Installation en libéral : quelles aides pour les étudiants ?
Le contrat d’engagement de service public (CESP) permet aux étudiants de bénéficier d’un accompagnement durant leur formation et d’un soutien lors de leur installation.
Un nouvel arrêté fixe à 798 le nombre de contrats proposés pour l'année universitaires 2025-2026 : 596 en médecine, dont 429 destinés aux étudiants de deuxième cycle et 167 à ceux de troisième cycle, ainsi que 202 contrats pour les étudiants de deuxième cycle en odontologie.
Qui peut bénéficier du CESP ?
Depuis janvier 2026(1), ce dispositif est accessible :
- aux étudiants en médecine, en odontologie, en maïeutique ou en pharmacie (hors pharmacie industrielle), dès leur 2ème année d’études ;
- aux praticiens à diplômes hors Union Européenne (PADHUE).
Sous quelles conditions ?
Les bénéficiaires s'engagent à exercer en zone sous-dotée (offre de soin insuffisante et/ou difficultés d’accès aux soins) pour une durée équivalente à celle pendant laquelle l'aide a été perçue (sans pouvoir être inférieure à 2 ans).
En quoi consiste l’aide ?
Il s’agit d’une bourse imposable à la fin des études et versée par l’ASP (Agence de services et de paiement).
Pour quelle durée ?
Jusqu’à l’obtention du diplôme d’État préparé.
À qui s’adresser ?
Auprès de l’UFR dans laquelle chaque étudiant est scolarisé. Les dossiers de demande doivent être déposés sur la plateforme Profil de l’ASP, généralement entre octobre et novembre de chaque année.
Des aides locales, départementales ou régionales existent aussi pour les étudiants des filières santé. Elles ne sont toutefois pas cumulables avec le CESP. Ce dernier peut en revanche être complété par les aides conventionnelles qu’il est possible d’obtenir au moment de l’installation en libéral.
Installation en zone sous-dotée : de nouvelles aides pour l'installation des médecins libéraux en 2026
La fin des contrats démographiques, au profit d’aides forfaitaires uniques
Les aides à l’installation libérale des médecins ont connu de profondes évolutions depuis le 1er janvier 2026. Les précédents contrats d’installation (CAIM, CSTM, COSCOM, COTRAM, qui restent toutefois en vigueur pour les médecins y ayant adhéré avant cette date) ont été remplacés par un système d’aides ponctuelles, d’un montant forfaitaire de (2) :
- 10 000 € en cas de primo-installation en zone d’intervention prioritaire (ZIP)
- 5 000 € en cas de primo-installation en zone d’action complémentaire (ZAC)
- 3 000 € en cas de création d’un cabinet secondaire en ZIP
Ces aides sont donc réservées aux praticiens s'installant en libéral pour la première fois (sauf création de cabinet secondaire), et relevant d’un conventionnement en secteur 1 ou 2 Optam ou Optam-ACO (anesthésie, chirurgie, obstétrique).
À qui s’adresser ?
A la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) du lieu d’exercice.
> A lire aussi : Installation en libéral : comment la MACSF peut vous accompagner ?
Une majoration du Forfait Médecin Traitant (FMT)
Le FMT (qui remplace et fusionne depuis 2026 les anciens FPMT et ROSP) est un dispositif qui permet d’améliorer la rémunération des médecins prenant en charge certains profils de patients (définis selon des critères d’âge, de pathologie chronique et de précarité et de parcours de prévention).
Depuis le 1er janvier 2026 , les médecins installant leur premier cabinet libéral en zone d’intervention prioritaire (ZIP) ou en quartier prioritaire de la ville (QPV) bénéficient d’une majoration dégressive de la partie socle de leur FMT (3) : + 50 % la première année, + 30 % la deuxième année, et +10 % la 3ème année (ainsi que les suivantes s’ils restent installés sur les zones concernées).
Le maintien du dispositif France Ruralité Revitalisation (FRR)
En cas d’installation en zone rurale officiellement classée FFR (et sous certaines conditions de plafond de chiffre d’affaires et d’aides publiques perçues), les professions libérales relevant du régime fiscal des bénéfices non commerciaux (BNC) bénéficient d’exonérations fiscales significatives(4) :
- exonération de 100 % du bénéfice imposable pendant les 5 premières années d’installation ;
- exonération dégressive de 75 à 25 % les 3 années suivantes.
