Indication d’anesthésie générale pour des soins dentaires
Dr Henri Chanéac
Le 04.04.2022
À 14:00
2 min
Sommaire
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Livre blanc : la responsabilité du chirurgien-dentiste
Le 13.02.2023
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La responsabilité du chirurgien-dentiste : actes techniques
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Les indications de l'anesthésie générale en soins dentaires
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) réservent l’indication d’anesthésie générale à trois situations :
- Coopération insuffisante du patient, d’ordre psychique (stress, handicap) ou technique (ouverture buccale limitée, réflexe nauséeux). Egalement pour les thérapeutiques urgentes (éviction de foyers infectieux avant chirurgie cardiaque, greffe, oncothérapie).
- Interventions bucco-dentaires longues et complexes (drainage de cellulite, exérèse de lésion kystique ou tumorale), pour lesquelles une anesthésie locale ou loco-régionale serait insuffisante.
- Allergie confirmée aux anesthésiques locaux.
Il est pourtant acquis que de nombreux patients demandent une intervention sous anesthésie générale par crainte d’un geste invasif, tel l’extraction des dents de sagesse chez l’adolescent ou le jeune adulte.
Les critères décisionnels
Les complications restent rares mais peuvent être dramatiques : allergie, hypoxie, dysfonction cardiaque, troubles neurologiques…
Il convient donc de s’interroger sur le rapport bénéfice/risque d’une telle intervention, qui doit être comparé à celui d’une anesthésie locale.
Le choix d’une anesthésie générale ne doit pas être systématisé pour un type d’acte.
Le consentement et l’information
Outre celle habituelle portant sur les soins à réaliser, l’information délivrée au patient se doit de détailler les risques spécifiques liés à l’anesthésie générale.
A cet effet, un entretien oral préalable est nécessaire et le consentement du patient doit être matérialisé par un écrit signé. Il parait utile d’y préciser que le plan de traitement peut être modifié en cours d’intervention, en fonction des éléments cliniques alors constatés.
Le médecin anesthésiste procédera de la même façon et veillera à ce que l’état de santé du patient soit compatible avec ce type d’anesthésie.
La responsabilité du praticien
En cas de complication directement liée à l’anesthésie générale, la responsabilité du chirurgien-dentiste peut être recherchée dans le même temps que celle de l’anesthésiste.
Pour le premier, les questions suivantes seront soulevées :
- Les soins dentaires pouvaient-ils s’envisager sous anesthésie locale ?
- Le rapport bénéfice/risque lié à cette stratégie était-il favorable ?
| Expertise CCI |
Le patient, âgé de 17 ans, décède au cours d’une intervention sous anesthésie visant à extraire les 4 dents de sagesse et une molaire mandibulaire infectée à l’état radiculaire. Cet incident est lié à une détresse neurologique aiguë post-opératoire tardive par réaction d'hyperammoniémie, qui ne pouvait être anticipée avant l’intervention. La responsabilité du praticien en charge des extractions a été recherchée parmi celle d’autres intervenants (anesthésiste, chirurgien-dentiste prescripteur) mais a été écartée, les experts considérant que le recours à l’anesthésie générale pouvait se justifier. |
Les perspectives
Le développement de la sédation consciente permet d’envisager des interventions importantes ou anxiogènes sans les contraintes de l’anesthésie générale. Le protoxyde d’azote peut être utilisé par le chirurgien-dentiste, sous réserve d’une qualification spécifique.
L’anesthésie vigile par voie intra-veineuse (neuroleptanalgésie) ne peut actuellement être réalisée que par un anesthésiste-réanimateur, ce qui limite son développement au sein des cabinets dentaires.
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À propos de l'auteur
Dr Henri Chanéac
Titulaire des DU de réparation juridique du dommage corporel, d’implantologie et de dermatologie buccale, le Dr Henri Chanéac débute son activité libérale en 2003 qu’il centre, en 2019, sur l'implantologie et la parodontologie. En parallèle, il réalise des expertises pour la MACSF depuis 2011 et intègre le comité dentaire en 2014 dont il assume la direction depuis 2023.

