La situation des infirmières dans le monde: ce que nous dit le rapport de l'OMS

Le 04.06.2020 par MACSF
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rapport OMS infirmiere

Le 04 avril 2020, dans le cadre de l’année internationale des infirmières et des sages-femmes, l’OMS a publié un rapport inédit sur «La situation du personnel infirmier dans le monde». Voilà pourquoi il compte, et ce qu’on peut en retenir.

SOMMAIRE

Qui est l’auteur de ce rapport et sur quels pays porte-t-il ?

Le rapport a été publié par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le Conseil international des infirmières  et la campagne mondiale Nursing Now, avec le soutien des gouvernements et des partenaires de l’OMS.

191 pays ont fourni des données pour ce rapport, ce qui d’après l’OMS est un « record ».

Pourquoi le rapport de l'OMS est important ?

Parce que c’est le premier de cette envergure sur la situation des infirmières dans le monde.

Il souligne leur importance cruciale pour la santé, l’égalité des genres, le développement durable, l’autonomie des femmes, l’emploi des jeunes et l’économie.

Il alerte sur certaines failles et menaces (ex : le vieillissement des effectifs) et propose une liste de 10 actions-clés pour améliorer la situation.

Que dit le rapport sur la situation des infirmières en 2020 ?

  • La planète manque d’infirmières

La profession a beau être la plus nombreuse de tout le secteur santé (27,9 millions de personnes), il manquerait à l’heure actuelle près de 6 millions d’effectifs dans le monde pour couvrir les besoins en soin et atteindre les objectifs de développement durable fixés par l’ONU en 2015.

  • Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne

Sans surprise, les effectifs sont répartis de façon très inégale. La pénurie frappe en majorité des pays à revenu « faible ou intermédiaire », la plupart sur le continent africain, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.

En Europe, quelques pays comme la Grèce souffrent eux aussi d’un manque, avec seulement 30 à 39 infirmières pour 100 000 habitants.

La France compte parmi les pays les mieux dotés au monde, avec plus de 100 infirmières pour 100 000 habitants. 

  • Avec le vieillissement de la population, la pénurie guette partout

La profession est plutôt jeune, mais l’OMS souligne qu’une infirmière sur 6 partira à la retraite d’ici 2030 et qu’il est vital de préparer la relève.

Le rapport note de grosses différences d’une région du monde à l’autre.

Certaines, comme l’Europe, sont dans le rouge, au sens où elles ne comptent pas assez de « jeunes » (moins de 35 ans) pour renouveler les effectifs infirmiers dans les années à venir.

C’est le cas en France, où 72% des infirmières ont plus de 35 ans, et où les plus de 55 ans représentent 21% des effectifs.

  • La profession d’infirmière est à 90% exercée par des femmes

Ce sont surtout des femmes qui exercent le métier d’infirmière… mais ce sont surtout des hommes qui accèdent aux postes de direction. L’OMS note par ailleurs que globalement, la profession accède peu à ce type de poste.

Comme dans la plupart des professions, les femmes infirmières sont moins bien payées que leurs confrères masculins, et peuvent subir d’autres formes de discrimination au travail liées à leur genre.

  • Une infirmière sur 8 ne travaille pas dans le pays où elle est née / a étudié

De nombreux pays voient leurs infirmières les quitter, tandis que d’autres s’appuient massivement sur ces talents pour combler leurs propres manques. Et cette tendance à la mobilité augmente.

  • Dans le monde, il faut en général 3 ou 4 ans ans pour devenir infirmière

La durée des études varie peu, mais le niveau exigé en formation initiale ou continue diffère d’un pays à l’autre. 

De même, la formation et la pratique ne sont pas réglementées partout de façon harmonieuse.

Autrement dit, être « infirmière » ne signifie pas la même chose d’un pays à l’autre.

  • Pour de nombreux pays, la pratique avancée est déjà une réalité  

Selon l’OMS, « des données solides » indiquent que les IPA améliorent l’accès aux soins de santé primaires dans les zones rurales et urbaines vulnérables, et sont un atout pour la couverture sanitaire universelle. 

La présence d’IPA est d’ailleurs plus fréquente dans les pays où la densité de médecins est faible. 