Bien identifier les besoins de santé d’un territoire, son offre actuelle de soins et ses zonages est essentiel pour choisir un lieu d’implantation adapté. Mais aussi pour évaluer les différentes aides auxquelles prétendre. Une analyse à conduire dans le cadre d’une étude de marché préalable méticuleuse.
> Pour aller plus loin : L’étude de marché : étape essentielle avant de s’installer >
Les contrats incitatifs pour les chirurgiens-dentistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes et orthophonistes
Pour favoriser l’installation de ces professionnels en zone sous-dotée ou très sous-dotée, des « contrats incitatifs » ont été mis en place par l’Assurance maladie.
Qui peut en bénéficier ?
Les professionnels de santé de premier recours, tels que les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les masseurs-kinésithérapeutes, ainsi que les sages-femmes et les orthophonistes.
Sous quelles conditions ?
Exercer à titre principal dans une zone sous dotée ou très sous dotée, pendant une durée minimale (5 ans généralement).
Selon les professions et les types d’aides (aide à la création ou aide à l’installation dans un cabinet existant), des conditions complémentaires doivent parfois être remplies : exercer en groupe ou recourir régulièrement aux remplacements, télétransmettre la majorité de ses feuilles de soin, etc.
En quoi consistent les aides ?
Ces contrats incitatifs proposent généralement une aide forfaitaire (versée parfois pendant plusieurs années) et peuvent aussi dans certains cas prévoir la prise en charge de cotisations sociales.
À qui s’adresser ?
À la CPAM de votre département d’exercice.
Les contrats incitatifs en détail, profession par profession :
- Le contrat incitatif chirurgien-dentiste
- Le contrat incitatif infirmier
- Le contrat incitatif masseur-kinésithérapeute
En synthèse :
Les principales aides à l’installation des professions de santé
(en vigueur au 31 juillet 2026)
| Professions de santé concernées | Dispositifs | Montant | Durée de l’aide | Conditions de zonage (hors conditions complémentaires propres à chaque dispositif) |
|---|---|---|---|---|
Étudiants (médecine, odontologie, pharmacie, maïeutique) | Contrat d’engagement de service public (CESP) | 1200 euros par mois | A partir de la 2ème année d’études jusqu’à l’obtention du diplôme | Primo-installation en zone fragile (offre de soin insuffisante et/ou difficultés d’accès aux soins) |
Toutes les professions de santé
| Exonération FRR de l’impôt sur les bénéfices | 100 % pendant 5 ans 75 % la 6ème année 50 % la 7ème année 25 % la 8ème année | Jusqu’à 8 ans | Installation en Zone de Revitalisation Rurale |
Exonération QPV de l’impôt sur les bénéfices | 100 % pendant 5 ans 60 % la 6ème année 40 % la 7ème année 20 % la 8ème année | Jusqu’à 8 ans | Installation en Quartier Prioritaire de la Ville | |
Médecin | Aide ponctuelle à la primo-installation | - 10 000 € en ZIP - 5000 € en ZAC - 3000 € pour un cabinet secondaire en ZIP | Ponctuelle | Primo-installation en ZIP ou ZAC, ou installation secondaire en ZIP |
Majoration du nouveau Forfait Médecin Traitant (FMT) | +50 % la 1ère année +30 % la 2ème année +10 % la 3ème année (et les suivantes) | 3 ans, et plus en cas de maintien sur les zones éligibles | Primo-installation en ZIP ou QPV | |
Infirmier | Contrat incitatif Infirmier | Jusqu’à 37 500 € avec versement fractionné sur plusieurs années | 5 ans | Primo-installation ou installation en zone très sous dotée, pendant au moins 5 ans (avec au moins 50 % de l’activité sur la zone)
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Chirurgien-dentiste | Contrat incitatif Chirurgien-dentiste | Aide forfaitaire de 50 000 € avec versement fractionné sur plusieurs années | 3 ans | Installation et activité principale en zone très sous dotée, pendant au moins 5 ans |
Masseur-kinésithérapeute | Contrat incitatif Masseur-kinésithérapeute | Jusqu’à 49 000 € avec versement fractionné sur plusieurs années | 5 ans | Installation principale en zone très sous dotée, pendant au moins 5 ans |
| Sage-femme | Contrat incitatif Sage-femme | Jusqu’à 38 000 € avec versement fractionné sur plusieurs années | 5 ans | Primo-installation ou installation en zone très sous dotée ou sous dotée pendant au moins 5 ans
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Les aides locales : l’exemple de la Région Île-de-France
En Île-de-France comme ailleurs, ARS et PAPS sont à solliciter dès l’étude de marché pour connaître les dispositifs disponibles, choisir une localité d’installation adaptée, et consolider un prévisionnel d’activité réaliste.
