La présence d'un infirmier est-elle indispensable en SSPI ?
Selon l’article D6124-101 CSP : "Pendant sa durée d'utilisation, toute salle de surveillance postinterventionnelle comporte en permanence au moins un infirmier ou une infirmière formé à ce type de surveillance, si possible infirmier ou infirmière anesthésiste. Lorsque la salle dispose d'une capacité égale ou supérieure à six postes occupés, l'équipe paramédicale comporte au moins deux agents présents dont l'un est obligatoirement un infirmier ou une infirmière formé à ce type de surveillance, si possible, infirmier ou infirmière anesthésiste".
L’expression "si possible" signifie que la présence d’un IADE en SSPI n’est pas strictement obligatoire, même si elle est souhaitable.
Rien ne s’oppose donc à ce que la surveillance soit assurée par un infirmier diplômé d’État, à condition qu’il ait reçu une formation spécifique sur la surveillance post-interventionnelle afin de pouvoir contrôler l’état du patient et faire face, le cas échéant, aux complications liées à l’anesthésie.
Quelles sont les compétences de l'IADE en SSPI ?
Conformément à l’article R4301-10 CSP, l’IADE assure en salle de surveillance post-interventionnelle les actes relevant :
- des techniques d’anesthésie (générale et locorégionale)
- et la poursuite de la réanimation peropératoire.
Il peut intervenir, sous le contrôle exclusif d’un médecin anesthésiste réanimateur, en vue de la prise en charge de la douleur postopératoire.
Quelle est la répartition des tâches entre l’IADE et le médecin anesthésiste réanimateur ?
La répartition des tâches au sein de la SSPI est spécifiquement abordée plus précisément dans les recommandations de la SFAR concernant la surveillance et les soins post-anesthésiques qui indiquent que le "médecin anesthésiste-réanimateur dirige la surveillance, prescrit le traitement, en particulier l’analgésie postopératoire, assure la liaison avec le chirurgien ou spécialiste".
Le médecin anesthésiste prend donc l’initiative de la nature et du rythme des actes à réaliser et l’infirmier exécute ces actes sur le plan technique sur la base du protocole retenu par le médecin, dans la limite de ses compétences réglementaires :
- il évalue les signes de réveil et recherche les critères d’extubation qui témoignent du retour d’une autonomie ventilatoire ;
- il reconnaît les accidents susceptibles de se produire et met en œuvre les gestes techniques nécessaires en cas d’atteinte d’une fonction vitale.
Que doit faire l’IADE en cas d’urgence ?
Confronté à une situation d’urgence, l’infirmier doit en informer immédiatement le médecin anesthésiste et solliciter sa présence.
En effet, il demeure en SSPI sous la responsabilité d’un médecin anesthésiste réanimateur qui doit pouvoir intervenir sans délai.
L’IADE intervient-il dans la décision de sortie du patient de SSPI ?
La décision de sortie du patient de SSPI, soit pour un transfert en secteur d’hospitalisation, soit pour un retour à domicile suite à une chirurgie ambulatoire, est du ressort exclusif du médecin anesthésiste, ainsi que l’énonce l’article D6124-101 CSP.
Quel est le rôle de l’IADE vis-à-vis du dossier d’anesthésie ?
Une tenue soigneuse du dossier d’anesthésie est essentielle pour assurer la traçabilité des soins :
- l’infirmier devra y reporter l’heure d’arrivée et de sortie du patient et les différents paramètres permettant de juger de l’évolution de son état ;
- le médecin devra y faire figurer ses prescriptions et la décision d’autorisation de sortie, ainsi que, s’il y a lieu, les modalités du transfert pour le retour en chambre.
La surveillance en SSPI peut-elle être assurée par un infirmier non IADE ?
L’article D6124-101 CSP dispose que "pendant sa durée d’utilisation, toute salle de surveillance post-interventionnelle doit comporter en permanence au moins un infirmier diplômé d’État formé à ce type de surveillance, si possible infirmier anesthésiste diplômé d’État."
Un IDE peut-il extuber seul un patient en SSPI ?
Le sujet prête à controverse entre médecins, infirmiers anesthésistes et infirmiers diplômés d’État.
L’acte d’extubation ne faisait pas partie des actes réalisables par l’infirmier diplômé d’État, non IADE jusqu’à récemment.
La SFAR avait été interrogée sur ce point en décembre 2015. Son comité "Vie professionnelle" s’était prononcé en faveur de la faisabilité de ce geste par, sous certaines conditions :
- une formation spécifique et tracée,
- une disponibilité, sans délai, d’un médecin anesthésiste pouvant intervenir à tout moment pour permettre notamment de ré-intuber le patient.
La SFAR avait rappelle que l’IDE se trouvait alors sous la responsabilité de l’anesthésiste qui devait déterminer, en fonction des caractéristiques du patient, si sa présence était requise à son chevet lors de l’extubation ou si une disponibilité sans délai suffisait.
La SFAR avait également attiré l’attention sur le fait que, bien que ne figurant pas dans le décret de compétences des infirmiers, l’extubation était évoquée dans le référentiel de l’infirmière de réanimation de 2011, ce qui légitimait sa position.
La lettre de la SFAR du 8 décembre 2015 peut être consultée ICI.
Mais la réforme de la profession d’infirmier intervenue en 2025 et surtout la parution de l’arrêté du 26 juin 2026 fixant la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d'État a remis le sujet sur le devant de la scène et suscité de vives réactions.
En effet, l’arrêté indique que l'IDE est chargé du "changement et retrait de sondes à oxygène, gastriques, vésicales, rectales et de dispositif non invasif d'administration d'oxygène, à l'exclusion de la sonde d'intubation".
Ce texte peut donc être interprété comme interdisant, de fait et en toutes circonstances, l’extubation par un infirmier non IADE.
Plusieurs syndicats infirmiers se sont élevés contre cette restriction, demandant une modification du texte. De leur côté, plusieurs syndicats de médecins et d’IADE ont au contraire approuvé la rédaction de l’arrêté, rappelant que selon eux, l’acte d’extubation ne se résume pas à un simple geste technique et doit donc être réalisé par un médecin ou un IADE.
Des discussions étant en cours entre les parties prenantes, une évolution du texte reste donc possible.

