Les infirmiers peuvent désormais interpréter les résultats de glycémie capillaire et adapter les doses d’insuline

Le 10.03.2021 par Stéphanie Tamburini
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Prise de glycémie capillaire

Un arrêté du 1er mars 2021* étend au territoire national un protocole de coopération expérimenté en Ile-de-France, intitulé "Interprétation des résultats de glycémie capillaire, et adaptation des doses d’insuline de patients atteints de diabète de type 1, de diabète de type 2, ou de diabète gestationnel, par un infirmier en consultation hospitalière en lieu et place du médecin".
Selon quelles modalités ?

*Arrêté du 1er mars 2021

Sommaire

Qui sont les professionnels concernés ? >
Pourquoi cette nouvelle compétence infirmière ? >
Quels sont les patients concernés ? >
Quels sont les actes autorisés ? >
Dans quels lieux ? >
Dans quelles situations l'intervention du médecin est-elle requise ? >
Quelles sont les modalités d'information au patient ? >
Quelle formation ? >
Cette nouvelle compétence est-elle intégrée dans les compétences infirmières listées dans le Code de la santé publique ? >

Qui sont les professionnels concernés ?

Ce sont les médecins spécialisés en endocrinologie et maladies métaboliques et les infirmiers diplômés d'Etat.

Pourquoi cette nouvelle compétence infirmière ?

La mise sous insuline et le suivi des doses nécessitent des consultations fréquentes et longues. Or, le nombre de médecins, généralistes comme spécialistes, est insuffisant pour les assurer. Les infirmiers assurent certes un suivi au domicile du patient, mais ils n'ont pas le droit de modifier les doses d'insuline.

Il en découle un recours à des hospitalisations qui pourraient être évitées.

En multipliant le nombre de consultations pour suivi du diabète, ce protocole permettra de réduire ces hospitalisations et, pour le médecin, de dégager des disponibilités pour recevoir et prendre en charge de nouveaux patients.

Quels sont les patients concernés ?

Plusieurs conditions sont requises.

Le patient doit :

  • être atteint de l'un des trois types de diabètes visés par le protocole,
  • avoir déjà un traitement instauré par un médecin,
  • avoir déjà fait l'apprentissage de l'auto-surveillance glycémique.

Sont exclus du protocole :

  • les mineurs,
  • les femmes enceintes,
  • les patients refusant le protocole,
  • les personnes diagnostiquées par le médecin comme fragiles ou dépendantes, et ne pouvant pas assurer l'auto-surveillance glycémique.

Quels sont les actes autorisés ?

Le protocole vise deux types d'actes pour le suivi du diabète gestationnel, du diabète de type 1 et du diabète de type 2 :

  • l'interprétation des résultats de glycémie capillaire réalisée par le patient,
  • l'adaptation des doses d'insuline rapide et lente pour obtenir les objectifs glycémiques fixés par le médecin.

Dans quels lieux ?

  • La structure hospitalière dans laquelle la consultation a lieu doit disposer de deux diabétologues certifiés.
  • Le protocole doit être mis en œuvre dans des locaux de consultation pourvus de matériel pour l'éducation thérapeutique (lecteur de glycémie, matériel d'injection, stylo-test, pompe à insuline).

Il n'est pas nécessaire qu'un médecin soit présent sur le lieu-même de la consultation mais il doit en revanche pouvoir être joint facilement.

Dans quelles situations l'intervention du médecin est-elle requise ?

Le médecin continue à voir le patient en consultation, en plus de celles réalisées par l’infirmier, mais de façon plus espacée. A cette occasion, il prend connaissance des actes réalisés par l’infirmier et organise, à intervalles réguliers, des réunions pour aborder les questions opérationnelles et revenir sur les difficultés éventuellement rencontrées.

Mais certaines situations imposent le recours au médecin délégant de la structure (ou, en son absence, à un autre médecin présent ou au médecin traitant), sous des délais variables.

Pour demander une conduite à tenir sous un délai de 3 jours

  • lorsque les chiffres glycémiques sont au double de ce qu'ils étaient lors de la précédente consultation ;
  • lorsque la fréquence hebdomadaire des malaises hypoglycémiques est en augmentation au lieu d'être en diminution ;
  • en cas d’inaptitude du patient à suivre les recommandations d'adaptation des doses d'insuline.

Pour demander une conduite à tenir dans les 12 heures

  • hypoglycémie sévère (ayant nécessité le recours à une tierce personne pour être re-sucré) ;
  • décompensation cétosique.

Sans délai

Il doit être immédiatement fait appel au 15, avec avertissement secondaire au délégant, en cas d'hypoglycémie sévère avec convulsion et/ou coma lors de la consultation.

Quelles sont les modalités d'information au patient ?

Le médecin en charge du patient lui explique oralement qu’il peut être envisagé un suivi conjoint avec un infirmier pour la gestion de son insulinothérapie, dans le cadre du protocole.

Le patient est libre d'accepter ou non.

S’il est d'accord, le médecin recueille sa signature et la feuille de consentement est classée au dossier.

En cas de désaccord, le patient est pris en charge par le médecin de façon habituelle, et son refus est également consigné au dossier.

Quelle formation ?

La formation, de 80 heures, se répartit à égalité entre théorie et pratique (celle-ci consistant en la participation à des ateliers d'éducation thérapeutique et de consultation).

Une expérience minimale de l’infirmier d’une année dans un service ou une unité de diabétologie est requise.

Cette nouvelle compétence est-elle intégrée dans les compétences infirmières listées dans le Code de la santé publique ?

Les textes qui régissent les compétences des infirmiers dans le Code de la santé publique (articles R. 4311-1 et suivants) ne sont pas modifiés.

En effet, lorsqu’un protocole de coopération est généralisé, c'est le Comité national des coopérations interprofessionnelles qui peut proposer (ou non) l'intégration de ces actes dérogatoires dans les compétences réglementaires.

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Stéphanie Tamburini
L’auteur

Stéphanie Tamburini

Juriste MACSF

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