"Les petites entorses au secret médical" : un non-respect de la confidentialité dans un laboratoire d’analyses médicales
Stéphanie Tamburini
Le 01.09.2025
À 13:32
4 min
Le secret médical est au cœur de la relation soignant/patient. Les professionnels de santé connaissent bien l'obligation qui leur est faite de le préserver et de le respecter. Pourtant, dans la pratique quotidienne et de manière parfois inconsciente, de petites entorses à ce principe essentiel peuvent se produire. Illustration avec le cas de Véronique, secrétaire dans un laboratoire d’analyses médicales, qui a manqué de discrétion…
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Le secret médical est au cœur de la relation soignant/patient. Les professionnels de santé connaissent bien l'obligation qui leur est faite de le préserver et de le respecter. Pourtant, dans la pratique quotidienne et de manière parfois inconsciente, de petites entorses à ce principe essentiel peuvent se produire. Illustration avec le cas de Véronique, secrétaire dans un laboratoire d’analyses médicales, qui a manqué de discrétion…
Le motif d'un examen révélé à tous les patients présents...
La situation
L'analyse de la situation
Véronique a été imprudente à plusieurs égards :
- Elle n’a pas respecté la confidentialité des échanges avec le patient en révélant à toutes les personnes présentes dans la salle d’attente (et dans la file derrière lui) le motif de sa venue au laboratoire et les examens qu’il va réaliser.
- Elle a invité le patient suivant à s’approcher du bureau d’accueil alors que le jeune patient se trouvait à ce même bureau, à quelques centimètres, en train de compléter un questionnaire comportant des données médicales particulièrement sensibles puisque relevant, pour la plupart des questions, des pratiques sexuelles.
En tant que secrétaire du laboratoire, Véronique est tenue au respect du secret médical et il appartient à l’employeur d’y veiller. Si, en cas de mise en cause au civil, c’est le laboratoire employeur qui sera considéré comme responsable, il en va différemment sur le plan pénal, où les poursuites sont personnelles.
Les conseils de la MACSF
- Respectez autant qu’il est possible un espace de confidentialité, qu’il soit matérialisé ou non par une ligne au sol.
- Échangez avec le patient à voix basse, ou du moins avec discrétion, afin que les personnes aux alentours ne puissent pas saisir la nature des propos.
- Si un questionnaire ou un document quelconque doit être complété, mettez à disposition du patient un lieu ou un espace où il pourra s’isoler et ainsi ne pas exposer de données sensibles à la vue de tous. Si ce n’est pas possible, attendez alors que le patient ait fini de compléter le document avant d’appeler le patient suivant au bureau d’accueil.
- En toutes hypothèses, évitez absolument d’évoquer avec le patient des éléments médicaux autres que ceux absolument indispensables pour sa prise en charge au laboratoire. Cela relève davantage du technicien de laboratoire qui, une fois dans le box avec le patient, pourra évoquer sa situation dans de meilleures conditions de confidentialité.
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À propos de l'auteur
Stéphanie Tamburini
Titulaire d'un Master 2 en Droit de la santé, Stéphanie Tamburini est juriste à la MACSF depuis 1995. Après la gestion de sinistres en responsabilité civile professionnelle, notamment les dossiers à hauts enjeux et plusieurs années au sein du bureau d’études juridiques en RCP, elle se consacre désormais à l’information des professionnels de santé sur leur cadre médico-légal d’exercice, leurs compétences et le monde de la santé.

