Des reports de rendez-vous et une absence de communication
Les plaintes déposées contre le praticien révèlent un schéma récurrent : des rendez-vous reportés à plusieurs reprises, une impossibilité de joindre le pédicure-podologue par téléphone, et une absence totale d’information sur les raisons de ces indisponibilités.
Le praticien a justifié ces manquements par des problèmes de santé ayant nécessité une hospitalisation.
La chambre disciplinaire a souligné que le professionnel n’avait pas informé ses patients de ses absences, ni proposé de solution alternative pour assurer la continuité des soins.
Les patients, ayant réglé des prestations non encore effectuées, se sont retrouvés dans une situation d’incertitude, sans possibilité de contacter le professionnel pour obtenir des explications ou un suivi.
Obligation de continuité des soins
Les pédicures-podologues, comme tous les professionnels de santé, sont tenus de respecter des obligations déontologiques strictes. Leur mission doit s’exercer dans le respect de la dignité des patients, de la qualité des soins et de la sécurité.
Cela implique une communication claire en cas d’indisponibilité.
Les professionnels doivent informer leurs patients de tout changement dans leur planning et leur proposer des solutions alternatives, comme un remplaçant ou un report de rendez-vous avec accord mutuel.
La facturation anticipée
La facturation ne doit intervenir qu’après la réalisation effective des prestations.
Cette décision envoie un signal fort aux professionnels de santé :
- La facturation anticipée, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un défaut de suivi, pose un problème éthique et juridique majeur et est une pratique à risque. Elle peut non seulement nuire à la relation de confiance avec les patients, mais aussi exposer les professionnels à des sanctions disciplinaires.
- Elle peut de surcroît être perçue comme une pratique commerciale abusive, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un défaut de communication et de reports de rendez-vous.
Dans ce cas précis, le praticien a facturé des bilans podologiques et des semelles orthopédiques dès la première séance, alors que les soins n’avaient pas encore été réalisés. Les patients se sont alors retrouvés sans recours suite à l’annulation de rendez-vous, sans qu’un report leur ait été proposé.
Quelques conseils de bonnes pratiques
Cette affaire illustre les dangers d’une facturation anticipée non encadrée, qui peut nuire à la réputation de la profession et à la qualité des soins.
La chambre disciplinaire ne vient pas sanctionner un praticien qui reporte un rendez-vous mais un professionnel de santé qui crée une rupture dans la continuité des soins et laisse ses patients dans l’ignorance, alors même que ces derniers ont réglé la prestation.
Lorsque vous devez reporter un rendez-vous, nous vous conseillons :
- d’en informer votre patient dans les plus brefs délais,
- de lui proposer une solution alternative : nouvelle date ou proposition d’un autre praticien susceptible de poursuivre les soins.
Enfin, nous ne pouvons que vous conseiller de ne pas pratiquer de facturation anticipée dans la mesure où cette pratique est sanctionnable.

