Cumul emploi-retraite : un dispositif très utilisé par les médecins libéraux
Selon la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France), ils étaient plus de 13 500 médecins libéraux à exercer en cumul emploi-retraite au 1er janvier 2025 — un chiffre en progression constante depuis la libéralisation du dispositif en 2009. À 70 ans, près d'un médecin sur quatre continue d'exercer tout en percevant sa pension. Une réalité qui illustre l'attachement des professionnels de santé à leur activité, mais aussi, parfois, la nécessité de compléter une pension insuffisante ou de pallier le manque de successeurs dans des territoires sous-dotés.
Pourtant, à l’horizon 2027, les règles du cumul emploi-retraite vont profondément évoluer.
Ce qui change au 1er janvier 2027 : l’essentiel à retenir
Jusqu’à fin 2026, le cumul emploi-retraite intégral permet de percevoir à la fois sa pension de retraite à taux plein et des revenus d’activité (comme une activité libérale), sans plafond ni pénalité. À partir de 2027, ce régime favorable disparait pour la grande majorité des nouveaux retraités âgés de moins de 67 ans.
Pour en savoir plus sur la réforme du cumul emploi-retraite 2027, n'hésitez pas à lire notre article dédié : Cumul emploi-retraite : un dispositif moins attractif à compter du 1er janvier 2027 >
La réforme adoptée dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) de 2026 entrera en vigueur le 1er janvier 2027, elle décale la possibilité d’un cumul intégral qu’à compter de 67 ans.
Trois paliers d’âge seront à considérer
Notre tableau explicatif résume les trois situations à connaître selon votre âge :
| Cumul emploi-retraite PARTIEL (plafonné) | Cumul emploi-retraite LIBRE (intégral) | ||
|---|---|---|---|
| Âge de l'assuré | Âge inférieur à l'âge légal (avant 62/64 ans selon l'année de naissance) | Entre l'âge légal (62 à 64 ans) et 67 ans
| À partir de 67 ans
|
| Conditions | - | Avoir liquidé l'ensemble de ses pensions de retraite obligatoires (base et complémentaires)* | |
| Plafonnement de la pension | Pension écrêtée à hauteur de 100% des revenus d'activité et de remplacement (hors pensions)** | Pension écrêtée à hauteur de 50% des revenus d'activité et de remplacement** supérieurs à un seuil fixé par décret (seuil envisagé : 7 000€/an) | Pas de plafond. Cumul libre entre revenus d'activité et pension. |
| Droit à une seconde pension | Non. Les cotisations versées ne seraient pas créatrices de droits. | Oui. | |
* Y compris les régimes étrangers, le cas échéant.
** Revenus de remplacement : indemnités journalières, allocations chômage, etc.
Les conditions exactes applicables aux professions libérales restent à préciser par décret.
Faut-il liquider avant le 31 décembre 2026 ?
Une question qui mérite d’être posée sérieusement, si vous êtes professionnel de santé libéral, proche de l’âge légal de départ en retraite et que vous envisagez de poursuivre une activité après la retraite.
Êtes-vous concerné par une optimisation avant la réforme ?
Il faut réunir avant le 1er janvier 2027, l’ensemble des conditions du cumul emploi intégral actuel :
- âge légal de départ selon année de naissance,
- et nombre de trimestres requis.
Et avoir liquidé l’ensemble de ses régimes obligatoires.
Ce que vous avez à gagner… ou à perdre après 2027
Actuellement
Le cumul emploi-retraite intégral est possible dès l’âge légal (62/64 ans).
Il permet d’éviter une décote totale ou partielle sur la pension de retraite.
Les cotisations versées durant le cumul-emploi retraite intégral ouvrent le droit à une seconde pension de base. Celle-ci est plafonnée à 5% du PASS (Plafond annuel de la sécurité sociale) soit environ 2 403€ par an avec le PASS 2026.
A partir du 1er janvier 2027 :
Le cumul emploi-retraite intégral est décalé à 67 ans.
Avant cet âge, le cumul est partiel et les revenus d’activité s’imputent sur la pension servie.
Les cotisations versées ne génèrent pas de droit à une seconde pension.
Pour un assuré qui liquide sa pension à partir de 67 ans, les cotisations versées durant un cumul emploi-retraite intégral lui génèrent des droits à nouvelle pension sans plafonnement.
