Critiques sur un confrère : elles peuvent entraîner des procédures inutiles !
Dr Nicolas Chanzy
Le 28.10.2026
À 12:00
2 min
Sommaire
15 articles
Notre série spéciale
Responsabilité civile professionnelle en chirurgie orthopédique et traumatologie
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Une prise en charge orthopédique compliquée, avec deux chirurgiens distincts
Un homme d’une cinquantaine d’années, cuisinier-matelot, est victime dans le cadre de son activité professionnelle d’une fracture fermée proximale du radius, avec déplacement modéré.
Il consulte le docteur A. qui met en place une immobilisation type BABP et le reconvoque dix jours plus tard.
Le patient consulte finalement un autre orthopédiste, le Docteur B., au 12e jour. Celui-ci lui explique qu’il existe un début de calcification de la membrane inter-osseuse ainsi qu’un déplacement : "Il faut opérer très rapidement cette fracture qui aurait dû être opérée en urgence."
L’intervention se déroule sans complication mais les suites sont marquées par une synostose radio-cubitale supérieure. Le Docteur B. pose alors l’indication d’une résection de cette synostose en soulignant que celle-ci est imputable au retard de prise en charge.
Cette reprise se solde par un échec chirurgical, le patient conserve une pronosupination bloquée.
Une procédure est engagée.
L’expert valide la prise en charge de l’ensemble des acteurs de santé mais souligne néanmoins le caractère peu déontologique des propos du docteur B.
Propos, attitudes : attention, ils peuvent être le point de départ d’une mise en cause !
Un grand nombre de procédures sont déclenchées par des petites phrases, par des affirmations ou autres attitudes de mécontentement devant une radiographie, de type :
- "Votre prothèse est beaucoup trop grosse !"
- "Il ne fallait pas vous mettre un clou mais une plaque !"
- "Je dois tout recommencer, ce n’est ni fait ni à faire…"
Un simple lever des yeux au ciel à la vue d’une radiographie, un haussement des épaules qui se veut anodin, un soupir de "pseudo-lassitude" ne guérissent aucunement le patient mais provoquent une méfiance revendicative à l’encontre du chirurgien initial.
Ces attitudes anti-déontologiques, condamnables devant le conseil de l’Ordre, doivent être totalement bannies. Ce d’autant plus qu’en matière médico-légale, ce comportement est source d’extension de mission, avec mise en cause du praticien écrivant des propos inacceptables, créant ainsi un effet boomerang parfois très douloureux… surtout en cas de prise en charge non exemplaire !
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À propos de l'auteur
Dr Nicolas Chanzy
Ancien interne des Hôpitaux de Paris, ancien chef de clinique assistant à la Faculté de Paris, le Dr Chanzy est chirurgien orthopédiste en établissement de santé privé et attaché à l’hôpital Saint Antoine (Paris). Il exerce parallèlement une activité d’expertise médico-légale aux côtés des sociétaires de la MACSF.

