Choix d'exercice des jeunes médecins : les chiffres-clés
L'équipe éditoriale MACSF
Le 06.10.2026
À 14:00
2 min
Sommaire
-
L'IA en santé : quels usages ?
Le 27.03.2025
- partager l'actualité sur facebook
- partager l'actualité sur twitter
- partager l'actualité sur linkedin
- partager l'actualité par mail
Cet article en bref
- Au 1er janvier 2026, la France compte 245 847 médecins en activité, en hausse de 1,9 % sur un an.
- Les moins de 40 ans représentent 31,1 % des médecins en activité et dépassent pour la première fois les 60 ans et plus.
- Le salariat devient le premier mode d'exercice à 47 %, devant le libéral exclusif (41,6 %).
- Les femmes sont majoritaires pour la première fois à 50,5 % des médecins en activité.
- La médecine générale recule en proportion, même si ses effectifs restent stables.
Des chiffres à distinguer
Avant de nous pencher plus en détail sur les chiffres clés des choix d’exercice des jeunes médecins, faisons tout d’abord le point sur les trois grands viviers de professionnels de santé qui existent :
- Les médecins inscrits au Tableau de l'Ordre : 343 562 au 1er janvier 2026, retraités compris.
- Les médecins en activité : 245 847 tous modes d'exercice confondus (activité régulière, intermittente ou cumul emploi-retraite).
- Les médecins en activité régulière : 205 214, soit l'activité considérée comme pleine.
Primo-inscrits et jeunes médecins : les tendances qui émergent
Les choix professionnels des jeunes médecins évoluent nettement. Le salariat s'impose, le remplacement s'installe comme mode d'entrée dans la carrière et la féminisation s'accélère. Pourquoi ? Car ces évolutions traduisent de nouvelles attentes générationnelles liées à l’exercice en équipe, à des horaires maîtrisés et à une plus forte délégation des tâches administratives.
Une tendance marquée en faveur du salariat
Le salariat devient, pour la première fois, le premier mode d'exercice des médecins en activité.
Mode d'exercice | Part des médecins en activité (2026) |
|---|---|
| Salariat | 47 % |
| Libéral exclusif | 41,6 % |
| Exercice mixte | 11,4 % |
En 2015, le salariat ne représentait encore que 42,2 % des médecins. La tendance varie toutefois selon la spécialité. Le libéral exclusif reste majoritaire chez les généralistes (54,7 %) et chez les spécialistes chirurgicaux (44,4 %). Le salariat domine en revanche chez les spécialistes médicaux où il regroupe 59,9 % des médecins en activité.
Pour approfondir ce choix de statut, voir :
- Salarié, libéral, mixte : quel statut choisir quand on est jeune soignant ?
- Exercice mixte des médecins : une protection sur mesure.
Un rajeunissement de la profession
La profession rajeunit, c’est un fait. Au 1er janvier 2026, la part des médecins de moins de 40 ans atteint 31,1 % des médecins en activité, contre 16,4 % en 2010, soit une hausse de 14,7 points en seize ans. Pour la première fois, les moins de 40 ans sont plus nombreux que les 60 ans et plus.
L'âge moyen des médecins en activité passe de 50,4 ans en 2010 à 49,9 ans en 2026.
Le remplacement, porte d'entrée dans la carrière
Le remplacement s'est imposé comme première étape d'exercice pour une large part des jeunes médecins.
L’Atlas de la démographie médicale propose, pour évaluer cette métrique, un suivi d'une cohorte de 1 979 médecins généralistes primo-inscrits en 2010. À leur début de carrière, 46,1 % ont exercé en activité intermittent, essentiellement des remplacements et seulement 16,5 % en libéral exclusif régulier. Quinze ans plus tard, 86,3 % de cette cohorte exerce en activité régulière, dont 51,8 % en libéral. L'installation n'est donc pas abandonnée, mais elle est différée après une phase de remplacement ou de salariat.
Pour en savoir plus sur ce mode d'entrée, découvrez notre article dédié au remplacement libéral.
Les régions privilégiées par les jeunes médecins
La répartition des jeunes médecins est très inégale selon les territoires. Attention en revanche dans la lecture de ces chiffres, une forte proportion de jeunes médecins dans un département ne signifie pas un volume élevé d'installations, mais simplement une structure d'âge plus jeune.
Au 1er janvier 2026, les proportions de médecins de moins de 40 ans les plus élevées s'observent dans les Hautes-Alpes, le Finistère et le Maine-et-Loire. À l'inverse, les départements du centre de la France attirent le moins les jeunes praticiens. Les médecins les plus âgés se concentrent dans le Lot, la Lozère et l'Yonne.