Liquider avant le 31 décembre 2026, c'est s'assurer de bénéficier du régime actuel de cumul intégral dès le 1er janvier 2027 et pour les années suivantes.
En d'autres termes, vos revenus d'activité post-retraite ne viendront pas amputer votre pension.
Cette décision doit toutefois être mise en balance avec d'autres considérations :
- nombre de trimestres encore manquants,
- niveau de surcote attendu,
- impact fiscal de l'augmentation de revenus liée au cumul.
Un levier à ne pas négliger : le PER durant le cumul emploi-retraite
Souvent oublié, le Plan d'épargne retraite (PER) ne se liquide pas automatiquement à l’âge légal de départ en retraite ou à la liquidation des pensions de retraite, c’est souvent l’événement qui offre la possibilité d’accéder à ses droits constitués sur son PER, mais ce n’est en aucun cas, une obligation. Toutefois, la bonne surprise pour le professionnel en cumul emploi-retraite réside dans la poursuite de son PER.
En effet, tant que le professionnel de santé perçoit des revenus d'activité libérale (BNC), il conserve la possibilité d'effectuer des versements volontaires sur son PER et d'en déduire le montant de son revenu imposable, dans la limite de son plafond épargne retraite annuel.
Or, en période de cumul emploi-retraite, la situation fiscale est souvent particulièrement favorable à cet arbitrage :
les revenus combinés — pension de retraite et revenus d'activité — placent fréquemment le professionnel dans une tranche marginale d'imposition élevée. La déductibilité des versements PER y est donc d'autant plus efficace.
Exemple concret : comment le cumul emploi-retraite renforce l’intérêt du PER
Prenons l’exemple de Paul, 65 ans, médecin généraliste à Bordeaux :
- Il dégage un BNC (bénéfice non commercial) annuel estimé à 85 000€ par an.
- Il verse actuellement 5 000€ par an sur son PER.
- Son imposition sur le revenu s’établit donc à 18 795€ sans verser sur son PER et à 17 165€ après versement sur son PER.
- Il réalise chaque année, une économie d'impôt de 1 630€.
Paul décide de poursuivre son activité et passe en cumul emploi-retraite intégral.
- Il bénéficie de sa pension de retraite intégralement de 3 200€ par mois (38 400€ par an).
- Son nouveau revenu imposable est de 119 560€ et son impôt à payer sera de 32 965€.
Paul décide de maintenir son versement de 5 000€ sur son PER.
- Son nouveau revenu imposable sera de 114 560€ et son impôt passe alors à 30 915€.
- L’économie d'impôt réalisée grâce à son PER passe désormais à 2 050€.
Sa tranche marginale d’imposition ayant évoluée de 30 à 41% avec le cumul intégral, Paul bénéficie d’un levier patrimonial efficace pour poursuivre la constitution de droits retraite via son PER en augmentant ainsi l’efficacité fiscale de ses versements.
Paul pourra ainsi augmenter ses versements sur son PER, amplifier le levier fiscal et se constituer un complément de revenus pour le moment où il cessera définitivement son activité.
Optimiser son plafond PER : une opportunité à ne pas manquer
Dans notre exemple Paul ne versait pas la totalité de son plafond autorisé par la loi : un PER Madelin, pour 85 000€ de BNC, offre une enveloppe de 14 041€.
Il pourra désormais optimiser son PER :
- en Maximisant ses versements à hauteur de son plafond,
- En pouvant récupérer sur les trois dernières années, les plafonds non utilisés (plafonds indiqués sur son avis d’Impôt sur le revenu, IR).
En reprenant notre exemple, si Paul versait le maximum de son enveloppe de 14 041€, son nouveau revenu imposable serait alors de 105 519€ et son IR de 27 208€. Il réalise une économie annuelle de 5 757€.
Le cumul emploi-retraite : une étape permettant de préparer sa retraite définitive
Nous venons de le voir, l’étape du cumul emploi-retraite est une étape préparatoire à la retraite définitive.
Une bonne organisation permettra de faire de cette période un moment de vie optimisé pour préparer sa fin de carrière.
C'est aussi une étape importante qui permet de se poser, dans la tranche de 60 à 70 ans, les questions patrimoniales qui visent à structurer son patrimoine pour les prochaines étapes de sa vie :
- Revoir l'organisation de ses actifs (immobiliers, financiers),
- anticiper la transmission,
- protéger son conjoint et ses enfants,
- ou encore identifier des sources de revenus complémentaires.
