Crédit immobilier : l'année 2016 va s'achever sur un nouveau record

Le 28.12.2016 par EDOUARD LEDERER

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Les volumes de prêts à l'habitat devraient dépasser en 2016 le montant déjà inédit de 2015. Les taux historiquement faibles, puis la crainte de les voir remonter, ont largement soutenu l'activité.

Nouvelle année record en vue pour le crédit immobilier. Après une année 2015 historique - les prêteurs avaient alors décaissé 203 milliards d'euros de crédit immobilier - les banques sont bien parties pour faire au moins aussi bien. Rien qu'en octobre (derniers chiffres disponibles), elles ont distribué 24 milliards d'euros de crédits à l'habitat, des montants jamais vus ! Sur les dix premiers mois de l'année, les banques ont déjà accordé 188,8 milliards d'euros de « crédits immo », soit 17 milliards d'euros de plus que sur la même période de 2015. Les chiffres de novembre et de décembre ne seront publiés qu'au début de 2017, mais la trajectoire devrait rester dynamique, d'autant que depuis novembre 2014, la production mensuelle de crédit immobilier n'a jamais été inférieure à 10 milliards d'euros.

Cet engouement pour le crédit s'explique avant tout par la faiblesse des taux d'intérêt, qui se sont établis en moyenne à 1,31 % en novembre, selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. L'effet taux s'est révélé particulièrement puissant puisque, selon une récente étude du Crédit Foncier, le coût du crédit a été divisé par 2,5 en France entre 2008 et 2016. De quoi offrir aux Français un gain de pouvoir d'achat de 29 % sur la période, compte tenu de la quasi-stabilité des prix de l'immobilier.

Renégociations

Pour en profiter, les particuliers ont massivement cherché à renégocier - ou à se faire racheter - leur prêt à des conditions de taux plus favorables. Ces opérations, déjà massives en 2015, sont revenues en force à la mi-2016. Elles ont même représenté 54 % des nouveaux prêts en octobre.

Au-delà des renégociations, le crédit à l'habitat se porte bien. Les « transactions sur le marché immobilier résidentiel [...] retrouvent les plus hauts niveaux observés jusqu'en 2008, puis début 2012 », notait récemment le Haut Conseil de stabilité financière. « En 2016, nous avons enregistré une hausse de 10 % sur un an des demandes de financement avec promesse de vente signée, hors renégociations », souligne Cécile Roquelaure, directrice communication et études chez le courtier Empruntis. Les taux faibles ne sont d'ailleurs pas les seuls responsables de cette flambée : les aides à la pierre comme le PTZ ont réanimé le secteur du résidentiel, tout comme les prix, relativement stables jusqu'à une période récente.

Le crédit va-t-il pouvoir longtemps progresser à une telle cadence ? Régulièrement annoncée, la remontée des barèmes bancaires vient de s'enclencher, de manière encore limitée. Ce mouvement pourrait refroidir les ardeurs des derniers emprunteurs en quête de renégociation. Du côté des acquisitions, « à condition que les prix ne s'enflamment pas, le volume des nouveaux crédits en 2017 devrait être équivalent ou légèrement inférieur à celui de 2016, grâce au maintien des dispositifs d'aide et aux taux qui, même s'ils augmentent, devraient rester à des niveaux très bas », explique Cécile Roquelaure. Dernière inconnue de taille : sur un marché immobilier soutenu par les politiques publiques, une année présidentielle peut être riche en rebondissements, ou provoquer de l'attentisme.

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