Sur le plan des effectifs, la croissance depuis 2010 dépasse 20 % dans plusieurs départements de l'ouest et du sud, comme le Calvados, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine, le Morbihan, la Loire-Atlantique, la Gironde, les Pyrénées-Atlantiques et les départements alpins. Elle recule de plus de 20 % dans des départements comme l'Aveyron, la Charente, le Cher ou la Creuse.
Pour situer son projet d'installation, découvrez cette étude démographique de l’installation libérale.
Les spécialités : effectifs et évolutions
Au 1er janvier 2026, les médecins en activité régulière se répartissent en trois groupes.
Groupe de spécialité | Effectif | Part |
|---|---|---|
| Médecine générale | 82 768 | 40,3 % |
| Spécialités médicales | 96 433 | 47,0 % |
| Spécialités chirurgicales | 26 008 | 12,7 % |
Au cours de l'année 2025, les soldes d'effectifs (entrées moins sorties) les plus positifs concernent la médecine générale (+1 166), la médecine d'urgence (+570), l'anesthésie-réanimation (+331) et la pédiatrie (+265). À l'inverse, quelques spécialités reculent sur un an, comme la médecine du travail (-134).
Les généralistes représentaient 48 % des médecins en 2010, contre 41,8 % en 2026. Depuis 2010, les effectifs de généralistes sont quasi stables (-0,6 %), alors que ceux des spécialistes médicaux et chirurgicaux ont progressé d'environ 25 %.
Les femmes, aujourd’hui majoritaires dans la profession
La profession poursuit sa féminisation ! Au 1er janvier 2026, les femmes sont majoritaires pour la première fois et représentent 50,5 % des médecins en activité contre 40,1 % en 2010. En effectifs, on compte 124 155 femmes pour 121 691 hommes.
Cette dynamique est encore plus forte chez les plus jeunes médecins. En effet, au 1er janvier 2025, les femmes représentaient 57 % des médecins de moins de 40 ans et l'Atlas 2026 confirme la poursuite de cette tendance. Chez les primo-inscrits, la part des femmes est passée de 40 % en 2010 à 51,3 % en 2023.
Quelles perspectives pour la profession ?
De ces chiffres, on peut deviner plusieurs tendances pour les années à venir. Le salariat devrait continuer de progresser, porté par de nouveaux modes d'organisation comme les maisons de santé pluriprofessionnelles et les centres de santé. L'exercice en équipe s'impose et devrait continuer de s’imposer dans les prochaines années comme le modèle dominant au détriment de l'installation libérale isolée.
Le numérique et l'intelligence artificielle modifient par ailleurs certaines pratiques, de la téléconsultation à l'aide au diagnostic. Ces transformations posent évidemment des questions durables autour du maintien de la qualité des soins, de la préservation de la relation médecin-patient ainsi que de la répartition équitable des praticiens sur le territoire, mais devraient continuer à prendre de l’importance.
Pour comprendre ce modèle d'exercice, voir notre article dédié aux maisons de santé pluriprofessionnelles.
Questions fréquentes :
Oui, pour la première fois. Au 1er janvier 2026, les femmes représentent 50,5 % des médecins en activité, contre 40,1 % en 2010. Cette majorité est encore plus marquée chez les médecins de moins de 40 ans.
Le salariat est devenu le premier mode d'exercice à 47 % des médecins en activité. Beaucoup de jeunes médecins débutent par le remplacement ou le salariat, puis s'installent plus tard en exercice regroupé plutôt qu'en cabinet isolé.
Les proportions de médecins de moins de 40 ans les plus élevées s'observent dans les Hautes-Alpes, le Finistère et le Maine-et-Loire. Le nord-ouest et la façade atlantique sont plus jeunes. Le centre de la France attire le moins les jeunes praticiens.
Au 1er janvier 2026, la France compte 245 847 médecins en activité, tous modes d'exercice confondus, selon l'Atlas de la démographie médicale 2026 du CNOM. L'effectif a progressé de 1,9 % sur un an et d'environ 14 % depuis 2010.
Pour aller plus loin
- Médecin salarié : tout comprendre
- L'intérêt d'une prévoyance pour les internes en médecine
- Responsabilité civile professionnelle et protection juridique des libéraux
Sources :
- Conseil national de l'Ordre des médecins, Atlas de la démographie médicale en France, situation au 1er janvier 2026, Tome 1 (effectifs, âge, féminisation, modes d'exercice, répartition territoriale), publié le 31 mars 2026.
- Conseil national de l'Ordre des médecins, Atlas 2026, Tome 2 (approche territoriale des spécialités médicales et chirurgicales).
- DREES, Médecins en activité au 1er janvier 2026, pour les effectifs par spécialité (périmètre distinct de celui du CNOM).