Les 10 recommandations-clés de l’OMS pour l’avenir des infirmières

Pour l’OMS « le message porté par le rapport est clair : les gouvernements doivent investir de façon à accélérer massivement la formation, la création d’emplois et les capacités de direction de la profession infirmière. »

Elle estime que les bénéfices pour les populations et les États excèderont largement l’investissement de départ.

L’organisation mondiale a résumé ses recommandations en 10 actions-clés à mener par tous les pays pour faire évoluer la situation.

1 - Former et recruter au moins 5,9 millions d’infirmières supplémentaires d’ici 2030 

L’OMS estime possible de financer cet effort « par le budget national » dans la plupart des pays, et par la « mise en commun des fonds institutionnels », dans les pays les plus fragiles.

3 - Suivre, encadrer et gérer de façon éthique et responsable la mobilité internationale

Notamment en appliquant mieux le Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement des personnels de santé et en collaborant entre instances (organismes de réglementation, systèmes d’information, employeurs, ministères…).

L’OMS en appelle à plus d’autosuffisance pour les pays « trop tributaires du personnel infirmier migrant ». Elle encourage au contraire ceux qui voient leurs infirmières les déserter à prendre des mesures pour mieux les retenir (salaires, conditions de travail, évolutions de carrière…).  

4 - Faire évoluer les formations 

Pour qu’elles répondent à la pénurie, qu’elles servent les priorités de santé de chaque pays et les nouveaux enjeux de santé mondiaux et qu’elles préparent les infirmières à « travailler efficacement dans des équipes interprofessionnelles ».   

L’OMS recommande notamment d’investir davantage dans le personnel enseignant, de développer les stages cliniques, et de rendre les formations plus accessibles« pour les étudiants de différents horizons ».

5 - Donner plus de poids et plus de voix au corps infirmier 

En créant un poste de « Directeur(rice) général(e) des soins infirmiers » au sein de l’administration centrale, chargé(e) notamment de contribuer aux décisions stratégiques de santé.

Pour l’OMS, de manière générale, il faut impliquer davantage les infirmières à tous les niveaux de décision des systèmes de santé, et faire en sorte que la profession ait une influence réelle sur les politiques publiques de santé.

Le rapport recommande aussi de cultiver les capacités de « leadership » des jeunes infirmières.

6 - Faire en sorte que les infirmières puisse utiliser tout l’éventail de leurs compétences

Dans les équipes de soins de santé primaire, pour répondre aux besoins de la population et améliorer l’accès aux soins.

L’OMS recommande entre autres de « soutenir les modèles de soins dirigés par les infirmiers(ères) et les pratiques avancées en soins infirmiers, tout en tirant parti des technologies de santé numérique et en tenant compte du vieillissement du personnel.» 

7 - Améliorer les conditions de travail des infirmières

Pour améliorer l’attractivité du métier, la répartition des effectifs, le maintien en poste et la motivation.

Pour l’OMS, cela signifie : des effectifs suffisants, une rémunération « juste et adaptée », un lieu de travail adapté, assurer la santé et la sécurité au travail et lutter contre le harcèlement sexuel, la violence et la discrimination.

8 - Agir pour l’égalité des genres au sein de la profession

Notamment via un système de rémunération équitable et neutre. Mais aussi en proposant des lieux de travail favorablesaux femmes (ex : aménagements d’horaires, possibilité de développer son « leadership »…)

9 - Moderniser la réglementation de la profession

En harmonisant les normes de formation et de pratiques, notamment. Mais aussi en utilisant des systèmes qui permettent de reconnaître et de vérifier les compétences et les qualifications d’une infirmière à l’échelle mondiale.

10 - Mieux collaborer pour renforcer le rôle des infirmières au sein des équipes de soin

Pour l’OMS, il est essentiel que le ou la « Directeur(rice) général(e) des soins infirmiers » dont elle recommande la création (cf le point 5) et le Ministère de la santé mènent un véritable dialogue avecles autres ministères concernés (santé, éducation, formation, travail, immigration…) et les acteurs du public et du privé.

Le tout pour optimiser les investissements du secteur privé, les moyens de formation et les fonctions et les harmoniser avec les objectifs publiques.

Pour aller plus loin: 

> Télécharger le résumé d’orientation (en français)

> Télécharger le rapport entier (en anglais)

> Accéder aux données françaises (en anglais)

> Accéder aux données d’un pays en particulier (en anglais)

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