Dans le cadre de sa politique Région solidaire, l’Île-de-France propose une aide à l’installation des professionnels de santé libéraux.
Qui peut en bénéficier ?
Les généralistes ou spécialistes de premiers recours, les kinés, les infirmiers et les sages-femmes nouvellement arrivés sur le territoire ou qui s’installent pour la première fois en libéral, dès lors qu’ils exercent sur des territoires déficitaires en offre de soins situés en départements de grande couronne.
En quoi consiste l’aide ?
Cette aide concerne des besoins en financement pour des travaux d’installation et l’achat de matériel. En 2026, la Région finance ces investissements à hauteur de 50 %, dans la limite de 10 000 € et un maximum de 20 000 € par cabinet si plusieurs praticiens sont concernés.
À qui s’adresser ?
Pour plus d’informations, contactez la Région Île-de-France.
En 2026, la Région Île-de-France propose par ailleurs une aide à l’achat d’équipements de sécurisation dédiée à de nombreuses professions médicales, et le Prêt Santé Initiative (un prêt d’honneur à taux zéro pouvant aller jusqu’à 50 000 €, pour les professionnels de santé s’installant ou développant leur activité sur des zones faiblement dotées en offre de soins).
Quelles exonérations fiscales pour s'installer en libéral ?
Outre les aides citées plus haut, certaines exonérations fiscales concernent aussi les professionnels de santé(5) :
- l'exonération permanente de cotisation foncière des entreprises (CFE) des sages-femmes exerçant en nom propre ;
- selon les collectivités, l’exonération généralement temporaire de CFE pour les professionnels de santé libéraux soumis à l'impôt sur le revenu en bénéfices non commerciaux (BNC), qui s'établissent ou se regroupent dans une commune de moins de 2 000 habitants ;
- l'exonération d’impôt sur les sociétés (IS) ou sur les revenus (IR), pour les professionnels de santé qui s’installent en ZRR (zone de revitalisation rurale) ou en QPV (quartier prioritaire de la ville), jusqu’à 8 ans et sous conditions, selon le dispositif.
Questions fréquentes
Oui, dans une certaine mesure. La convention médicale 2026 prévoit plusieurs dispositifs cumulables selon le profil du praticien et la zone d'installation : aide à l'installation en zone sous-dense, majoration du forfait patientèle en zone ZIP et QPV, ou encore aides proposées par les collectivités locales qui complètent souvent les dispositifs nationaux. Certains cumuls sont toutefois encadrés ou plafonnés. Pour construire un plan de financement précis, il est recommandé de se rapprocher de sa CPAM ou d'un conseiller spécialisé en installation libérale.
Entré en vigueur le 1er janvier 2026, le forfait médecin traitant (FMT) remplace le FPMT et la Rosp. Il repose sur une logique individualisée par patient (âge, pathologie chronique, situation de précarité et parcours de prévention). Les médecins installés en zone ZIP ou QPV bénéficient par ailleurs d’une majoration de 10 % leur FMT, (voire de 50 % la première année et de 30 % la deuxième année suivant une primo-installation sur ces zones).
Les infirmiers qui s'installent ou exercent dans une zone classée « très sous-dotée » peuvent adhérer au contrat incitatif infirmier, mis en place par l'Assurance Maladie. Ce dispositif prévoit le versement d’une aide forfaitaire de 37 500 € en cas de primo-installation (Capii) ou de 27 000 € en cas d’installation (CAII), avec un engagement de maintien de l’activité pendant 5 ans, réalisée au moins à 50 % sur la zone d’implantation.

