La reprise d’activité vue par un chirurgien esthétique

Le 11.06.2020
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Chir den témoignage

Rachel Pessis, chirurgien plasticien et esthétique à Paris (16e), revient sur son activité et celles des confrères de sa spécialité au cours de ces dernières semaines de crise du COVID-19 et dans le cadre de la reprise de son activité.

Comment votre profession a-t-elle traversé cette crise sanitaire ?

C’est bien simple, la crise s’est traduite pour nous par une baisse d’activité très importante avec un arrêt quasi complet de notre cabinet. Au début du confinement, nous nous sommes complètement arrêtés, du jour au lendemain. Nous ne traitions que les urgences, qui sont peu nombreuses dans notre spécialité.

Ainsi, nous avons subi une baisse de revenu très importante consécutive à cet arrêt, et ce, pendant quasiment deux mois, tout en continuant d’assumer différentes charges.

Comment s’est passée la reprise d’activité pour votre spécialité/profession ? À quel rythme ? Tous vos confrères ont-ils pu reprendre leur activité ? Vos relations avec votre patientèle a-t-elle évolué ?

Pendant toute la période de confinement, nous avons effectué un travail relationnel d’envergure consistant à appeler chacun de nos patients, un par un, pour prendre de leurs nouvelles, annuler leur rendez-vous, le reprogrammer et discuter avec eux de la situation. Cette démarche a été particulièrement appréciée par tous nos patients.

Ensuite, nous avons également mis à profit la période de confinement pour préparer la reprise. Nous avons planifié toute la logistique afin de redémarrer dans les meilleures conditions dès la levée des limitations imposées à la circulation des personnes.

Pour nous, la reprise s’est bien déroulée. Tout était prévu et organisé pour tout le monde : patients, accueil et médecins. Les patients qui viennent en consultation ou pour des interventions sont ceux qui ne sont pas angoissés par le virus, donc nous n’avons pas à gérer d’appréhension ou de stress de notre patientèle vis-à-vis de la circulation du virus.

Actuellement, nous travaillons à un rythme inférieur à celui que vous avions avant le 17 mars, le nombre de nos consultations a été divisé par 2 et celui de nos interventions par 1,5.

Les recommandations professionnelles des conditions de reprise ont été communiquées. Quelles ont été les difficultés rencontrées pendant ces premières semaines de reprise ? Quelles questions persistent dans votre activité ?

Nous n’avons pas rencontré de difficulté lors des premières semaines de reprise. Pour la transmission d’informations, nous avons organisé des webinars. J’ai même pu échanger avec les présidents de nos sociétés savantes sur les questions que nous pouvions avoir. Les choses ont été très bien organisées.

Le seul problème reste l’absence de revenus pendant deux mois et le fait que certains patients préfèrent annuler leurs interventions en raison de ce contexte.

La crise sanitaire a bousculé les pratiques professionnelles : télémédecine, gestion des rendez-vous, accueil des patients, aménagement du cabinet et de la salle d’attente, examen clinique…

À votre avis, à terme, votre profession va-t-elle revenir aux pratiques antérieures ou modifier sa manière d’exercer ? Va-t-elle continuer à recourir aux moyens technologiques utilisés pendant la crise, tels que la téléconsultation ?

Nous pratiquions déjà la télémédecine avant la crise sanitaire. Nous avons pu y avoir recours pendant le confinement et aujourd’hui nous continuons de travailler à distance lorsque cela est possible et souhaitable. La télémédecine constitue indéniablement un outil d’avenir !

Concernant les mesures d’hygiène, étant donné que nous réalisons des actes et gestes chirurgicaux dans le bloc opératoire de notre cabinet, nos salles sont toujours rigoureusement désinfectées. Donc, nous n’avons pas eu à changer nos pratiques. En cabinet et pour les actes stériles, nous travaillions déjà auparavant avec masques et charlottes. La seule différence : avant, nous ne portions des lunettes de protection qu’au bloc et désormais nous les portons tout le temps.

Comme nous voyons deux patients par heure, au lieu de trois précédemment, nous n’avons pas de problème de flux dans la salle d’attente. Nous avons juste installé une paroi de plexiglas à l’accueil. On désinfecte beaucoup plus régulièrement la salle d’attente, nous distribuons des masques et mettons du gel à la disposition de nos patients.

Un bon conseil à vos confrères en cette période de reprise ?

D’abord, sur le plan légal, il est essentiel de bien respecter toutes les précautions édictées par les sociétés savantes. Concrètement, aujourd’hui, il convient de soumettre aux patients un document supplémentaire de consentement à l’acte chirurgical spécifique au COVID. Notre spécialité pratique la chirurgie et est donc très cadrée en temps normal. Désormais, le passage des patients au laboratoire avant une opération implique simplement l’ajout du PCR du COVID.

Il me semble surtout essentiel d’être en phase avec les recommandations de son établissement. Nous avons l’habitude de suivre les mesures préconisées par le Comité de Lutte Contre les Infections (CLIN) et nous n’avons bien évidemment pas dérogé à cette règle.

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