Les troubles musculosquelettiques (TMS) : de quoi s'agit-il ? Les professionnels de santé particulièrement exposés

Le 04.12.2020 par Bruno FRATTINI – Cadre Supérieur de Santé IADE – Expert en Prévention des Risques MACSF
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TMS

Les troubles musculosquelettiques (TMS) font partie des maladies professionnelles les plus courantes et affectent de nombreux professionnels de santé. Que sont les TMS et quelles en sont les principales causes ? Certains personnels soignants sont-il plus exposés ? Quel est le rôle et la responsabilité de l'employeur en cas de survenance de cette maladie ? 

Sommaire

Qu'est-ce-qu'un trouble musculosqulettiques (TMS) >
Quelques chiffres-clés >
La maladie professionnelle le plus indemnisée en France >
Comment surviennent les TMS >
Existe-t-il un cadre réglementaire abordant la thématique des TMS ? >
Qu’en est-il pour les professionnels de santé ? >
Pour aller plus loin >

Qu'est-ce-qu'un trouble musculosqulettique (TMS) ?

Les troubles musculosquelettiques sont des troubles de l’appareil locomoteur pour lesquels l’activité professionnelle peut jouer un rôle dans la genèse, le maintien ou l’aggravation. Les TMS affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs, c’est-à-dire les tissus mous.1

Ils se traduisent principalement par des douleurs et une gêne fonctionnelle plus ou moins importantes, souvent quotidiennes et provoquées ou aggravées par le travail.2

Les TMS génèrent le plus souvent des douleurs musculaires, des tendinites ou des syndromes canalaires (compression d’un nerf ou d’une racine nerveuse dans un passage anatomique).

Les médecins retrouvent fréquemment des symptomatologies typiques de ces TMS :

  • des lombalgies,
  • des cervicalgies,
  • des syndromes du canal carpien,
  • des syndromes de la coiffe des rotateurs,
  • des épicondylites,
  • et parfois des hygromas du genou…

TMS : quelques chiffres-clés3

  • Première cause de maladies professionnelles indemnisées.
  • 87 % des maladies professionnelles reconnues par le régime général : 42349 cas en 2017.
  • 53 à 73 % de sous-déclaration des TMS selon la localisation.
  • Une répartition par localisation de ces TMS est proposée par Santé publique France :
    - poignet – main – doigts : 37 %, 
    - épaule : 31 %, 
    - coude : 22 %, 
    - dos : 7%...

La maladie professionnelle la plus indemnisée en France

Les TMS sont la première cause de maladies professionnelles, tant au régime général de la Sécurité Sociale qu’au régime agricole.

Connues depuis 1990 en France, on constate une augmentation régulière des indemnisations pour ce motif.

Elles constituent également le premier motif de journées de travail perdues, se chiffrant en millions de journées de travail (plus de 10 millions en 2015).

Les experts du sujet pensent que les chiffres recensés sont sous-estimés, en France et en Europe. 

La 6e enquête européenne menée en 2015 sur les conditions de travail a montré que les pathologies du dos et les douleurs musculaires du cou et des membres supérieurs représentaient les 2 premiers motifs de maladies professionnelles pour les travailleurs européens.

Comment surviennent les TMS ?

Les causes sont diverses. Elles sont rarement uniques, souvent multiples et peuvent apparaître sans que le travail soit impliqué (maladies endocriniennes, grossesse, activités sportives…).

Mais cette typologie de pathologies est très souvent liée aux facteurs professionnels, avec une morbidité non négligeable. Le rôle de ces facteurs est mis en évidence que ce soit dans l’apparition de la maladie, leur maintien ou leur aggravation.

Les contraintes professionnelles qui favorisent les TMS sont :

  • De nature physique avec les contraintes biomécaniques dues aux tâches à réaliser, notamment pour le travail qui sollicite le membre supérieur, avec le port de charges lourdes par exemple.
  • De nature psychosociale et organisationnelle lorsque l’on demande des cadences élevées par exemple, situation de stress, travail en horaire atypique, amplitude de travail importante…

D’autres facteurs de risques peuvent être également retenus comme les facteurs individuels avec l’âge, le sexe, les antécédents du travailleur (surpoids, pathologies associées…).

Enfin, on peut penser que l’absentéisme généré a des impacts certains, car trop souvent la charge de travail de la personne absente est redistribuée sur les personnes présentes. Des effectifs trop contraints engagent les organisations dans des spirales infernales… 

Existe-t-il un cadre réglementaire abordant la thématique des TMS ?

Il n’existe pas de cadre réglementaire spécifique à cette problématique de santé au travail.

On peut néanmoins retenir l’article L. 4121-1 du Code du Travail qui pose le bien-être au travail comme une obligation légale pour l’employeur.

Cet article précise :

"L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

  • des actions de prévention des risques professionnels,
  • des actions de formations et d’informations,
  • la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes".

La responsabilité de l’employeur est donc totalement impliquée dans la prévention et l’apparition des TMS.

>> En savoir plus sur la prévention des TMS : "Les troubles musculosquelettiques : comment les prévenir"

Par ailleurs, un Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) doit être remis à l’employé et être actualisé une fois par an minimum.

>> En savoir plus sur le DUERP : "La prévention des risques et le document unique" 

Qu’en est-il pour les professionnels de santé ?

Le monde de la santé n’est pas épargné par cette typologie de maladie professionnelle. A l’origine de ces pathologies, la manutention des malades

"C’est le secteur professionnel qui connaît le plus de lombalgies, devant le BTP. Un soignant sur cinq souffre de sciatique à 45 ans" précise Jean Pierre MEYER, responsable du laboratoire Physiologie au travail à l’INRS.

"Le no lifting* doit être encouragé au maximum. Des moyens de prévention existent" prône-t-il encore.

(*) no lifting = pas de levage, pas de soulèvement, pas de levée en français

Ce que l’on peut retenir

Une fréquence très élevée des troubles musculosquelettiques dans le domaine de la Santé.

Pour aller plus loin

Sources :
1Site INRS - Institut National de Recherche et de Santé

2Site Santé publique France
3Santé publique France

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