Autant de questions qui nécessitent bien souvent un bilan patrimonial et un accompagnement sur mesure.
En résumé
La décision de liquider avant fin 2026 est avant tout stratégique : elle dépend de la situation propre de chaque professionnel, de son âge, de sa carrière et de son projet d'activité post-retraite. C’est aussi une période pour revoir l’organisation de son patrimoine pour l’adapter à la prochaine phase de vie. Un bilan personnalisé avec votre Spécialiste Patrimonial MACSF reste la meilleure boussole.
Questions fréquentes :
Pour bénéficier du cumul emploi-retraite en 2026, deux situations principales existent :
Cumul emploi-retraite intégral (sans plafond) :
- Avoir liquidé l'ensemble de vos pensions de retraite auprès de votre caisse de retraite
- Justifier d'une retraite à taux plein (âge légal + trimestres requis ou 67 ans)
- Délai de carence de 6 mois si reprise chez l'ancien employeur
Cumul emploi-retraite plafonné :
- Si les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies
- Limite d'un plafond selon votre régime de retraite :
- Salariés : dernier salaire ou 1,6 fois le SMIC (2 571€ brut par mois)
- Professionnel de santé libéral : 48 060€ par an
- Travailleurs indépendants : 24 030€ par an
Important : Ce dispositif évolue avec la réforme de 2027. Les droits à la retraite acquis pendant le cumul intégral permettent une seconde pension plafonnée à 2 403€ par an. Ces nouvelles règles offrent des avantages avant les changements à venir.
Le cumul emploi-retraite n'impose aucune limite d'heures de travail spécifique. Les restrictions portent sur les revenus, pas sur le temps de travail.
En cumul intégral : Aucune limite d'heures ni de revenus.
En cumul plafonné : Les plafonds de revenus s'appliquent, mais vous pouvez travailler autant d'heures que vous le souhaitez tant que vos revenus respectent les seuils :
- Salariés : plafond basé sur 160% du SMIC (calculé sur 1 820 heures annuelles)
- Professions libérales : 48 060€ par an en 2026
- Indépendants : 24 030€ par an
En pratique : Vous organisez librement votre temps de travail selon vos revenus autorisés et vos obligations professionnelles.
En 2026, plusieurs changements majeurs affectent les retraites :
Suspension de la réforme des retraites :
- L'âge légal reste stable à 62 ans et 9 mois jusqu'en septembre 2026
- Report de l'application des nouvelles règles jusqu'en 2028
Amélioration pour les mères de famille :
- À partir du 1er septembre 2026, deux trimestres liés aux enfants (maternité, éducation, adoption) pourront être comptabilisés pour un départ à la retraite anticipé en carrière longue
Cumul emploi-retraite :
- Les règles actuelles restent en vigueur toute l'année 2026
- Dernière année pour bénéficier du cumul emploi-retraite intégral avant la réforme de 2027
- Opportunité stratégique pour liquider sa retraite avant le 31 décembre 2026
Revalorisation des pensions :
- Les pensions de retraite sont revalorisées selon l'inflation
2026 constitue donc une année de transition cruciale avant l'entrée en vigueur de la réforme du cumul emploi-retraite au 1er janvier 2027.
À partir du 1er janvier 2027, la loi de financement de la sécurité sociale 2026 réorganise le cumul emploi-retraite autour de trois tranches d'âge :
Avant l'âge légal (départ anticipé) :
- Cumul plafonné uniquement
- Chaque euro gagné est déduit de la pension
- Pas de création de nouveaux droits à retraite
Entre l'âge légal et 67 ans :
- Cumul plafonné avec écrêtement à 50% des revenus supérieurs à 7 000 €/an
- Pension réduite en fonction des revenus d'activité
- Possibilité d'acquérir une seconde pension
À partir de 67 ans :
- Cumul intégral libre sans plafond
- Aucune réduction de pension
- Droits à la retraite illimités sur l'activité exercée
Points clés :
- Seuls les assurés liquidant leur première pension après le 1er janvier 2027 sont concernés
- Suppression du délai de carence de 6 mois
- Le dispositif devient moins attractif avant 67 ans mais plus favorable après cet âge
Ces nouvelles règles visent à recentrer le cumul emploi-retraite sur un revenu complémentaire accessoire plutôt que sur un cumul intégral généralisé.

