Nouvelle publication MACSF : "En pratiques"
En pratiques est la nouvelle publication de la MACSF consacrée aux enjeux médicaux, médico-légaux et à la prévention du risque médical. Chaque numéro s’appuie sur des cas concrets issus de l’exercice professionnel pour apporter l’éclairage du Conseil Médical MACSF sur les facteurs de risque, les enseignements à retenir et les moyens de sécuriser les pratiques.
Fort de son expérience dans l’analyse des dossiers de responsabilité civile professionnelle, le Conseil Médical MACSF, composé d’experts du risque médical, partage ainsi son expertise avec les professionnels de santé à travers des analyses et des préconisations concrètes et opérationnelles.
Publiée exclusivement en ligne, à raison de deux à trois numéros par an, En pratiques aborde à chaque numéro une thématique médicale en lien avec les enjeux rencontrés au quotidien par les professionnels de santé.
Pour ce premier numéro, En pratiques s’intéresse à l’imagerie médicale, une spécialité en pleine évolution, et analyse les principaux risques auxquels elle est confrontée ainsi que les leviers de prévention.
Le sommaire de "En pratiques - imagerie médicale"
- L’imagerie médicale en chiffres
- Les chiffres clés
- Risque médico-légal en imagerie médicale : « un parcours à risque » ?
- Prévention du risque en imagerie médicale
- Quelques exemples
- Préconisations MACSF
- Conclusion
- Pour aller plus loin
L’imagerie médicale en chiffres
En France, l’imagerie médicale évolue dans un contexte de forte activité et de transformation des pratiques. En 2025, on comptait 9 342 radiologues, dont 60% exerçaient dans le secteur public et 40% en libéral. Le nombre de radiologues et de manipulateurs en électroradiologie médicale a progressé respectivement de 10% et 13% entre 2014 et 2024.
Dans le même temps, les équipements et les pratiques se diversifient : développement des actes interventionnels, recours croissant à la téléradiologie et montée en puissance des solutions d’intelligence artificielle.
Du côté de la sinistralité, la MACSF observe une fréquence moyenne de 1,92%, soit environ un sinistre pour 52 radiologues assurés.
Quels sont les principaux risques médico-légaux ?
L’analyse des réclamations enregistrées entre 2016 et 2025 met en évidence plusieurs situations à risque.
Les erreurs diagnostiques
Les erreurs de lecture ou d’interprétation constituent le principal motif de réclamation. Elles peuvent conduire à une lésion non détectée, à une erreur d’interprétation ou à un retard de prise en charge.
Le risque concerne notamment l’imagerie conventionnelle, le scanner et l’IRM. La qualité des informations cliniques transmises, la charge de travail, les interruptions de tâche ou encore les difficultés de communication entre professionnels peuvent contribuer à ces situations.
Les actes interventionnels
Le développement de la radiologie interventionnelle s’accompagne d’une diversification des gestes et des risques associés.
L’indication de l’acte, l’évaluation de la balance bénéfice-risque, les alternatives possibles, l’information du patient et le recueil de son consentement doivent faire l’objet d’une attention particulière.
La téléradiologie et les nouvelles organisations
La téléradiologie et la délégation de certaines tâches modifient l’organisation de la prise en charge.
Ces pratiques nécessitent de définir clairement les responsabilités de chacun et de mettre en place des processus rigoureux, notamment concernant la réalisation de l’examen, la transmission des images et leur interprétation.
Les incidents liés à l’examen
Chutes lors de l’installation ou du transfert du patient, réactions aux produits de contraste, infections associées aux soins ou encore non-respect de certaines contre-indications peuvent également engager la responsabilité des professionnels ou des structures concernées.
Prévenir les risques : une approche collective
La prévention ne repose pas uniquement sur la vigilance individuelle du radiologue. Elle s’appuie sur une organisation capable de prévenir les défaillances, de les détecter et d’en limiter les conséquences.
Parmi les principales barrières de sécurité figurent notamment :
- la vérification de l’identité du patient et de la pertinence de l’examen ;
- le recueil et la traçabilité des informations cliniques et du consentement ;
- la recherche des contre-indications, notamment avant une IRM ou une injection de produit de contraste ;
- la standardisation et le respect des protocoles ;
- la sécurisation des actes interventionnels ;
- la formation des équipes et la disponibilité du matériel adapté ;
- la qualité et la rapidité de transmission des comptes rendus ;
- la seconde lecture ou la confrontation radio-clinique dans certaines situations ;
- l’analyse des événements indésirables et le retour d’expérience.
Cette approche vise à renforcer la sécurité de l’ensemble du parcours plutôt qu’à rechercher une maîtrise individuelle et absolue du risque.
Sociétaires MACSF, vous avez besoin d'informations supplémentaires ? Un médecin conseil est joignable à tout moment dans le cadre de votre contrat responsabilité civile professionnelle-protection juridique.
L’IA : une aide, pas un remplacement
L’intelligence artificielle prend une place croissante en imagerie médicale, notamment pour contribuer à la détection d’anomalies.
Dans le cadre présenté par le Conseil médical MACSF, ces solutions doivent être considérées comme une aide technique : le radiologue reste responsable de l’interprétation de l’examen.
L’évolution des usages de l’IA constitue ainsi un nouvel enjeu pour la pratique et la responsabilité médicale.
Les préconisations du Conseil médical MACSF
Pour contribuer à la prévention des risques en imagerie médicale, le Conseil médical MACSF recommande notamment de :
- informer le patient sur l’examen et ses éventuels risques, en assurant la traçabilité du consentement ;
- rester vigilant lors de l’installation et du transfert des patients, notamment les personnes vulnérables ;
- rechercher les éventuelles contre-indications avant une injection de produit de contraste ;
- réévaluer la pertinence d’un examen en cas de doute, avec le médecin prescripteur ;
- respecter les protocoles lors des actes interventionnels ;
- disposer de personnels formés et du matériel nécessaire en cas de réaction allergique ou d’hypersensibilité ;
- sécuriser les conditions de réalisation de la téléradiologie ;
- maintenir les équipements conformément aux préconisations ;
- suivre les évolutions technologiques susceptibles de contribuer à la sécurité des examens ;
- rédiger des comptes rendus clairs et préciser les suites éventuelles ;
- s’assurer de leur transmission dans les meilleurs délais aux destinataires concernés.
Pour découvrir l’analyse complète, les chiffres de sinistralité, les situations à risque et les cas concrets étudiés par le Conseil médical MACSF, téléchargez la publication :

