Quel est le revenu moyen en exercice libéral ? Une activité conventionnée
L’exercice libéral est le mode majoritaire (79% des professionnels). Le revenu de l'orthophoniste ne dépend pas d'un salaire fixe mais d'honoraires régis par la convention nationale.
- Le chiffre d'affaires moyen : en 2023, les honoraires annuels moyens s'élevaient à 57 969 €. Ce montant correspond aux recettes brutes avant déduction des charges.
- Le paiement à l’acte : la rémunération repose sur la Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP). Chaque acte est associé à un coefficient (par exemple : AMO 24, AMO 50) multiplié par la valeur de l’unité (2,50 €).
- Rythme de travail : un orthophoniste effectue en moyenne 1 604 actes par an, soit environ 38 séances par semaine.
Les compléments de rémunération : Forfaits et majorations
Au-delà de l'acte de soin, plusieurs dispositifs permettent de valoriser la pratique et de répondre à des enjeux de santé publique :
- Majoration Enfant (MEO) : Une majoration de 6 € par séance pour la prise en charge des enfants de moins de 3 ans.
- Forfait Handicap (FOH) : Une aide de 50 € par an et par patient pour compenser le temps de coordination nécessaire pour certaines pathologies lourdes ou situations de handicap.
- Forfait Post-Hospitalisation (FPH) : Un montant de 100 € versé pour assurer la continuité des soins après une sortie d’hôpital.
Les aides à l'installation en zones prioritaires
Pour lutter contre les déserts médicaux, l'Assurance Maladie propose des contrats incitatifs financiers importants dans les zones dites "sous-denses" pour aider les orthophonistes dans leur installation:
- Contrat d’Aide à la Première Installation (CAPI) : Une aide de 30 000 € versée sur 5 ans pour les jeunes diplômés ou les premières installations.
- Contrat d’Aide à l’Installation (CAI) : Pour les professionnels déjà installés souhaitant déménager en zone sous-dense, l'aide est de 19 500 € sur 5 ans.
- Contrat d’Aide au Maintien (CAMO) : Pour ceux déjà présents dans ces zones, une aide de 1 500 € par an est prévue pour encourager la poursuite de l'activité.
- Aide à la Modernisation (FAMI) : Une aide annuelle (sous conditions de télétransmission et d'équipement) pour soutenir les frais informatiques du cabinet.
Le salariat : Grilles et point d'indice
Le secteur salarié (8 % de la profession, incluant l'exercice mixte) concerne les hôpitaux publics, les centres de rééducation et le secteur médico-social.
- Fonction Publique Hospitalière (FPH) : La rémunération est calculée selon une grille indiciaire liée au grade et à l'échelon. Au 1er janvier 2025, la valeur du point d'indice est de 4,92278 €.
Pour un orthophoniste de classe normale :
Échelon 1 : | 2 102,03 € brut mensuel (indice majoré 427) |
Échelon 2 : | 2 215,25 € brut mensuel (indice majoré 450) |
Échelon 3 : | 2 353,09 € brut mensuel (indice majoré 478) |
Échelon 4 : | 2 490,93 € brut mensuel (indice majoré 506) |
Échelon 5 : | 2 628,76 € brut mensuel (indice majoré 534) |
- Secteur Privé : Les salaires dépendent des conventions collectives (CCN 51, CCN 66).
La FNO souligne régulièrement un manque d'attractivité du salariat dû à des grilles de salaires qui ne reflètent pas toujours le niveau de responsabilité et le grade Master (Bac+5) des orthophonistes.
Charges et bénéfice net
Il est crucial de distinguer le chiffre d'affaires (honoraires) du revenu réel (bénéfice). L'orthophoniste libéral doit s'acquitter de charges sociales obligatoires :
- URSSAF : Pour l'assurance maladie et les allocations familiales.
- CARPIMKO : Pour la retraite et la prévoyance.
- Frais de cabinet : Loyer, assurances, matériel de test et de rééducation.
