposition sa patientèle, son local, etc.
  • Vous supportez moins de charges qu’une titulaire
  • Vous restez indépendante et mobile, pas attachée à un cabinet à un particulier
  • Vous explorez différentes approches du métier

Et les contraintes ?

  • Pas le droit de développer votre propre patientèle
  • Il faut être mobile, souple et aimer la nouveauté
  • Devoir s’adapter aux besoins, aux horaires et à la patientèle des autres
  • Interdiction de remplacer deux tournées en même temps

Les critères spécifiques : 

  • Posséder le diplôme d’État d’Infirmier, évidemment
  • Pouvoir justifier de 2400h d’expérience dans un établissement de soins généraux. 
  • Posséder une autorisation de remplacement et avoir signé un contrat de remplacement.

 

 

→ Plus d’infos sur le remplacement ?

Statut n°2 : collaboratrice au sein d’un cabinet

Ce statut un peu intermédiaire vous permet de commencer à vous fixer dans un cabinet en particulier, sans endosser autant de responsabilités qu’une titulaire. Plus libre et plus autonome qu’en tant que remplaçante, vous constituez votre propre patientèle, vous facturez vous-même, vous vous rémunérez, etc. Mais le cabinet ne vous appartient pas.

Une redevance à verser au cabinet

 Puisque vous allez bénéficier de différents moyens mis à disposition par le cabinet (patientèle, local…), vous devez en contrepartie lui verser une « redevance ». En gros, une participation aux charges.

Un contrat spécifique pour encadrer tout ça

Vous signerez un « contrat de collaboration » avec le(s) titulaire(s) du cabinet pour déterminer les conditions de la collaboration : durée du contrat, modalités de rupture, montant de la redevance, conditions pour développer votre propre patientèle, etc.

Les avantages de la collaboration :

  • Bénéficier de la mise à disposition par le titulaire de sa patientèle, du local, de son matériel;
  • pouvoir développer votre propre patientèle au cours de la collaboration;
  • bénéficier d’un revenu sur la base des honoraires encaissés ;
  • travailler en toute indépendance sans lien de subordination.

Et les contraintes ?

  • Pas de pouvoir de décision sur la gestion du cabinet (vous n’en êtes pas propriétaire)
  • Interdit de cumuler les collaborations : vous êtes rattachée à un seul cabinet
  • Davantage de responsabilités et de charges administratives qu’en remplacement (ex : facturation)

Les critères spécifiques : 

  • Posséder le diplôme d’État d’Infirmier
  • Pouvoir justifier de 3200h d’expérience (ou 24 mois) dans un établissement de soins généraux. 
  • Avoir signé un contrat de collaboration

Statut n°3 : titulaire ou associée d’un cabinet

C’est le statut qui implique le plus d’autonomie, mais aussi le plus de responsabilités et de pression administrative et financière. En tant que titulaire, vous êtes propriétaire de votre cabinet, et votre patientèle vous appartient. Vous pouvez créer ou reprendre un cabinet seule (« cabinet individuel »), ou bien vous installer avec d’autres professionnels de santé (« exercice en groupe »), en tant qu’associée. Dans tous les cas, vous aurez la double casquette : celle d’infirmière, et celle de cheffe d’entreprise.

Les avantages du statut de titulaire :

  • Une totale autonomie, dans tous les domaines

Et les contraintes ?

  • Ouvrir ou reprendre un cabinet exige des moyens et de la préparation (étude de marché, choix d’un local, financement du matériel, informatisation…)
  • Davantage de responsabilités, d’obligations et de pression financière
  • Beaucoup de temps passé en tâches administratives et de gestion, en plus de vos tournées

Les critères spécifiques : 

  • Posséder le diplôme d’État d’Infirmier
  • Pouvoir justifier de 3200h d’expérience (ou 24 mois) dans un établissement de soins généraux. 

En conclusion, passer du statut de salariée à celui d’IDEL exige beaucoup de démarches administratives et de choses à apprendre. Mais comme vous pouvez le constater, rien ne vous oblige à passer directement à la case « ouvrir mon cabinet ». Le remplacement et la collaboration sont là pour vous permettre de maîtriser progressivement ce vaste territoire qu’est l’exercice en libéral… 

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