En moyenne, les charges représentent environ 40 % à 45 % du chiffre d'affaires brut.
Devenir orthophoniste : les bons réflexes pour une installation réussie
Passer du statut d'étudiant à celui d'orthophoniste libéral représente un tournant professionnel majeur. Au-delà de la dimension financière, cette transition nécessite une préparation rigoureuse pour sécuriser votre projet et exercer sereinement.
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter notre article : 7 conseils pour se lancer en libéral >
Les assurances indispensables pour un orthophoniste débutant son activité :
La Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) et Protection Juridique (PJ) : une obligation légale
Depuis la loi du 4 mars 2002, tout orthophoniste libéral doit obligatoirement souscrire une assurance RCP. Cette garantie vous protège en cas de mise en cause par un patient suite à un dommage causé dans l’exercice de votre profession.
La Protection Juridique complémentaire vous assiste pour tout autre litige d’ordre professionnel ou privé (hors litiges matrimoniaux). Pour ces derniers, nous intervenons dès lors que le montant en jeu dépasse 500 €*.
* Ce seuil de 500 € s'applique uniquement à la Protection Juridique.
L'assurance RCP MACSF propose des plafonds de garantie élevés : jusqu’à 8 millions d'euros par sinistre et 15 millions d'euros par année d'assurance. Cette couverture s'active dès le premier jour d'exercice, que vous soyez remplaçant, collaborateur ou installé.
Au-delà de la simple obligation légale, MACSF vous accompagne avec :
- Une équipe d'experts pluridisciplinaire dédiée à votre écoute (médecins, juristes spécialisés en droit médical…).
- La prise en charge des frais de procédure (honoraires d’avocat, d’huissier, d’expertise…)
- Une assistance e-réputation pour protéger votre image professionnelle(1)
- Des garanties optionnelles comme les "pertes financières"(2) en cas de déplacement pour expertise
Plafonds de garantie MACSF en vigueur en 2026(3). Garanties soumises aux conditions générales et particulières du contrat RCP-PJ MACSF.
L'assurance multirisque du cabinet professionnel
Bien que non obligatoire, l'assurance multirisque professionnelle est fortement recommandée pour protéger votre cabinet médical. Elle couvre :
- Les dommages aux locaux (incendie, dégât des eaux, bris de glace, vol….)
- Le matériel et mobilier professionnel
- La perte d'exploitation en cas d'interruption d'activité
- Les cyber-risques liés à la gestion informatisée des données patients
La prévoyance : Pourquoi est-elle essentielle ?
L’exercice libéral offre une grande liberté, mais comporte un risque majeur : l'absence de revenus en cas d'arrêt d'activité. Les régimes obligatoires ne couvrent que partiellement vos besoins :
- La CPAM : verse des indemnités journalières calculées sur la base de vos revenus déclarés, mais leur montant est plafonné.
- La CARPIMKO : impose 90 jours de carence avant tout versement, laissant un vide financier important les trois premiers mois.
Souscrire une prévoyance complémentaire est donc la solution pour garantir le maintien de votre niveau de vie et de vos revenus.
Les + de la Prévoyance MACSF
Face à un accident, une maladie ou une agression, notre contrat de prévoyance complète ces insuffisances pour protéger votre quotidien :
- Maintien du revenu : compensation de votre perte de gain pour préserver votre niveau de vie.
- Prise en charge des charges fixes : versement dédié pour couvrir vos frais professionnels (loyer, URSSAF, emprunts).
- Protection familiale : en cas d'invalidité ou de décès, nous préservons l'indépendance financière de vos proches.
- Accompagnement dédié : un contrat conçu avec des formalités simplifiées et des prestations d'assistance.
Prenez rendez-vous avec un conseiller spécialisé pour évaluer vos besoins spécifiques et bénéficier d'un accompagnement personnalisé dans votre projet d'installation.
Vous pouvez également consulter notre page Start’Orthophoniste, comprenant toutes les offres dédiées aux jeunes orthophonistes libéraux.

